Naoufel Brahimi el mili
Naoufel Brahimi el mili
« Les relations entre la France et l'Algérie peuvent être bonnes ou mauvaises, en aucun cas elles ne peuvent être banales. » Ces mots de 1974 sont de Bouteflika, alors jeune ministre des Affaires étrangères. Le contexte est particulier : il veut faire de son pays le guide des non-alignés, la tête pensante d'une autre diplomatie, loin des colonies. Oui, mais voilà. Dix ans plus tôt, ou quarante ans plus tard, ces mots ont toujours valeur d'axiome : entre la France et l'Algérie, bien que les deux parties s'entendent parfois sur le papier, d'autres fois dans les mains serrées qu'on affiche devant les palais présidentiels, c'est toujours compliqué. Depuis les accords d'Évian, elles entretiennent une relation passionnée et tumultueuse faite d'amour et de haine sur fond de contrats gaziers, d'immigration et de plaies identitaires mal refermées. Une relation ou tous les coups seront permis, mais en cachette. Ces tromperies, ces histoires secrètes, Naoufel Brahimi El Mili a décidé d'enfin les dévoiler. Depuis Giscard d'Estaing et l'OAS, jusqu'aux espions algériens à Paris, en passant par les petits services d'Alexandre de Marenches et de la DGSE, il révèle cinquante ans manoeuvres confidentielles, de coups bas toujours restés dans l'ombre. Tout ce qui n'aurait jamais dû être dit. Naoufel Brahimi El Mili est docteur en sciences politiques, enseignant à Sciences Po Paris. Il est l'auteur de Le Printemps arabe : une manipulation ? (Max Milo, 2012).
Il est 20 h 30, ce 17 juin 1962 à Alger. Comme chaque soir, de nombreux Français écoutent à la radio l'émission pirate de l'Organisation armée secrète (OAS), qui rassemble les derniers fervents de l'Algérie française perdus dans un combat désespéré d'une rare violence. Leur sang ne fait qu'un tour lorsqu'ils entendent un porte-parole annoncer d'une voix grave, que, « à l'issue d'entretiens auxquels l'OAS a participé, le FLN vient [...] de définir les bases d'un accord entre Algériens ». Trois mois après les accords d'Évian, la guerre d'Algérie est en train de s'arrêter, presque net. Grâce à un accord que l'on s'attachera à bien garder secret, sorte d'annonce des liens futurs entre la France et son ancienne colonie. Et pour preuve : pendant près de cinquante ans, les deux pays vont entretenir une relation passionnée et tumultueuse faite d'amour et de haine, sur fond de contrats gaziers, d'immigration et de plaies identitaires mal refermées. Une relation où tous les coups seront permis. Mais en cachette. Il ne faut pas oublier qu'on est en paix maintenant. Dans cette étude en deux tomes, Naoufel Brahimi El Mili lève enfin le voile sur cette période bien sombre de notre histoire. Il nous apprend comment Valéry Giscard d'Estaing, qui ne voyait pas l'OAS d'un mauvais oeil, laissera le SDECE déstabiliser le jeune État algérien, ou comment la guerre entre services des deux pays pour le sauvetage des moines de Tibhirine a fait cafouiller toute l'opération. Révélations, point de vue inédit sur une actualité encore brûlante, Naoufel Brahimi El Mili clôt, par cet ouvrage, ses magistrales 50 ans d'histoires secrètes. Naoufel Brahimi El Mili est docteur en sciences politiques, enseignant à Sciences Po Paris. On lui doit notamment Le Printemps arabe : une manipulation ? (Max Milo, 2012). Le premier tome de France-Algérie, 50 ans d'histoires secrètes a paru en 2017, chez Fayard.