Monique Chemillier-gendreau
Monique Chemillier-gendreau
Dans un tableau saisissant de la violence du monde contemporain, Monique Chemillier-Gendreau présente une analyse lucide de la crise de la démocratie. Alors que tous les régimes s'en revendiquent, l'idée de démocratie est aujourd'hui vide de sens, laissant se développer la violence du capitalisme comme celle des États. Loin des mots d'ordre d'un militantisme naïf, l'auteure dessine des perspectives audacieuses pour refonder la démocratie. Née en 1935, Monique Chemillier-Gendreau plaide encore aujourd'hui devant la Cour internationale de justice de La Haye.
Monique Chemillier-Gendreau propose ici les bases concrètes pour un monde nouveau, solidaire et plus juste. Il est revigorant de lire cette proposition lumineuse alors que s'accumulent les constats partagés sur les méfaits de la crise et que la gauche n'en finit pas de chercher un projet de société rassembleur. C'est un jalon pour un Conseil Mondial de la Résistance au capitalisme financiarisé, mondialisé, militarisé et au fascisme rampant.
Voici une analyse implacable de 75 ans de faux semblants israéliens par une des plus grandes spécialistes françaises du droit international. L'autrice démontre de manière méthodique, datée, référencée, que les forces politiques dominantes en Israël depuis sa création n'ont jamais sérieusement envisagé la perspective d'un État palestinien. La démonstration de Monique Chemillier- Gendreau est nourrie de sa propre expérience ayant plaidé devant la Cour internationale de justice sur les pratiques d'Israël dans le Territoire palestinien occupé.
Les bouleversements qui affectent la société mondiale depuis la fin de la guerre froide défient souvent l'analyse. L'approche juridique est très rare, et c'est ce qui fait tout le prix de ce livre majeur, où l'auteur propose une vaste fresque de l'histoire contemporaine au regard du droit international, qui est aussi une histoire de cette discipline encore incertaine. Les bouleversements qui affectent la société mondiale depuis la fin de la guerre froide défient souvent l'analyse. Histoire, sciences politiques et géopolitique sont appelées à la rescousse pour éclairer cette sombre scène, sans toujours y parvenir. L'approche juridique est beaucoup plus rare, et c'est ce qui fait tout le prix de ce livre majeur, où l'auteur propose une vaste fresque de l'histoire contemporaine au regard du droit international, qui est aussi une histoire de cette discipline encore incertaine. Elle rappelle en effet que les relations entre les acteurs de la scène mondiale sont aujourd'hui sous-tendues par un droit dont les faiblesses et les impuissances sont souvent dénoncées, mais dont le renforcement est sans doute aucun le défi majeur de la période actuelle. Car c'est du droit que sortiront clarifiées les notions d'humanité et de souveraineté, placées au coeur des conflits modernes. Il importe donc, comme le fait ici Monique Chemillier-Gendreau, de s'interroger sur les racines historiques du droit international, forgé au départ avec l'expansion impériale des puissances occidentales, transformé ensuite par des résistances diverses, celles du camp socialiste et celles du tiers monde décolonisé. Cet éclairage lui permet de repenser les questions essentielles de cette fin de siècle : face à la mondialisation, la souveraineté des États a-t-elle encore un sens ? Quelles doivent être les rapports entre l'économique et le politique, les rôles du marché et de l'État ? Comment faire évoluer cette " société " internationale encore primitive, où les contrats (entre États ou entre firmes) ne connaissent l'armature d'aucune loi ? Quelles valeurs pourraient fonder cette nécessaire mutation ? Un ouvrage de référence, utile aussi bien aux étudiants en droit et en sciences politiques qu'à tous ceux qui souhaitent disposer d'un cadre d'analyse cohérent de l'actualité internationale.
Prendre acte des guerres qui se sont multipliées depuis la fin de la guerre froide et de la défaillance de l'Organisation des Nations unies, qui devait prévenir tout conflit armé, tandis que les instabilités diverses dans le monde globalisé sont lourdes de menaces : notre situation impose de penser une nouvelle organisation de la communauté universelle. Celle-ci doit se démarquer de la pure traduction des rapports de force en présence et s'inscrire dans le projet des Lumières, dans une perspective d'émancipation vers laquelle l'humanité doit tendre. Si l'on vise la liberté des peuples et le respect des droits de l'homme, il faut alors reprendre la question du droit - une approche peu pratiquée, pourtant porteuse de promesses, notamment de celle d'un renouvellement de la démocratie. Poursuivant une réflexion initiée en 1995 avec Humanité et souverainetés, l'auteur procède à une analyse critique de la violence, de la guerre, de l'Etat et de sa souveraineté. Conception héritée de l'histoire de l'Europe de l'Ouest, la souveraineté de l'Etat est aujourd'hui un obstacle à la paix, l'Etat ne protégeant pas contre la violence ceux qu'il est censé protéger, et sa souveraineté demeurant incontestée dans un ordre international régi par un droit interétatique. Le droit a été arrimé solidement à l'Etat, lorsque celui-ci s'est constitué. Il est temps de penser son affranchissement. C'est à cette condition que peut être trouvé un nouveau principe politique, ouvrant la voie à l'expression de communautés politiques à tous les échelons, du local au mondial.