Miguel Couffon
Miguel Couffon
Nés en 1848, les mouvements féministes autrichiens prennent leur essor autour des années 1900. Dans cet essai sont étudiés les facteurs sociaux et politiques ayant permis cette évolution accomplie par des femmes - et des hommes -, au profit de femmes appartenant aux différentes classes de la société viennoise de l'époque. L'accent y est mis sur l'ambiguïté inhérente au terme polysémique de « mouvement », lequel peut se comprendre comme action collective de revendication, mais également comme mouvement du corps. Dans cet esprit, la danse joue un grand rôle.
Génie sans capacités, aristocrate mendiant, juif antisémite, troubadour misogyne..., l'antinomie s'attache en permanence au nom du poète viennois Peter Altenberg. Peut-on quand même trouver le système dans l'apparente incohérence, et définir un être humain par ses contradictions ? Pour répondre à ces questions, nous suivons ici l'itinéraire parcouru par un observateur subtil de la bourgeoisie, menant une existence de marginal entre ses amis les écrivains Karl Kraus et Arthur Schnitzler, l'architecte Adolf Loos et le peintre Gustav Klimt
La poétesse et romancière autrichienne Ingeborg Bachmann (1926-1973) exprime dans toute son oeuvre la quête d'identité d'une femme à la recherche de ses racines et de ses appartenances, obsédée par l'importance du signe, mais consciente du côté conventionnel de tout réseau de références. La confrontation entre une vision animiste et la connaissance objective s'exprime par un dialogue entre les personnages féminins et leurs doubles. De nombreuses pages reprennent des thèmes littéraires ou mythiques traités par F. Kafka, R. Musil ou J. Barbey d'Aurevilly, notamment le meurtre impuni, commis par une personne interposée. I. Bachmann s'interroge enfin sur la langue vivante.
Connaissant la séculaire détresse de la condition domestique et sentant la folie la guetter devant l'inanité de son existence, une femme d'aujourd'hui se crée un second univers dans le dessin et la peinture. Pour s'y adonner, elle se réfugie dans une pièce qui n'appartient qu'à elle, la mansarde. C'est ce genre de double vie de la femme que la romancière autrichienne Marlen Haushofer (1920-1970) expose avec cynisme et sans illusions dans ses romans, construits eux aussi sur deux niveaux. Ecrire, dit-elle, permet de ne pas perdre la raison.