Michel Host
Michel Host
Sept nouvelles et trois contes. Un nouveau décalogue signé Michel Host D'un étrange château des Hautes Fagnes au Pompidolium parisien et d'un séduisant oncle Mike de Bruxelles à une improbable Marylin d'autoroute... Dix récits drolatiques qui promènent le lecteur dans les coulisses surréelles de notre humaine condition. Récits de vies caustiques dans les vallées wallonnes EXTRAIT Miss Atta n'est pas anglaise. Pourtant elle ne vous répondrait pas si vous l'appeliez mademoiselle, car elle n'obéit qu'à son père, le baron Juste, lequel l'appela « sa petite miss » au jour de ses huit ans. C'est d'ailleurs une très, très jolie petite miss. On ne sait quelle mouche piqua le baron en la circonstance ni à quelle fantaisie il se soumit, car, c'est un fait, il devait par la suite desserrer ses liens familiaux. De lui on sait qu'il est parti et n'est jamais revenu. Est-il décédé ? Le reverrons-nous dans nos Hautes Fagnes ? Nul ne pourrait l'affirmer. La seule certitude est qu'il s'est rendu invisible, à nos yeux du moins, et que la toute jeune Marie-Ange, seconde baronne Atta, dès l'enfance se sentit heureuse et flattée d'être ainsi distinguée par ce père qu'elle aimait et admirait. CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE - « Michel Host, génie subtil, fait des contes dans le genre nouvelle et ses nouvelles se lisent comme des contes. Il rallonge le court. Il coupe court toute longueur. Ce n'est pas du mélange des genres : c'est l'explosion des formats convenus qui, ici, éclairent le grand style. Conjugueur et coloriste, Michel Host ne cède jamais aux facilités de l'écriture. Comment diable parvient-il à marier le Lâcher-prise (tout apparent en surface) et l'exigence aiguisée de la plume (trait qui lui est aussi cher qu'à Flaubert) ? Host ? Un classique très actuel. » Didier Bazy, Le Salon littéraire - « Une vraie jeune fille... L'étrange atmosphère de conte mythologique contemporain imprégnant la nouvelle qui ouvre ce recueil, lui donne son nom et le ton des autres histoires, surprend, amuse, envoûte. Ces histoires de jeunes filles sont fantasques, sulfureuses, irrésistibles et drôles. Le livre de Michel Host est tout entier une fête éclairée de sources multiples, lettres, journaux intimes, carnet de notes, déclarations de témoin au tribunal et séances de traduction latine animées. » Sylvie Lansade, Encres Vagabondes A PROPOS DE L'AUTEUR Prix Goncourt pour son roman Valet de nuit paru chez Grasset, Michel Host (Furnes, 1942) est l'auteur d'une oeuvre littéraire importante. Agrégé d'espagnol, il est également le traducteur de nombreuses oeuvres des domaines hispanophone, lusophone et grec ancien. Né en Flandre de parents français et ayant vécu l'essentiel de son jeune âge à Bruxelles et en Wallonie, ce Parisien se revendique « Franco-Belge de nationalité ».
2016 : une année de colère, de peur et d’incompréhension. Carnets d’un fou 2016 de Michel Host dissèque sans concession les grands bouleversements de notre époque, mêlant analyse politique, ironie mordante et révolte face à l’hypocrisie sociale.
L’année 2000 vue par un esprit libre et acéré : Carnets d’un fou 2000 rassemble les chroniques acides et visionnaires de Michel Host. Avec un regard sans concession, il dissèque la société, la politique et les travers de son époque.
Ces Carnets 2001 montrent définitivement que Michel Host est un philosophe au sens le plus noble et le plus étymologique. Toujours en prise sur son temps, il trempe tous les jours sa plume dans le tragique de l'humain et cherche sans cesse, avec amour, avec passion, cette impossible sagesse que la folie taraude avec des dons d'ubiquité diabolique.
Deux mondes se rencontrent dans La Soirée de Michel Host. Le monde bourgeois convenu, représenté par le notaire, le narrateur du récit, et le monde des êtres démunis incarné en la personne d'Adriana, une domestique portugaise. Le narrateur est cloué sur son lit : il lui reste huit jours à vivre. Il les passe entre sa jeune femme, Camille, et Adriana. Camille a délaissé son vieux mari depuis longtemps en faveur d'un jeune Américain, trafiquant de pierres précieuses. Pour amuser les notables du coin, elle donne une soirée... crépusculaire.
Paris. Le fleuve. Lieux et parcours privilégiés, du quai de Bercy à celui du Point-du-Jour, de la banlieue sud au Pont-au-Change... Un appartement, quai des Grands-Augustins... Dans l'enfermement qu'il partage avec sa mère, le narrateur, Philippe Archer, mène une quête qui le jette sur les traces d'une mère lointaine, inconnue, ou pis, méconnue, et sur celles de Charles-Evariste, son père, celui dont son imagination enfantine fit un "héros", une sorte de demi-dieu guerrier, disparu lors des tourmentes de la guerre et de la Résistance. Paula Rotzen, une jeune fille juive, telle Ariane, guidera Philippe jusqu'à ce qu'il trouve ce qu'il cherche et prenne les deux décisions qui orienteront désormais son existence. Si l'hymne à la ville et à son fleuve se trouve au centre du livre, c'est qu'il faut une eau vaste et terrible où lancer les vaisseaux : "J'aime la ville comme une mère longtemps mésestimée. Je l'aime d'un amour cannibale. Pour me nourrir, je déchire sa chair qui se reforme toujours dans son inépuisable générosité. Tu es la région infinie. La contrée seule habitable aux êtres faibles, dépourvus comme je suis. Ils y trouvent diversion et pâture, assez de vie vraie, d'illusion pour se croire eux-mêmes en vie."
Quelque part sur une route du Midi de la France, un jour de l'été 1936, une jeune Américaine de vingt-six ans agonise dans sa voiture, qui vient de s'écraser au fond d'un ravin. Avant de mourir, Emily Tejédor évoque, invoque, les voix, les visages, les événements, qui ont jalonné sa brève existence. Roman de la mémoire éclatée, l'Ombre, le fleuve, l'été reconstitue le subtil écheveau d'une enfance et d'une adolescence partagées entre les Etats-Unis et l'Europe, dans l'entre-deux-guerres. Dans l'instant intemporel qui précède sa mort, Emily "retrouve" sa grand-mère Alfonsina, dont les récits mythiques ont enchanté sa jeunesse, ses parents, Elisabeth et Aurélien, son amie Gertie Häppchen, une petite juive schizophrène, Jane, la prostituée, et Paul, le romancier. Désormais, le cycle de la vie d'Emily peut s'achever, pour se perpétuer dans la mémoire des autres. Ce "roman américain" d'un jeune écrivain français est un premier roman. Son ambition, sa force, son originalité étonnent. S'il évoque Dos Passos, Faulkner et Styron, c'est qu'il s'agit, ici, d'une grande entreprise.
Un jeune homme disparaît. Son père, veuf, cloué chez lui par la maladie, charge un enquêteur de le retrouver. Avant de partir à la rencontre du comte et de la comtesse de Krann - les derniers à avoir approché le jeune homme -, avant de s?enfoncer dans les régions mal connues du centre de la vieille Europe entre la Pologne et les forêts hercyniennes primitives, avant de coucher par écrit un rapport nourri d?étranges spéculations, l?enquêteur consulte le commandant de gendarmerie auquel il succède dans cette affaire : « L?alcool nous avait rendus diserts, nous en vînmes à parier, à supposer que l?affaire se dénouât, si elle tirerait sur la fiction plutôt que sur le roman?les romanciers se soumettant à certaines contraintes logiques pour faire se tenir les personnages, la chronologie des événements et l?enchaînement des causes et des effets ; la fiction, elle, rejetant toute forme de contraintes et de logique, étant déraisonnable, insaisissable, et en cela semblable à la vie. D?une voix lasse, le commandant me fit observer que la disparition du jeune homme avait eu lieu dans cet espace de l?insaisissable, fait qui n?avait rien d?encourageant ni pour lui ni pour moi. »
Michel Host est myope et astigmate. La récente acquisition de verres progressifs lui permet une double vision de ceux qui habitent ce monde, vision qu'il situe tantôt dans une focale voltairienne, après accommodation, tantôt dans une perspective dont il espère que ne l'eût pas désavoué Marcel Aymé, après correction des parallaxes. C'est ainsi que l'on verra, peints avec une tendresse lucide, une jeune femme quitter son vieil amant, un jeune homme tenter de survivre à ses théories de l'amour, un chien nommé Socrate rêver d'un flirt avec une chienne appelée Cléopâtre, un homme mûr comprendre enfin le vrai sens de l'assurance décès, un deuxième conduire sa femme à réaliser son impossible voeu de visiter la Grèce, un troisième - victime de l'amour d'une femme - lancer une mode véritablement nouvelle en matière de coiffure, la tête de l'Anglais John Heathcliff rouler dans la poussière des chemins du Mexique, et bien d'autres choses surprenantes quoique totalement quotidiennes. Chroniqueur de lui-même et du monde comme il va, poète, romancier, Michel Host poursuit la rédaction des Carnets d'un sédentaire. Parallèlement à Heureux mortels, il publie une traduction des Sonnets de Luis de Góngora aux éditions Bernard Dumerchez.
Dans la collection Alter Ego, le romancier s'adonne à l'autobiographie fictive, il s'invente une autre vie à l'époque qui lui convient. Sous les traits d'un juif converti, menacé par l'Inquisition et réfugié dans les terres les plus reculées du Mexique, Michel Host entrecroise la reconstitution historique de la Seville de l'Age d'or et la chronique rêvée d'une communauté indienne préservée des conquistadores.
A Paris, après-guerre, la maison où furent guillotinés les Traum. Dans sa cour, un puits mystérieux. A l'étage, une étrange famille. Ici, un temps, celui d'une brève chronique domestique, se croisent les destins aventureux d'une Mère-Grand, redoutable lectrice des pages roses du petit Larousse illustré ; de son fils, alcoolique et rêvant d'expéditions lointaines ; de sa belle-fille, trop belle, trop délaissée ; du géant Max Buddy Bud, navigateur natif du Maryland, qui parle trente-quatre langues étrangères, dont le vogoul et le palawan ; d'un jeune garçon, dit le P'tit Lâââion ; d'une jeune fille rousse appelée Zachée ; d'un colonel de gendarmerie ; d'un marchand de berlingots ; de quelques crapules insignes et autres mégères à la langue venimeuse. Un roman drolatique, tragique, économique, oulipique, politique et satirique.
Ne se raconte que ce qui a été vécu. Ou rêvé. L'enfance, l'adolescence dans les plaines du plat pays. Des souvenirs qu'on avait crus pour toujours oubliés, des événements qu'on hésite à appeler aventure. Ils le sont, pourtant, car tout ce qui dans les premiers temps est vécu ou imaginé dessine le risque de notre destin. D'où ces monstruosités fascinantes, le meurtre des animaux, celui des hommes dans les guerres stupides, celui des mères qui n'en furent pas... Elles sont de là-bas. Jérôme Bosch les a peintes. D'où cette tendresse, d'où cette recherche de l'harmonie des paysages paisibles, glacés, cette union avec la terre. D'où ce piège inexorable du temps. D'où ce déchirement tranquille. Ces quatorze nouvelles représentent deux fois quinze années de ma vie. Quinze années d'enfouissements. Quinze années d'exhumation, les années d'écriture au cours desquelles tout était si difficile que je crois n'y avoir dit que ce qui me blesse ou m'amuse. M.H.