Michel Bourse
Michel Bourse
Cet ouvrage propose de comprendre ce qui se joue dans la communication politique. Celle-ci doit laisser place à l'expression des conflits et des désaccords, ce qui permet de renégocier le pacte civil. Dans cette perspective, force est de constater que la démocratie est avant tout un espace délibératif « polémique » nourri de toutes les formes de contestation. Elle doit donc se penser comme la mise en scène d'une certaine conflictualité. La communication politique est alors le moyen pour les citoyens de la mettre en scène et par là de conférer à leurs relations une certaine stabilité. Ce qui se construit ici, au travers de la délibération publique et de la dispute, c'est bien une pluralité nouvelle qui peut transformer les acteurs-citoyens et leurs façons d'être ensemble. Moins qu'une menace, la délibération publique même et surtout conflictuelle constitue une opportunité, pour la société, d'accéder à la liberté.
Cet ouvrage sur les mots de la communication oblige à réfléchir sur les concepts, les méthodologies et les problématiques qui sous-tendent toute communication. Ce qui explique que, pour chaque terme introduit, nous avons voulu, quand c'était possible et justifié, en faire la généalogie. Bien plus qu'une simple histoire et présentation des notions, concepts et théories de la communication, ce dictionnaire est aussi une analyse critique des différents concepts, modèles, et théories de la communication proposés dans l'histoire des idées dont nous avons tenté de restituer l'originalité et la richesse. Au-delà d'une histoire mouvementée par la confrontation des courants et théories, nous avons essayé de mettre en évidence le noyau d'idées et de valeurs constitutif de ce champ multidisciplinaire qu'est la communication.
L'usage de la notion d' « identité » pose aujourd'hui problème. Cet essai se propose d'insister sur la véritable question identitaire qui se pose aux sociétés contemporaines, laquelle n'est pas celle d'une « identité nationale » figée mais plutôt celle de la pluralité des identités et toujours à construire. L'identité peut alors se définir comme un processus dans lequel l'individu met en place des stratégies. Au niveau individuel, les identités se construisent par une « mise en scène » de soi et des autres à travers nos comportements et nos discours. C'est pourquoi l'identité se construit à travers l'énonciation : il s'agit d'une façon de parler de soi, et donc d'un discours.
Cet ouvrage se propose de faire la généalogie des deux mots interculturel et multiculturel. Ces deux mots n'existent pas dans les dictionnaires de la langue française avant les années 1990 et il n'existe pas à proprement parler de définition exhaustive. Il est ainsi nécessaire de savoir ce qu'ils peuvent signifier, d'en retrouver les origines et leurs évolutions, d'en examiner les aspects implicites et les connotations, voire d'en décrire les limites et les dangers. Engagés dans de nombreuses batailles idéologiques, ils sont devenus porteurs de sens polémique et de jugements de valeur.
Le monde et les sociétés témoignent des changements qui ont été mis à jour par les Cultural Studies. En particulier, on constate que le monde est traversé par une effervescence politique qui manifeste une réelle "résistance culturelle". Les Cultural Studies ont justement tenté de comprendre les nouvelles catégories politiques qui animent cette effervescence depuis les années soixante, et d'en dégager la logique, à savoir favoriser une organisation sociale respectant l'égalité et l'autonomie des citoyens.
La communication politique recouvre toutes les stratégies visant à présenter des idées politiques dans le débat public. La révolution des technologies de l'information a cependant donné la possibilité pour chacun d'entre nous d'intervenir comme sujet commentant et agissant par ses prises de position et son engagement. Les rapports au politique s'en trouvent transformés. C'est ainsi qu'il faut reconnaître, même si cela ne va pas sans problèmes, qu'aujourd'hui les réseaux sociaux et autres espaces d'autopublication (blogs, forums électroniques, etc.) sont devenus des lieux incontournables d'expression et de mobilisation politique. Il s'agira aussi de s'interroger sur la manière dont cette recon¬figuration du système médiatique (presse, audiovisuel, réseaux) et l'émergence d'outils numériques de formalisation de l'opinion publique participent de l'évolution des formes de la communication politique et donc aussi de la démocratie.