Mathilde Aycard
Mathilde Aycard
À Vienne, l'art s'affole, la musique s'invente, les conventions volent en éclats. Alma Mahler traverse les cercles littéraires et artistiques, bouscule les génies et façonne sa propre légende. Compositrice sacrifiée, épouse de trois génies - Mahler, Gropius, Werfel -, égérie de Klimt et amante de Kokoschka, elle incarne les contradictions d'une époque mouvante. Entre salons viennois et exil américain, création étouffée et influence déterminante, elle navigue dans les cercles les plus prestigieux. Mathilde Aycard et Pierre Vallaud plongent dans l'intimité d'Alma, révélant ses doutes, ses élans, ses audaces. On suit son enfance, ses premiers lieder, ses amours tourmentées, ses choix de femme libre. Les salons littéraires, la Sécession, l'ombre du Bauhaus, Freud, tout s'entrecroise dans une fresque où l'histoire culturelle et la quête de soi se confondent. Par la richesse des correspondances inédites, la précision des faits et une écriture vive, ce portrait dévoile la singularité d'une féministe à sa manière, actrice et témoin de la modernité. Mathilde Aycard et Pierre Vallaud, spécialistes des guerres du premier XXe siècle ainsi que des totalitarismes, ont notamment publié La Seconde Guerre mondiale (2002), 14-18 : La Première Guerre mondiale (2004), Dictionnaire encyclopédique du IIIe Reich (2008), Russie. Révolutions et stalinisme, 1905-1953 (2012), Salò, l'agonie du fascisme (2018) et Stefan Zweig, l'impossible renoncement (2022).
Né dans un empire moribond, au sein d'une famille bourgeoise juive et cultivée, Stefan Zweig est l'auteur de langue allemande le plus publié et le plus lu dans l'entre-deux-guerres. Frappé de plein fouet par la Première Guerre mondiale, il devient peu à peu pacifiste, attitude dont il ne se départira plus sa vie durant. Menacé par l'arrivée des nazis au pouvoir à Berlin, il quitte l'Autriche en 1934, tant la tension y est insupportable, dans l'attente de l'annexion, et connaît l'exil au Royaume-Uni, aux États-Unis puis au Brésil. En dépit des conditions dans lesquelles il vit grâce à sa notoriété et sa fortune, coupé de sa bibliothèque et de sa patrie, Zweig étouffe. D'autant plus que le nouvel ordre mondial exige de lui qu'il renonce à ce qu'il est : écrivain, de langue allemande et juif. On lui dénie le droit d'écrire, le droit d'être allemand quand le fait d'être juif représente un véritable arrêt de mort. Incapable de ce triple renoncement, véritable négation de son être, il choisit le suicide. Mathilde Aycard et Pierre Vallaud sont spécialistes des guerres du premier xxe siècle ainsi que des totalitarismes. Ils ont notamment publié La Seconde Guerre mondiale (Acropole, 2002), 14-18 : La Première Guerre mondiale (Fayard, 2004), Dictionnaire encyclopédique du IIIe Reich (Perrin, 2008), Russie. Révolutions et stalinisme, 1905-1953 (L'Archipel, 2012) ou encore Salò, l'agonie du fascisme (Fayard, 2018).
Travail forcé, mauvais traitements, épidémies, « expériences médicales », famines, tortures, exécutions sommaires, Neuengamme avec ses satellites est sans conteste l'un des camps de concentration les plus meurtriers de toute l'Allemagne nazie. N'y a-t-on pas compté près de 60 000 morts pour un peu plus de 100 000 détenus ? Opposants politiques, syndicalistes, déviants de toutes sortes, communistes, chrétiens, juifs, artistes et intellectuels, résistants de toute l'Europe, Allemands, Français, Tchèques, Belges, Polonais, etc., tous y ont été réduits en esclavage. Mais il était écrit que ces souffrances ne s'arrêteraient pas là et qu'à l'horreur concentrationnaire viendrait s'ajouter une ultime tragédie. Alors même que Hitler venait de se donner la mort au fond de son Bunker, alors que les Britanniques et les Soviétiques se trouvaient à quelques kilomètres à peine de là, les SS se mirent en tête, dans un incompréhensible fanatisme jusqu'au-boutiste, d'évacuer Neuengamme de ses derniers prisonniers et de les regrouper, dans d'effroyables conditions, sur un ancien paquebot de luxe, le prestigieux Cap Arcona, amarré dans la baie de Lübeck ! C'est là que, le 3 mai 1945, une escadrille de la Royal Air Force, mal renseignée probablement, bombarda le navire et le coula, causant la mort de plus de 7 000 détenus dans les eaux glaciales de la Baltique. À partir d'une documentation considérable, les auteurs racontent l'histoire du camp et le calvaire des déportés, ils dressent d'émouvants portraits de victimes, les unes anonymes, les autres célèbres, ils relatent avec minutie les étapes de l'infernale tragédie. La révélation de cet épisode peu connu, voire occulté de la Seconde Guerre mondiale illustre un aspect inédit de l'univers concentrationnaire et de la folie nazie.
Berlin victime d'Hitler, ou comment une capitale de l'Europe en est devenue le fantôme, touchée à mort voilà 70 ans.Berlin victime d'Hitler, ou comment une capitale de l'Europe en est devenue le fantôme, touchée à mort voilà 70 ans. Le 2 mai 1945, Berlin dévastée tombe aux mains des Soviétiques. Avec la ville symbole du " Reich de mille ans " voulu par le Führer, c'est toute l'Allemagne nazie qui succombe. Pourtant, rien ne prédestinait la plus grande métropole allemande à jouer ce sinistre rôle, bien au contraire. Dès le lendemain de la Première Guerre mondiale, Berlin se signale par sa singularité. Creuset de toutes les tensions d'un pays vaincu, elle donne naissance à un bouillonnement politique et culturel qui fait d'elle l'avant-garde d'une Europe en quête de modernité. Aussi ni Hitler ni l'extrême droite allemande ne se reconnaissent-ils dans cette ville libérée, voire dépravée aux yeux de certains, où l'on peut côtoyer Thomas Mann et Marlène Dietrich, Brecht, Kandinsky, Feuchtwanger ou Fritz Lang. C'est à contrecoeur que le tout nouveau chancelier s'attaque à ce Berlin qu'il n'aime pas - et qui le lui rend bien. Dès son arrivée au pouvoir, il entreprend une mise au pas sanglante : incendie du Reichstag, autodafés, arrestations de masse arbitraires, camps de concentration, pogromes et Nuit de cristal. Dès lors, Berlin n'est plus dans Berlin, et c'est une ville vidée de ses personnalités les plus emblématiques et de ses audaces qui va se trouver précipitée dans une guerre totale où elle perdra tout - son originalité, son intégrité et jusqu'à son âme.
Joseph Staline (1878-1953), secrétaire général du PCUS de 1922 à 1952 et dirigeant de l'URSS jusqu'à sa mort, a établi en Russie un régime de terreur totalitaire, marqué par le culte de la personnalité. Les historiens lui attribuent la responsabilité de la mort de plusieurs millions de personnes. Mais son souvenir est également associé à la victoire militaire contre l'Allemagne nazie, qui lui conféra, après-guerre, un immense prestige et permit au successeur de Lénine d'étendre son emprise de Berlin-Est au Pacifique.Staline est le personnage central de ce livre, mais Lénine, Trotski, bien sûr, et leurs épigones sont bien présents, tout comme le peuple russe, l'Internationale et les nations " satellites " embarquées dans l'aventure du " socialisme dans un seul pays ". Ce livre retrace la genèse et l'histoire du stalinisme en Russie, des origines à son crépuscule, et ce depuis la révolution de 1905. Il montre ce que fut la réalité de la construction du " socialisme " en URSS : la lutte féroce qu'ont menée les bolcheviks pour arriver au pouvoir, les violences faites au peuple russe, mais aussi aux plus anciens révolutionnaires victimes des purges qui ont jalonnées cette période de l'histoire russe.
Le temps des Croisades a duré deux cents ans, de 1187 à 1291. Pour la première fois, cette grande épopée est racontée dans un roman...La Croix et le Royaume, tome 1 de ce vaste "Roman des Croisades", a couvert le premier siècle de la présence chrétienne en Terre sainte : le temps de la conquête et de l'épanouissement. Mais le Royaume né de la Croix (la foi des premiers croisés) est fragile. Miné par les conflits entre les grands barons et par les querelles religieuses, pauvre en combattants (il y a sans doute moins de deux mille chevaliers face aux armées innombrables des Turcs et des Égyptiens), il survit difficilement dans les grands ports de la côte, d'Antioche à Gaza. Les papes ont beau prêcher de nouvelles croisades, convaincre à grand-peine les souverains d'Europe (Philippe Auguste, Richard Coeur de Lion, Frédéric II) de partir à la reconquête, l'élan initial est cassé, l'idéal dévoyé. Et Saint-François d'Assise peut bien débarquer en Terre sainte et Saint Louis tenter à deux reprises de soumettre l'Égypte, c'en est fini de la grande aventure. En 1291, en prenant Saint-Jean d'Acre, les Mameluks chassent définitivement les Francs de la Terre sainte. Au coeur de ce roman, Michel Peyramaure nous conte la passionnante saga des Templiers qui demeurèrent, jusqu'à la dernière heure, les plus vaillants défenseurs des positions chrétiennes, les derniers héros de l'esprit de croisade. La relation de tout ce deuxième tome est le fait de chroniqueurs tous membres de l'Ordre du Temple, ils en expriment la puissance, les ambitions et l'esprit. L'auteur poursuit leur histoire après leur retour en France, jusqu'à leur anéantissement, dans les années 1310, sous les coups de Philippe Le Bel.