Marion Dubreuil
Marion Dubreuil
Parce que le procès Pelicot n'a pas été filmé, il fallait le dessiner. Du 2 septembre au 19 décembre 2024, le procès des viols de Mazan qui s'est tenu au tribunal d'Avignon a bouleversé la France et le monde entier. 71 jours d'audience durant lesquels s'est opérée une prise de conscience publique de l'ampleur des violences faites aux femmes, de la banalité de la soumission chimique comme mode opératoire et de l'immense difficulté des hommes à reconnaître leurs crimes. Faute de captation ou de retranscription officielle des débats, il ne devait rester de ce procès historique que des fragments d'audience. Journaliste et dessinatrice judiciaire, Marion Dubreuil en propose aujourd'hui une restitution complète et fidèle, fruit d'un patient travail d'observation, de prise de notes et de croquis. Audience après audience, elle redonne corps aux débats, aux témoignages et aux silences qui ont marqué la cour criminelle départementale du Vaucluse. Son trait restitue ce que les caméras n'auraient pas pu enregistrer : les regards, les émotions, la gravité des échanges et la difficulté de la justice à opérer face à un fléau de masse. À la croisée du reportage, de la chronique judiciaire et du devoir de mémoire, cette bande dessinée constitue les archives d'un procès désormais entré dans l'Histoire. Marion Dubreuil documente les violences sexistes et sexuelles depuis 15 ans et a couvert pour RMC ou Europe 1 de nombreux procès pour viol (Tariq Ramadan, Gérard Depardieu...). Ses dessins sont parus au JT de France 2, au Parisien, à Elle... De sa place unique au pied de la cour, face aux accusés, près du banc des parties civiles, elle a suivi tous les débats du procès Pelicot. Elle retrace avec rigueur tout ce qui s'y joua, de la salle d'audience jusqu'à l'extérieur du palais de justice.
"Après Mazan, on ne peut plus faire de chroniques judiciaires simplement pour raconter des histoires. En étant extérieur, sans s'impliquer, sans s'engager. [...] Plus que jamais j'ai envie de multiplier les supports, d'épuiser les formes, le compte-rendu en temps réel sur les réseaux sociaux, le croquis d'audience, la chronique radio, l'article rétrospectif. Une chronique à trois cent soixante degrés. Comme si l'exercice de la justice résistait au regard de celles et ceux qui l'observent et tentent de le décrypter. Comme si la vérité se dérobait sans cesse." En convoquant, tout au long de son récit du procès Mazan, les nombreuses affaires qu'elle a suivies, Marion Dubreuil lève le voile sur les travers qui distordent le traitement judiciaire des affaires de violences sexuelles et sexistes. Elle livre ici une analyse critique personnelle et féministe de la justice française, dans un récit, à la frontière de l'essai, qui fera date.
"Après Mazan, on ne peut plus faire de chroniques judiciaires simplement pour raconter des histoires. En étant extérieur, sans s'impliquer, sans s'engager. [...] Plus que jamais j'ai envie de multiplier les supports, d'épuiser les formes, le compte-rendu en temps réel sur les réseaux sociaux, le croquis d'audience, la chronique radio, l'article rétrospectif. Une chronique à trois cent soixante degrés. Comme si l'exercice de la justice résistait au regard de celles et ceux qui l'observent et tentent de le décrypter. Comme si la vérité se dérobait sans cesse." En convoquant, tout au long de son récit du procès Mazan, les nombreuses affaires qu'elle a suivies, Marion Dubreuil lève le voile sur les travers qui distordent le traitement judiciaire des affaires de violences sexuelles et sexistes. Elle livre ici une analyse critique personnelle et féministe de la justice française, dans un récit, à la frontière de l'essai, qui fera date.