Marie-Claude Porcher
Marie-Claude Porcher
Linguistique, mythologie, anthropologie, histoire se trouvent ici convoquées pour éclairer différentes composantes du champ littéraire indien : multidisciplinarité qui n'est pas seulement reflet de la pluralité de l'objet étudié, mais exigence méthodologique pour appréhender ce large éventail de littératures en relation avec les contextes socio-religieux de leur production, et, par là même, pour accéder au monde des représentations et aux modèles collectifs qui régissent l'Inde historique et sont présents dans l'Inde contemporaine. Nul doute enfin, que ces textes foisonnants n'aient été le lieu de bien des fantasmes de la pensée occidentale. L'étude de quelques-uns d'entre eux nous renvoie cette fois - jeu de miroirs - à notre propre imaginaire.
Relevant du genre de la campu (mélange de vers et de prose), l'ouvrage se présente comme un dialogue entre deux génies divins (gandharvas) qui, montés sur un char céleste, parcourent l'Inde du Nord au Sud. Tandis que l'un dénigre les cités, les habitants et les dieux, l'autre en souligne les qualités et les mérites. Reprenant le thème du voyage aérien (suivant le modèle du Meghadta de Klidsa), le poème célèbre les principaux lieux saints de l'Inde, plus particulièrement du Tamil Nadu. Ce pélerinage peut se lire comme un hymne rvaiava Vekadhvarin fait l'éloge de ses maîtres spirituels, Rmnuja et Vedntadeika, et de leur doctrine. Le dialogue abonde en figures variées, au premier rang desquelles le lea ou double sens. Nombreuses sont aussi les formes de la comparaison sous leurs multiples dénominations.