Marc Loriol
Marc Loriol
Depuis trente ans, addictologues, psychologues et médecins s'inquiètent d'une nouvelle forme d'addiction, le workaholisme, défini comme le fait, propre à certains types de personnalité, de travailler de façon excessive et compulsive. Si beaucoup travailler est valorisé, les conséquences négatives pour la santé ou la vie familiale en font un trouble à soigner. À partir de quand travaille-t-on trop ? La réponse varie en fonction des conditions de travail et des normes sociales. De plus, la plupart de ceux qui travaillent beaucoup au détriment de leur santé ou de leurs relations sociales ne présentent pas de dépendance psychologique ou physiologique. L'organisation du travail, les contraintes économiques et sociales, mais aussi parfois l'intérêt de l'activité ou la passion, peuvent expliquer un fort engagement, souvent instrumentalisé par les employeurs. Plutôt que de parler d'addiction au sens strict, cet ouvrage s'intéresse aux multiples dépendances et interdépendances socioéconomiques qui peuvent conduire au surtravail.
Dans un monde du travail de plus en plus individualisé, où l'attente d'engagement et d'investissement est toujours plus forte, où les salariés aspirent d'avantage à réaliser des activités qui ont du sens et pour lesquelles ils sont reconnus, la question de la passion au travail devient essentielle. Mais elle est ambivalente : être payé pour réaliser sa passion est à la fois une chance que les salariés apprécient, mais aussi un risque de surinvestissement, d'épuisement professionnel face à une injonction angoissante à en faire toujours plus. Les auteurs ont mené des recherches en sociologie du travail et clinique de l'activité dans trois domaines emblématiques du travail passionné : l'art, le sport, la politique. Pour eux, ramener la passion à un « rêve d'enfance » ou à une question de personnalité ne suffit pas pour en comprendre les ressorts et les enjeux. Ils analysent des trajectoires individuelles, leurs dynamiques identitaires, mais aussi les logiques professionnelles et organisationnelles dans lesquelles elles se déploient et plus largement les mutations des valeurs au travail. Mise en vente le 24 septembre 2015.
A travers l'analyse des rapports de force internes à la profession médicale, les difficultés de régulation des dépenses liées aux soins (qui ont pour effet pervers de conduire les pouvoirs publics à limiter, voire à réduire, les dépenses de prévention et d'action en santé publique), les processus de décision dans la mise en oeuvre des programmes de santé publique, etc., cet ouvrage a pour objectif d'expliquer et de rendre compte des mécanismes sociologiques et politiques à l'origine des failles et des faiblesses de notre système de santé publique. Il éclaire les projets actuels des pouvoirs publics et leur chance de réussite.
Si le stress est d'emblée une notion fourre-tout et galvaudée, s'il demeure une manière commune de qualifier le malaise des travailleurs, notamment ceux qui sont en relation avec le public, force est de constater que c'est aussi une notion investie de plus en plus par tout un ensemble d'acteurs politiques, scientifiques et économiques. Quelles sont les conséquences de ces usages sociaux ? Tel est le point de départ de cet ouvrage : non pas une exploration frontale et, il faut bien le dire, un peu déprimante du stress conduisant à un catalogue de situations de travail plus ou moins malheureuses, mais bien une volonté de décrire les usages sociaux auxquels il donne lieu : une autre façon de parler du stress au travail qui évite les habituelles lectures psychologiques standardisées pour entrer de façon concrète dans les particularités de chacune des activités professionnelles étudiées.