Marc Ferro
Marc Ferro
Aux origines de notre temps... tel pourrait être le titre de ces leçons ; elles contribuent à faire comprendre les survivances de ces crises que le passé n'a pas résolues. Par conséquent, on trouve ici l'analyse des deux guerres mondiales, du communisme en URSS, de la colonisation, et de leur fin, mais on rend compte également de la faillite des idéologies, du retour des religions et, notamment, de l'islam, de la mondialisation des économies, des savoirs, des médias. Parallèlement à l'étude de ces phénomènes, ces leçons enquêtent aussi sur notre connaissance de l'histoire, ses modes de production, ses formes, écrites et cinématographiques en particulier. Une dernière leçon s'intéresse aux limites du territoire de l'histoire : le fait divers est-il l'histoire ? 1917 : pourquoi février ? pourquoi octobre ? la fin du régime soviétique. Les deux guerres mondiales : une comparaison. Prague et la Tchécoslovaquie dans la mémoire française. De la colonisation aux luttes pour l'indépendance. De l'islam révolutionnaire à la révolution islamique. Face à la mondialisation : du nationalisme comme réflexe de survie. Les foyers de la conscience historique. Le cinéma agent, produit et source de l'Histoire. Histoire et faits divers.
Le Rhin n’est pas qu’un fleuve : c’est un acteur majeur de l’histoire européenne. De ses légendes fondatrices à son rôle dans l’industrialisation, en passant par ses conflits et ses échanges culturels.
Décryptez la Russie soviétique à travers le regard acéré de Marc Ferro, historien majeur du XXe siècle.
Les hommes de 1900 croyaient au progrès. Leurs fils annonçaient, en 1910, la fin prochaine des épidémies, la santé pour tous et des retraites garanties. À la fin de ce siècle, ces certitudes ont disparu : le prix de la santé ne cesse d'augmenter, il n'est pas d'année où quelque drame survienne - Tchernobyl, le sida, la vache folle -, on voit même resurgir des maladies qu'on croyait éradiquées. Ce livre montre qu'il existe un rapport entre ces phénomènes, et l'état de crise généralisée qui caractérise notre temps. Dans les pays développés, tout se passe comme si le lieu et l'objet des grands conflits sociaux traditionnels s'étaient déplacés. Hier liés à l'exploitation de l'homme par l'homme, ils s'exprimaient par la grève, ou par la révolution. Aujourd'hui, la maladie a pris la relève de la grève, ou l'accompagne, dans une réaction de refus social. Tantôt elle se manifeste sous forme de résistance passive, tantôt elle témoigne de sa désorganisation. Pour autant, l'obsession de la santé parfaite n'a pas disparu. La maladie est alors un enjeu, que se disputent l'ordre médical, les entreprises, l'État et l'ordre juridique. Source de profit et de pouvoir, la maladie devient un personnage social qui étend son champ. Expliquer les effets pervers du progrès, ce n'est pas en abandonner l'idée, mais mettre au jour des forces nouvelles, que nos démocraties continuent d'ignorer.
L'Europe a-t-elle inventé la colonisation ? Pourquoi a-t-elle dominé une grande part du monde aux XIXe et XXe siècles ? Comment cela a-t-il été possible après les Lumières et la Déclaration des droits de l'homme ? Qu'est-ce que l'impérialisme ? Les peuples colonisés se sont-ils laissés faire ? Quel est le lien entre colonisation et esclavage ? Quelle a été l'ampleur du travail forcé ? Qui a protesté ? Et qu'est-ce qui a déclenché le mouvement de libération des peuples colonisé ? Marc Ferro répond à toutes ces questions, et à bien d'autres. Directeur d'études à l'EHESS, Marc Ferro a travaillé sur l'histoire de l'URSS et de la Russie, les rapports entre cinéma et histoire, l'histoire des colonisations, et la Deuxième Guerre mondiale. Il a enseigné en Algérie de 1948 à 1956. Il a animé l'émission Histoire parallèle sur Arte de 1985 à 2001. Ses ouvrages sont traduits dans une vingtaine de langues.
Longue, douloureuse, meurtrière, la Grande Guerre vit s'entre-tuer des millions d'hommes qui, la veille encore, juraient guerre à la guerre. Ils furent les frères d'armes de ceux qu'ils accusaient d'être des militaristes, des chauvins, des bellicistes ; et également des millions d'autres qui firent la guerre par devoir ou encore sans trop savoir pourquoi. Passé 1918, devenus anciens combattants, ni les uns ni les autres ne mirent en doute la légitimité de leur sacrifice : ils avaient combattu pour la défense de la patrie et la guerre qu'ils avaient faite était une juste guerre. [...] Pourtant, durant les hostilités mêmes, un doute naquit chez quelques-uns : la poursuite de la guerre avait-elle un sens ? L'horrible massacre était-il vraiment nécessaire ? Les milieux dirigeants l'assuraient : mais étaient-ils sincères ? [...] Ce phénomène ne saurait être dissocié des origines de la guerre, du souvenir qu'elle a laissé, et nous voudrions en rendre compte autant que des causes proprement économiques ou politiques.
Voici l'un des rares ouvrages qui ont marqué le renouvellement de l'histoire de la Révolution russe. En effet, à partir de l'étude des milliers de messages et télégrammes que toutes les Russies avaient envoyés au Soviet de Petrograd sitôt l'annonce de la chute du tsarisme, Ferro révèle les aspirations des paysans, soldats, ouvriers, ligues de femmes, allogènes, écrivant la première histoire à partir d'en-bas. Ce faisant, il démontre la double bureaucratisation par en bas et par en haut des organes de pouvoir (soviets, comités de quartier ou d'usine notamment) créés spontanément dans l'élan des journées populaires de février : rapidement colonisés par les représentants des grandes organisations ouvrières et des partis politiques qui existaient sous le tsarisme - au premier rang desquels les bolcheviks -, ils se greffèrent ensuite sur le parti bolchevik, avant Octobre et après. Restait alors à Lénine et aux siens à mettre hors la loi tous les autres partis, à dessaisir les soviets et tous les comités de leurs pouvoirs, et à éliminer les institutions jugées rivales. Tel fut le triomphe du socialisme totalitaire.
Voici l'un des rares ouvrages qui ont marqué le renouvellement de l'histoire de la Révolution russe. En effet, à partir de l'étude des milliers de messages et télégrammes que toutes les Russies avaient envoyés au Soviet de Petrograd sitôt l'annonce de la chute du tsarisme, Ferro révèle les aspirations des paysans, soldats, ouvriers, ligues de femmes, allogènes, écrivant la première histoire à partir d'en-bas. Ce faisant, il démontre la double bureaucratisation par en bas et par en haut des organes de pouvoir (soviets, comités de quartier ou d'usine notamment) créés spontanément dans l'élan des journées populaires de février : rapidement colonisés par les représentants des grandes organisations ouvrières et des partis politiques qui existaient sous le tsarisme - au premier rang desquels les bolcheviks -, ils se greffèrent ensuite sur le parti bolchevik, avant Octobre et après. Restait alors à Lénine et aux siens à mettre hors la loi tous les autres partis, à dessaisir les soviets et tous les comités de leurs pouvoirs, et à éliminer les institutions jugées rivales. Tel fut le triomphe du socialisme totalitaire.
L'Histoire a ses ruses et nous joue des tours : souvent, ce que l'on prévoit ne se produit pas. Qui aurait pu imaginer un basculement du monde vers l'Asie, dominé par la Chine ? Ou la renaissance de l'islam sous une forme politique et guerrière ? En Europe, qui aurait pu prédire un tel regain de l'extrême droite et du populisme ? En France, qui aurait pensé qu'Emmanuel Macron, un inconnu la veille, deviendrait président de la République ? Interrogé par Emmanuel Laurentin, Marc Ferro porte son regard d'historien sur l'actualité. Il montre comment les grandes tendances d'aujourd'hui plongent dans le passé et ne sont jamais à l'abri de retournements. Décidément, l'Histoire nous réserve quelques surprises et il est bien difficile de trouver une logique aux bouleversements de notre temps.
Pourquoi le Mur de Berlin est-il tombé en 1989 ? Quelles en furent les conséquences en Europe de l'Est ? Et en URSS ? La chute du mur de Berlin a-t-elle entraîné la fin du communisme ? A-t-elle bouleversé la situation internationale ? Marc Ferro répond à toutes ces questions et bien d'autres sur l'édifice emblématique de la guerre froide, le mur qui a scindé la ville de Berlin pendant près de 40 ans. Après le succès du XXe siècle expliqué à mon petit-fils, il revient avec clarté et pédagogie sur la fin du communisme en Europe, et les brutales transformations qui continuent de nos jours à agiter l'Est de notre continent. À l'occasion du vingtième anniversaire de la chute du Mur, un ouvrage indispensable pour mesurer l'ampleur de cet événement et de ses conséquences.
Comment expliquer à nos enfants le siècle qui vient de s'achever et l'héritage parfois douloureux qu'il nous a légué ? Comment rendre compte de la complexité des deux guerres mondiales, de la décolonisation, de la diversité des régimes politiques, de l'ambivalence des progrès économiques et sociaux ? En répondant à ces questions, Marc Ferro retrace le parcours d'un XXe siècle jalonné de tragédies et d'utopies, tout en nuances et en contradictions. Il évoque les grands événements qui ont marqué le siècle et revient, sur les définitions de génocide et de totalitarisme avec pédagogie et clairvoyance. Une présentation alerte et vivente du siècle passé et des clefs pour comprendre le présent.
Quitter le devant de la scène, celle où s'affrontent les personnages principaux de l'Histoire, pour rejoindre la société et ses aspirations ; confronter le système des grandes idées (bolchevisme, communisme, etc.) aux comportements des hommes vivants (ouvriers, paysans, soldats), dont les projets rencontrent ou contredisent ceux des partis et des organisations : ces déplacements dans l'analyse caractérisent la magistrale synthèse de Marc Ferro. Ni fruit d'une nécessité historique, ni accident dû à la guerre et la défaite, la Révolution d'Octobre redevient un événement qui s'intègre à une histoire de longue durée, ouvrant un cycle qui, après quatre-vingts ans, n'est toujours pas clos. Comprendre la naissance et la nature de la société soviétique ainsi que son évolution reste un des enjeux majeurs de notre temps.
Une nouvelle collection d'essais, au format compact et au prix très accessible, pour comprendre les grands enjeux de notre Histoire contemporaine. Archidoc, la nouvelle collection de poche Histoire d'Archipoche Bien que de nombreux ouvrages aient e te consacrés a la Seconde Guerre mondiale, certaines questions, qui suscitent, aujourd'hui encore, émotion, controverse et interrogations, méritent une mise au point. Que sait-on, par exemple, du conflit entre les Russes et les Ukrainiens entre 1941 et 1946 ?Pourquoi le Japon n'a-t-il pas attaque l'URSS en 1941 ?Comment fonctionnait la propagande des différents belligérants ?Comment se comportaient les divers groupes nationaux a l'intérieur des camps d'extermination ?Qu'a-t-on su du sort des Juifs ? S'agit-il de tabous ? Ou est-ce l'information qui manque ? Le but de cet ouvrage est de rendre intelligibles les principales questions que soulèvent encore ces évènements. Une chronologie permet en outre de les replacer dans le cours de la guerre.
« Lors de mon premier séjour en URSS, au début des années 1960, je me trouvais seul à Léningrad, et, comme il est d'usage dans ce pays, je m'assis au restaurant à une table où il y avait déjà un convive, un offcier de la marine marchande. Bientôt, nous bavardions. "Qu'êtes-vous venu faire en Russie ? - Je suis historien et je prépare une thèse de doctorat. - Sur quel sujet ? - Sur la révolution en Russie. - Intéressant, intéressant..." Alors, quittant la table, il passa derrière moi, me caressa doucement la nuque et murmura : "Pauvre petit..." Commisération pour un jeune naïf qui croit qu'on le laissera librement travailler ? Qui imagine pouvoir pénétrer le secret du passé du pays ? Cette caresse était un message. » Premier historien à avoir eu accès en URSS aux archives du parti communiste, Marc Ferro a été le témoin direct du stalinisme et de la perestroïka. Comment les Russes ont-ils vécu ces bouleversements ? Comment envisagent-ils l'avenir ? En prenant à son habitude des chemins de traverse - ses propres souvenirs de scènes vécues, la politique, le cinéma et la littérature -, Marc Ferro renouvelle l'analyse de la révolution de 1917 et du régime soviétique et nous fait entrer dans la vie et l'esprit des Russes, un peuple qu'il connaît si bien.
La destinée de l'hymne, adopté par les révolutionnaires du monde entier, épouse étroitement celle de notre siècle. D'aucuns pourraient alors s'interroger sur « le sens de l'Histoire », désespérer même, - ils auraient de bonnes raisons. Ce serait oublier que le combat pour la justice n'a pas besoin d'être victorieux pour donner aux hommes libres leur raison d'être ; il suffit que cette lutte soit menée. Et alors, L'Internationale est toujours là pour bander les énergies et donner du coeur au ventre.
Jamais autant qu'aujourd'hui l'« entrée dans la vie » n'est apparue comme une source d'anxiété et de colère pour des millions de jeunes gens. L'entrée dans la vie ? C'est le premier travail payé, le premier amour, la première participation à l'activité de la cité. De Chaplin à Kennedy - en passant par Saint-Just, Trotski, Marie Curie, Freud ou Gandhi -, des révolutionnaires de 1789 à ceux de 1917 en Russie, des communards aux Black Blocs, tous ont connu ce moment où la vie bascule et prend un tournant décisif. En piochant dans ses souvenirs personnels et grâce à de nombreux exemples d'hommes et de femmes, célèbres ou anonymes, Marc Ferro nous montre comment la famille, la religion, l'économie ou le simple surgissement d'événements inattendus font éclore des destins individuels, mais dessinent aussi, à travers la révolte, l'émancipation ou l'invention, les mouvements collectifs qui font l'Histoire.
"Je constate que les personnalités éminentes consultées sont toutes d'accord - ou à peu près - sur l'origine du mal. Elles le sont moins sur les leçons à en tirer. Je trouve d'ailleurs cela fort bien. Il serait fâcheux que triomphe une opinion moyenne et par là moutonnière. C'est précisément d'un débat ouvert - et il l'est largement - que naîtront les solutions urgentes que l'opinion réclame. Nous n'avons pas changé : nous aimons que l'on nous raconte des histoires. Celles-ci réunies font l'Histoire. On a cru pouvoir, trop longtemps, opposer Histoire traditionnelle et nouvelle Histoire. Aujourd'hui, et c'est tant mieux, la hache de guerre est enterrée. On s'est aperçu que l'une et l'autre sont complémentaires, ceci pour le plus grand bonheur de nos contemporains. Que les pédagogues chargés de refondre les programmes de nos collèges et de nos lycées veuillent bien ne pas l'oublier. À ceux qui ne comprennent pas la passion pour l'Histoire, je dirai ceci : s'il advenait que, par l'effet de quelque cataclysme, nous soyons privés de toute référence au passé, si nous en arrivions à ignorer tout ce qui s'est déroulé avant nous, que serions-nous, sinon des orphelins ?"
Pourquoi sommes-nous tellement aveugles devant la réalité ? La durée de la Grande Guerre, la montée du nazisme, l'extermination des juifs, Mai 68, la chute du communisme, l'attaque du 11 septembre 2001, les crises économiques ou la montée de l'islamisme radical : autant d'épisodes de notre siècle qui ont bouleversé l'ordre du monde et nous ont pris au dépourvu. À l'heure où l'on n'a jamais été autant informé, où les experts se bousculent, où les éléments d'analyse se multiplient, disponibles aujourd'hui quasiment en temps réel, l'implacable catalogue des situations que l'on n'a pas anticipées ne cesse de s'allonger. Moments critiques où pays entiers, dirigeants politiques ou simples citoyens, n'ont pas su, n'ont pas pu ou n'ont pas voulu après coup voir la réalité des faits. Tous ont été en proie à différentes formes d'aveuglement : manque de discernement ou de connaissances, déni, crédulité, poids des illusions ou des doctrines. Aveuglés aussi faute de courage devant les tragédies ou les convulsions en cours. Mais peut-on tout prévoir ? Face aux retournements de l'Histoire, est-il possible d'en imaginer l'issue, d'agir ou de les comprendre ? Avec rigueur et passion, le grand historien Marc Ferro explore ces questions, décrypte les causes des aveuglements de notre monde et repère la lucidité de quelques visionnaires. Entièrement inédite, son enquête éclaire notre réflexion et aide à plus de clairvoyance.
Dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, dans l'Oural, le tsar Nicolas II, sa femme et leurs enfants - Olga (22 ans), Marie (19 ans), Anastasia (17 ans), et Alexis, le tsarévitch (13 ans) -, sont exécutés par les bolcheviks. Cette version officielle, Marc Ferro n'y a jamais cru. Documents à l'appui, avec la rigueur du grand historien, il remet en cause l'assassinat des Romanov. Des juges ou des témoins morts subitement ou exécutés, des documents tronqués, des pièces du dossier d'instruction subtilisées, des tests ADN controversés, le mettent sur la piste d'une hypothèse inavouable et sacrilège : les filles et la tsarine ont été sauvées grâce à un accord secret conclu entre les bolcheviks et les Allemands. Elles se sont tues pour ne pas ébruiter leur sauvetage. Seul le sort du tsarévitch, Alexis, reste inconnu, faute de sources. Dans un récit palpitant, Marc Ferro bat en brèche un véritable tabou de l'histoire et fait la lumière sur un des plus grands mystères du XXe siècle.
Qui est vraiment Pétain ? Lui doit-on la victoire de Verdun ? A-t-il comploté pour prendre le pouvoir en 1940 ? A-t-il mené un double jeu durant la collaboration ? A-t-il sauvé des Juifs ? A-t-il été un moindre mal ? Avait-il tous ses esprits ? Héros de la nation en 1918, condamné à mort pour haute trahison en 1945, Philippe Pétain ne cesse pas d'interpeller la mémoire des Français. À son habitude, Marc Ferro n'hésite pas à aborder les questions d'histoire qui dérangent, le rôle exact de Pétain en est une. Fort de sa biographie qui fait autorité depuis vingt-huit ans et grâce à de nouvelles archives dévoilées depuis, Marc Ferro revisite avec le brio qu'on lui connaît l'homme qui a été à la fois le plus contesté et le plus aimé des Français. Pour la première fois, l'historien réputé n'hésite pas à croiser son souvenir personnel de jeune Français sous l'Occupation à ses analyses plus stimulantes que jamais.
Pour la première fois, un historien présente et analyse l'ensemble des phénomènes de la colonisation depuis leur origine jusqu'à leur fin - voire leur survivance. Marc Ferro traite de toutes les pratiques coloniales des Européens, russes y comprises, mais également de la colonisation arabe, turque, japonaise, pour établir leurs points communs, leurs différences. Le point de vue des ex-colonisés est présenté, et pas seulement la vision européo-centrique de l'histoire ou celle des vainqueurs - avec les silences des uns et des autres... Mettant l'accent sur le nouveau type de sociétés et d'économies nées de cette expansion puis de ce repli, l'auteur montre enfin comment les mouvements d'indépendance ont eu leurs effets télescopés par la mondialisation de l'économie, et plus récemment par un phénomène qu'il appelle l'impérialisme multinational.
L'Histoire se contredirait-elle, reviendrait-elle soudain sur ses pas? Depuis plusieurs décennies, elle opère un retournement surprenant qui bouleverse nos conceptions du monde et notre vision de l'avenir. " Aucun des phénomènes historiques les plus marquants de notre temps n'avait été prévu. La crise financière qui suivit celle des subprimes et qui fut bientôt accompagnée d'une récession économique en guise de croissance ininterrompue ? Telle fut bien la surprise. Tout comme la chute du régime soviétique, le passage des pays de l'Est au libéralisme, prit de court hommes politiques et spécialistes. Il en a été de même, tant à l'occasion de la Révolution iranienne de 1979 qu'à l'explosion du World Trade Center en 2001 et à la connaissance des objectifs de l'islam extrême. Et nous ne reviendrons pas sur ce retournement que fut également la réémergence de maladies, inimaginables il y a quarante ans, et qui a constitué un effet pervers du progrès. Tous ces phénomènes, et d'autres encore, furent également inattendus. On se demande comment peut régner une telle myopie, alors que nos sociétés disposent de bataillons entiers de centres de chercheurs et d'experts, dans toutes les disciplines. " Marc Ferro.Marc Ferro nous montre comment les nombreuses figures du retournement de l'Histoire ont transformé et forgé notre monde contemporain, à l'encontre de toutes nos prévisions ou espérances. Il nous invite ainsi à penser autrement les sociétés de demain.
Tour à tour homme de guerre et politique, théoricien de génie, exaspérant, adulé ou décrié, le général de Gaulle a traversé son siècle sans laisser personne indifférent. De juin 1940 à Mai 68, de Londres à la crise algérienne, de la France libre à la Ve République, Marc Ferro retrace le destin exceptionnel de ce visionnaire à la plume d'acier qui s'est identifié à la nation française et a largement influé sur son destin. Comment de Gaulle s'inscrivit-il dans l'histoire ? Soucieux de la grandeur de l'État, au point de négliger les répercussions qu'elle entraîna sur les individus, que pensa-t-il réellement de la décolonisation ? De la construction européenne ? Ni plaidoyer ni procès, cet ouvrage explique sa politique, ses dilemmes et ses revirements sous un éclairage inédit. Témoin privilégié, Marc Ferro a côtoyé les acteurs majeurs de l'époque et révèle pour la première fois des épisodes méconnus de la vie de De Gaulle et de son action publique. Directeur d'études à l'EHESS, Marc Ferro est l'auteur de nombreux ouvrages sur le XXe siècle, et l'un des pionniers de la réflexion sur les relations entre le cinéma et l'histoire. Il a récemment publié Le Ressentiment dans l'histoire (Odile Jacob, 2007) et Le Mur de Berlin et la Chute du communisme expliqués à ma petite fille (Seuil, 2009).
Les silences de l'Histoire ne sont-ils pas autant l'Histoire que l'Histoire ? Le tabou, c'est tout ce que l'on n'ose pas dire en certaines circonstances. L'Histoire recèle un grand nombre de ces silences-là, qui ne sont ni des oublis ni des interdits. Repérer les tabous nous permet de saisir le non-dit des sociétés à travers la manière dont on nous raconte leur histoire. Tabous d'origine chrétienne, monarchique, républicaine ou soviétique évitent de se poser les questions qui troublent. Pourquoi passer sous silence la sexualité de Jeanne d'Arc ? Quelle a été la véritable mort de Nicolas II ? Comment, dans ses films, Fassbinder repère-t-il les tabous de notre temps ? Rapide, incisif, un brin provocant, Marc Ferro nous invite à débusquer les tabous les plus tenaces, à les décortiquer et à en comprendre l'enjeu. Ni inventaire, même partiel, ni florilège, cette étude de cas est un saisissant essai exploratoire.
Marc Ferro utilise une technique de cinéaste pour éclairer le sens des événements survenus entre 1939 et 1945. Au coeur du scénario, un drame : la Seconde Guerre mondiale. Pour l'incarner, sept acteurs: Staline, Hitler, Churchill, Mussolini, De Gaulle, Hiro Hito, Roosevelt... Alors que les villes s'écroulent, que les frontières se déplacent, et que les armées disparaissent, on suit la guerre à travers les yeux de chacun de ces personnages : telle est l'idée de Marc Ferro. Une grande idée qui rappelle quelques films d'anthologie, et qui se révèle infiniment productive pour l'historien. On sort de son livre avec l'impression de s'être trouvé dans le PC souterrain de Churchill, dans la chambre de Staline ou le bunker de Hitler au moment précis où ont été prises les plus graves décisions de notre siècle. La grande originalité de cet ouvrage est aussi l'importance révélée des relations personnelles et des blessures intimes qui viennent brouiller la logique des enjeux stratégiques et politiques. Mussolini subit l'emprise de Hitler sans jamais cesser de le prendre pour un fou. Hitler déteste Churchill mais l'admire. Pétain honnit de Gaulle en public et l'envie en secret... Les acteurs de l'Histoire se séduisent et se déchirent, se lient et se trahissent en un jeu de haine et de fascination qui va modeler l'avenir des peuples.
Les clés pour comprendre la Révolution et le Premier Empire : les précédents et les enjeux ; les journées qui ont fait la Révolution française ; l'Europe, les révolutions et Napoléon ; et les mythes (le mythe de Napoléon, les révolutions au cinéma...). Marc Ferro nous fait pénétrer comme jamais l'énigme de la Révolution française et du premier Empire, dans ce qui les relie et les oppose. Un parallèle original avec d'autres grandes révolutions dans le monde (de l'Angleterre à la Russie, en passant par l'Amérique et les Pays-Bas) éclaire sous un jour inattendu le récit, par ailleurs extraordinairement concret et dramatique, des journées qui, de la prise de la Bastille à Waterloo, ont scandé ce tournant de notre histoire. Mais on ne doit pas oublier que notre imaginaire a élevé les évènements et les principaux personnages de cette époque au rang de mythes : c'est pourquoi l'auteur s'attache aussi à démêler les légendes roses ou noires auxquelles les uns et les autres ont donné lieu au travers des chroniques, dans les romans ou les films. Un regard neuf, clair et synthétique sur une période dont on croyait que tout avait été dit.
INTELLIGENCE DE L'HISTOIRE DIRIGEE PAR ANTHONY ROWLEY C'est le fait de chaque nation de vouloir écrire « son » histoire. De la Révolution russe à un simple vol d'artichauts dans les rues de Genève, l'exceptionnel et le banal sont repensés et passés au tamis d'une mémoire sélective. Par le ivre, le cinéma et la télévision, l'histoire imprègne notre vision quotidienne du monde. Mais de quelle histoire s'agit-il ? Le « western » n'est-il pas peuplé de silence sur le destin des Indiens et ne propose-t-il pas une image stéréotypée de l'américanisation ? En dévoilant les mécanismes de cette construction, Marc Ferro nous offre à la fois un diagnostic sur l'histoire et une réflexion sur l'historien au travail. Conserver le temps, puis le rendre intelligible aux autres : telle est la double fonction de l'historien. Remplit-il sa mission ? Est-ce, par définition, une mission impossible ? Avec la virtuosité qu'on lui connaît, Marc Ferro répond, dans cet ouvrage essentiel, aux interrogations que font surgir les fabricants d'histoire.
" " Et d'abord, tu nous fais un bon récit, parce que, tu vois, sur Pétain, il faut qu'on puisse ensuite tout comprendre... " " Ces derniers propos de Fernand Braudel, juste avant sa mort, me laissèrent interloqué. Je n'imaginais pas que le pourfendeur de l'histoire événementielle me livrerait d'emblée ce commentaire. " Et n'hésite pas à reculer pour expliquer; plus tu recules dans le passé, mieux tu analyses. " " Pour expliquer Pétain, je commencerai en 1940, lorsque Paul Reynaud fait appel à lui dans l'espoir de conjurer la catastrophe. Puis mon récit suivra apparemment l'itinéraire d'une chronique, jour après jour s'il le faut. Mais chaque fois qu'il se devra, j'éclairerai les faits et les gestes du chef de l'Etat français par des retours en arrière, sur le passé de Pétain, sur le passé des Français, bref par un regard plus long sur l'histoire. Car souvent, seules ces résurgences peuvent rendre compte d'une décision, d'un silence. " A partir de 1940 s'est nouée entre Pétain et la France cette relation incommunicable qui partage encore aujourd'hui les Français. Assurément, Verdun trouve toute sa place dans ce récit, au même titre que les mutineries de 1917 et leur répression, d'autres événements encore, mais ils n'en constituent pas la trame, tant la relation passionnelle des Français avec le Maréchal appartient d'abord à l'expérience de la Seconde Guerre mondiale et de l'Occupation. Jusqu'alors, les Français ne s'étaient pas divisés sur Pétain. Avec la défaite de 1940, la présence du Maréchal à la tête de l'Etat, l'Occupation et la Libération _ telles les laves d'un volcan qu'on s'imaginait assoupi _ tout un passé ressurgit. " Rendre intelligibles ces phénomènes et les changements de sentiment des Français à l'égard de Pétain, tel est un des objectifs de cette enquête. " M.F.