Madeleine Bourdouxhe
Madeleine Bourdouxhe
Plongez dans deux histoires qui se chevauchent et incarnez les pensées de la narratrice, entre réalité et imaginaire. Mantoue est trop loin enchevêtre deux histoires : celle de la narratrice, une femme moderne, dont nous ignorons d'abord le nom, et celle d'Hilda, qui a vécu il y a plusieurs siècles, à une époque toutefois difficile à situer. Les deux histoires se répondent. L'une semble être la réalité, l'autre une fiction que la narratrice invente ou dont elle se souvient. Ces deux mondes coexistent. Se rapprochent jusqu'à fusionner. Certes, cette fusion engendre une certaine confusion. Nous voulons comprendre, mais nous ne pouvons pas comprendre, parce que nous sommes incarnés dans une femme qui est en train de se construire, de se créer. Ce roman de Madeleine Bourdouxhe, peu connu en Belgique, mérite cependant d'être mis en valeur. L'auteure nous invite à nous perdre avec la narratrice et nous partage ainsi une belle renvendication de liberté. EXTRAIT Les voyageurs arrivent à l'auberge où ils passeront la nuit ; la salle est presque déserte ; la table qu'ils ont choisie, et que l'on orne de candélabres, est placée devant un feu ouvert qui les réconforte en cette soirée trop fraîche. Après le repas, Hilda, Jassy et Olivier jouent aux tarots. Bientôt, le jeu consiste à tricher avec le plus d'astuce possible et, quand un des joueurs est pris sur le fait, c'est à la grande joie des deux autres. Ainsi s'achève la soirée dans le havre de cette auberge où tout souci semble banni de la mémoire. Un peu avant le moment de gagner les chambres, le Chevalier est sorti pour vérifier lui-même les soins donné
« Le désir ça naît comme ça, d'un rien. » Quand Gilles se met à en aimer une autre, le monde d'Élisa vacille. Elle, « la femme de Gilles », tout entière dévouée à son mari, se résout à se taire, souffrir et espérer. Un roman intemporel, écrit dans une langue limpide et bouleversante de simplicité. Grande dame des lettres belges, Madeleine Bourdouxhe (1906-1996) est romancière et nouvelliste, proche de Simone de Beauvoir qui la cite en exemple dans Le Deuxième Sexe. Ses romans La Femme de Gilles (1937) et À la recherche de Marie (1943) figurent parmi les textes féministes pionniers du XXe siècle. Préface de Geneviève Simon Madeleine Bourdouxhe (1906-1996) est romancière et nouvelliste. Elle connaît le succès avec son premier roman, La Femme de Gilles (1937), se lie d'amitié avec Éluard, Sartre ou Simone de Beauvoir. Nommée au poste de secrétaire perpétuelle à la Libre Académie de Belgique en 1964, elle s'impose définitivement comme une figure de la littérature belge avec la réédition de La Femme de Gilles en 1985, adapté en 2004 par Frédéric Fonteyne. Elle est aujourd'hui traduite dans un grand nombre de langues.
Sept nouvelles, sept femmes silencieuses : la violence suit les contours du quotidien. Saluée chaleureusement par la critique dès 1937, l'oeuvre de Madeleine Bourdouxhe garde aujourd'hui sa force intacte, plus jeune d'avoir résisté au temps.
Ce roman dit la conquête patiemment obstinée du droit d'être soi par une femme qui n'opère aucune rupture éclatante. Son désir se pose comme son regard sur le corps d'un jeune homme solitaire qui deviendra son double fraternel autant que son amant. Enfin, Marie peut aimer Marie. Wagram 17-42 participe de la redécouverte d'une oeuvre prise dans les remous de la Deuxième Guerre mondiale et qui, dès la publication de Sept nouvelles, a trouvé son nouveau public. Une voix forte s'élève dans cette écriture du silence. Madeleine Bourdouxhe possède cette beauté rare qu'est la pudeur pour exprimer les intermittences du coeur.