Lucas Nine
Lucas Nine
Une comédie humaine de l'auteur argentin dans le Paris de la Belle Époque ! Lucas Nine dessine le Paris de la Belle Époque, le Paris des impressionnistes, et cela lui sied à merveille. René Dulac, chroniqueur mondain du quotidien Le Siècle va de fil en aiguille découvrir qu'une bande criminelle parisienne conduit ses opérations macabres depuis le cabaret du Gai Cochon. Encore en fois, l'auteur argentin régale avec son dessin qui rend hommage à Honoré Daumier, en utilisant le trait de crayon avec du fusain pour donner une sensation de volume et une ambiance pastel. Lucas Nine déroule cette comédie humaine en multipliant les références à la culture française, de La Vache qui rit à Gaston Leroux, en passant par le film muet Le Cochon danseur.
Lucas Nine multiplie les ellipses dans cette histoire de vampire pour mieux surprendre le lecteur dans un final étourdissant. L'Inspecteur Sigilozy, responsable du Bureau des Digressions, une division de la Police sur le déclin, se retrouve au coeur de cette histoire. Ses armes sont le détour et la digression qui, par le passé, se sont avérés utiles là où d'autres moyens avaient échoué. Sigilozy a été chargé de l'affaire des « crimes du Vampire », une mystérieuse série d'assassinats qui laissent les cadavres des victimes complètement asséchés, sans une seule goutte de sang. L'enquête de Sigilozy le mènera sur la piste du thème central du livre : le vampirisme des objets fabriqués industriellement, inévitable dès lors que ces artefacts n'ont pas d'âme. « Jadis, il était logique que le Vampire fût incarné par un animal. Dans la moderne Budapest, il adoptera des formes plus adaptées à ses objectifs. » Les suspects ? Des gramophones, des machines à coudre, des parapluies. Surtout, des parapluies. Et en particulier un vieux parapluie noir. Mais Sigilozy est un détective qui ne s'arrête pas à la surface des choses et découvrira la vérité...
José Luis Borges, en inspecteur de volailles, fonction assignée à l'écrivain en 1946 pour avoir pris position contre Perón ! En 1946, Borges, qui travaille alors à la bibliothèque municipale de Buenos Aires, se voit nommer « Inspecteur de Volailles et de Lapins » par le gouvernement de Perón, en représailles à ses déclarations publiques nettement anti-péronistes. Lucas Nine imagine une histoire dans laquelle le grand écrivain aurait accepté ce poste au titre rocambolesque, presque surréaliste. Le récit de Lucas Nine est traversé par une tension qui a fortement marqué l'histoire argentine du xxe siècle, entre le péronisme (mouvement populaire et nationaliste qui s'appuyait sur la classe ouvrière) et l'« oligarchie » majoritairement concentrée à Bueno aires (les classes aisées, « européisantes »). Borges, érudit, nourri de littérature européenne, a souvent été considéré comme une figure phare de ce deuxième pôle. Cette figure légendaire se trouve ici parodiée dans une aventure policière à travers le personnage d'un détective un peu gauche, qui se prend très au sérieux et fait montre de son érudition pour sombrer quelques lignes plus tard dans les plaisanteries les plus salaces, à base de jeux de rimes plus ou moins ridicules. On rencontre au cours de l'enquête d'autres grandes gures de la littérature argentine des années 1940, avec au centre un Oliverio Girondo, le « méchant » à l'origine d'une machination pour détruire l'humanité tout entière, sa femme Norah Lange, mais aussi, plus brièvement, Adolfo Bioy Casares, Silvina Ocampo, Witold Gombrowicz, Ernesto Sábato, tout autant caricaturés que Borges. L'auteur joue allègrement avec les codes du polar et l'usage récurrent (tantôt métaphorique, tantôt littéral) du vocabulaire aviaire submerge l'ensemble dans une atmosphère sombre et fantastique, jamais très loin du grotesque.
Loin du politiquement correct et de la pensée unique « les bébés sont si mignons », Lucas Nine nous fait découvrir la véritable nature des enfants : intolérants, cruels et totalitaires, les bébés dirigent le monde d'une (petite) main de fer moralisatrice, comme si la Comtesse de Ségur et ses Malheurs de Sophie avait réussi à mettre en place un ministère chargé de contrôler le bon goût et la droiture morale des enfants.L'auteur nous invite surtout à revisiter le monde de notre enfance à travers les aventures rocambolesques de Timothée alias le Bébé d'Acier et le plus médiatisé et le plus intransigeant qui soit. La construction de cette histoire découpée en douze chapitres intègre des strips quotidiens des personnages principaux, des fausses publicités, et des jeux afin de renforcer cette illusion que Thé de Noix serait un livre du passé...
Dingo Romero est un bandit mexicain, coureur de jupons, buveur et castagneur. Il a un chapeau, un poncho, et deux revolvers. Sa bouche est constamment ouverte en une moue qui évoque vaguement un sourire. Il a des petits yeux fous. C'est un chien. Un chien fou qui va vous entraîner à cent à l'heure dans la Pampa.