Louis Madelin
Louis Madelin
Soudain un homme surgit à la tribune, et une émotion plus grande sembla s'emparer de l'Assemblée. Danton ! Depuis plus de cinq semaines, il n'avait ni parlé ni paru à la Convention. Un deuil affreux l'en avait éloigné, le jetant dans une sombre prostration. Puis il était parti pour la Belgique où, quelques jours, il était resté, regardant l'invasion s'avancer. Et il reparaissait, mais si bouleversé, les traits si convulsés, l'âme si manifestement agitée par les chagrins et les soucis que cette figure, toujours effrayante, semblait, à cette heure, révéler, avant qu'il n'eût ouvert la bouche, de lourdes et terribles pensées. Danton ! Quel homme était-ce que celui-là pour qu'à son apparition à la tribune, les députés se sentissent frémir, les uns de joie, les autres de terreur, tous d'une intense émotion. Il faut ici, résumant en quelques pages une vie tumultueuse, dire ce que le nom évoquait.
Robespierre se présentait comme un philosophe ennemi des grands, méconnu des heureux et des riches, à l'aise et à sa place seulement parmi les petites gens, inquiet des forts, rogue avec les hautains, empressé près des humbles, toujours préoccupé de leur bonheur, austère, sentimental, sans gaîté, par-dessus tout probe, sobre, chaste, économe, incorruptible, ce qui lui élevait un piédestal de vertu dans un siècle de libertinage cynique et de vénalité. Il est le zélateur de cette égalité jalouse qui, sous prétexte de niveler le monde, l'avilit devant soi. Mais ce moi haineux et haïssable, dont il fait son dieu, il le dissimule dans une sorte d'effusion de son âme en celle du peuple. Sincère d'ailleurs en ce sophisme de sa mission, il se croit appelé à régénérer le monde. Il porte le secret du salut de l'humanité. Il le révélera quand l'heure sera venue ; il agit avec la certitude qu'il le possède. Il a, dans sa pensée, un fond de mystère qui attire les imaginations ; dans sa parole, un fond de dogme qui subjugue les esprits ; dans sa conduite, une logique qui les enchaîne... Ce livre présente une étude de l'histoire de Robespierre.
" Je veux que, pendant des siècles, on continue à discuter sur ce que j'ai pensé et ce que j'ai voulu ", aurait-dit un jour Talleyrand. Celui que Napoléon traitait de " diable d'homme " y est parvenu.Haï ou admiré, Talleyrand demeure un des personnages les plus énigmatiques de l'histoire de France. En biographe inspiré, Louis Madelin déroule le film de sa vie exceptionnelle qui commence avec le couchant de l'Ancien Régime pour s'achever après l'avènement de Louis-Philippe. Tour à tour évêque apostat, ministre du Directoire de Napoléon et de Louis XVIII, l'homme ne se réduit pas à sa caricature de girouette corrompue. La fermeté de ses principes en faveur des libertés fondamentales et de l'équilibre européen témoigne au contraire d'une hauteur qui lui permettra d'inspirer le congrès de Vienne et lui vaudra l'estime des véritables hommes d'Etat.Louis Madelin (1871-1956) a marqué plusieurs générations d'historiens de la Révolution de l'Empire. La plupart de ses ouvrages sont devenus des classiques, parmi lesquels son Histoire du Consulat et de l'Empire en seize volumes et sa biographie de Fouché.
" La plus grande bataille de l'histoire " (Maréchal Foch)Libérée à l'Est par la révolution d'Octobre, l'armée allemande bénéficie au printemps 1918 d'un avantage numérique qui semble d'autant plus décisif que l'entrée en guerre des Etats-Unis n'a pas encore fait ressentir ses effets. Sous l'autorité d'Hindenburg et de Ludendorff, elle lance fin mars une offensive massive dans les Flandres, puis dans l'Aisne et dans l'Oise afin de briser la résistance franco-anglaise. S'ensuivent trois mois de combats dantesques à l'issue desquels Foch - qui a plié sans rompre - peut lancer une contre-offensive qui s'avérera victorieuse et permettra de remporter la victoire finale, acquise en octobre avant d'être concrétisée par l'armistice du 11 Novembre. Au final, une succession de batailles sur un front de 400 kilomètres mobilisant près de sept millions d'hommes ; des combats acharnés conjuguant la geste héroïque des combattants avec la modernité technologique incarnée par l'emploi massif de l'aviation et des chars. Fort de son sens du récit, qui a fait de lui un des plus grands historiens français, Louis Madelin raconte les combats et dépeint les événements avec force et limpidité. Une leçon d'histoire immédiate, publiée dès 1920, et qui n'avait jamais été rééditée. Membre de l'Académie française, spécialiste du premier Empire dont il a écrit une histoire monumentale en seize volumes (rééditée dans la collection " Bouquins "), Louis Madelin (1871-1956) a été mobilisé dès 1914. Sous-lieutenant d'infanterie puis officier d'information jusqu'à sa démobilisation en 1918, il a également écrit plusieurs ouvrages sur la Grande Guerre.
En choisissant cet ebook, vous contribuez à aider l'édition en grands caractères adaptée à la malvoyance. La main gauche embrassant la hanche puissante par un geste qui lui est familier, la droite se tend menaçante, cherche l'ennemi, le dénonce, l'arrache presque à son banc pour le clouer au pilori. Et, de temps à autre, la tête se baisse et, le cou gonflé par la fureur, il semble alors un taureau qui va foncer droit et tout démolir. Mais le plus souvent on le voit, par un violent effort, se maîtriser ; ce furieux se fait modéré : il offre la paix à qui lui fait une guerre à mort. Sa figure alors s'illumine d'un sourire où les uns voient de la bonhomie, les autres de l'astuce. Ce n'est plus le tribun qui a soulevé Paris ; c'est un brave homme d'avocat champenois prêt aux transactions. En quelques minutes, sur cette face mafflue, dix expressions ont passé, tandis que de sa bouche sortaient presque au même moment des cris effroyables de défi et des appels cordiaux à la concorde. C'est tout Danton.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Georges-Jacques Danton, né le 26 octobre 1759 à Arcis-sur-Aube, guillotiné le le 5 avril 1794 (16 germinal an II) place de la Révolution à Paris. Il est impossible de parler de Danton sans parler de parler de Robespierre tellement leurs destins sont liés. Ils ont sensiblement le même âge, Robespierre est né le 6 mai 1758 à Arras. Tout comme Dantin, Robespierre est mort guillotiné place de la Révolution à Paris, le 28 juillet 1794. Tous deux sont les figures emblématiques les plus marquantes de la Révolution française et plus particulièrement de la Terreur (1793-1794). Tous deux viennent de province, tous deux sont avocats, tous deux font de la politique, tous deux sont maître dans l'art de manipuler les esprits pour arriver à leurs fins... Mais les similitudes s'arrêtent là, car tous les oppose à tel point qu'ils vont devenir ennemis mortels. Danton, physiquement, c'est un colosse. Il a une voix de stentor qui fait de lui un redoutable tribun qui sait mobiliser les esprits lorsque la patrie, la Révolution ou la Liberté sont en danger. Danton c'est le Verbe ! Danton c'est la flamboyance. C'est un jouisseur et un sentimental qui aime la vie sous tous ses aspects. A contrario, Robespierre est un être de l'ombre. Il est froid, réservé et distant. S'il ne brille pas par ses talents d'orateur, il est, par contre, un fin stratège en politique qui sait être patient et attendre « son heure ». Pour conclure sur une similitude, tous deux sont morts jeunes, victimes du système qu'ils avaient oeuvrés à mettre en place.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.