Liliane Hilaire-Pérez
Liliane Hilaire-Pérez
Réunissant des historiens du Moyen Âge jusqu'au monde contemporain et des civilisationnistes spécialistes de diverses aires culturelles, cet ouvrage s'inscrit dans le contexte de décloisonnement disciplinaire des sciences humaines et d'essor des études transnationales, connectées et globales. À travers ces six chapitres, les auteurs présentent des recherches sur les sociétés dans leur diversité, à l'échelle du monde et sur la longue durée et ils promeuvent l'étude des transversalités culturelles.
Au XVIIIe siècle, un marchand juif ashkénaze traverse la Manche avec un carnet de notes qui raconte bien plus qu’un voyage.
Histoire globale des techniques De l'extraction minière à l'aéronautique, de l'Amérique Latine au Japon, du taylorisme au recyclage : une histoire globale des techniques, du XVIII esiècle à nos jours. L'évolution des techniques constitue le tissu des réalités politiques, économiques, culturelles et quotidiennes des sociétés partout dans le monde : cet ouvrage en offre une synthèse d'histoire globale. Dans la lignée de travaux parus depuis une quinzaine d'années, il propose une étude comparée et connectée des techniques à l'échelle du monde, faisant une large place aux moyens de production et de communication, à l'exploitation des ressources naturelles, aux grands systèmes techniques, aux infrastructures et aux réseaux. Il ouvre également la réflexion aux questionnements transversaux, qu'il s'agisse de la gouvernance des risques, des réparations et de la maintenance, des techniques du quotidien. Il réalise enfin un tour du monde, restituant les diverses significations données aux activités techniques dans les différentes sociétés, et remet ainsi en question aussi bien les approches téléologiques associant technologies et progrès, que les perspectives trop eurocentrées. Une exploration stimulante des implications socio-économiques des techniques ainsi que des systèmes de représentation et des structures de pouvoir qui ont conduit à l'émergence du monde d'aujourd'hui.
L'Angleterre a longtemps nourri bien des mythes : pays d'élection de la Révolution industrielle, terre de la libre entreprise, elle était le creuset de la modernité, la clef d'un discours historique tendu vers la marche du progrès, du machinisme, de la liberté économique et le modèle cité en référence. Pour mettre ce discours à l'épreuve des faits, Liliane Hilaire-Pérez analyse les monopoles d'invention, les récompenses et les encouragements accordés aux inventeurs en France et en Angleterre au XVIIIe siècle. Elle s'intéresse à la figure de l'inventeur au siècle des Lumières et propose une relecture de la rencontre des sciences et des techniques, dans le monde des savoirs traditionnels comme dans celui de l'économie. Comment, dans l'univers de la stabilité, de la défense des normes acquises, l'invention technique est-elle fondamentalement possible ? Comment les artisans concilient-ils leur appartenance à un corps de métier et leur soif de distinction ? Pourquoi se construit, en France, un discours revendicatif fondé sur le droit naturel, alors qu'il ne se manifeste pas en Angleterre ? L'histoire des techniques ne peut se limiter à une succession glorieuse d'inventions et de pionniers ; ce sont aussi les essais répétés, les perfectionnements, les erreurs et les oublis qui donnent leur sens aux inventions. En analysant les stratégies des entrepreneurs et les politiques de l'invention, Liliane Hilaire-Pérez décrit les cheminements à partir desquels s'élabore l'invention alors que s'affirme la sacralisation des inventeurs.
L'histoire des techniques entre 1500 et 1800 est présentée dans une première partie par grandes zones géographiques (Europe, Afrique, Moyen-Orient, Asie, Amériques, Océanie, etc.), puis dans une seconde partie de façon thématique, afin d'insister sur les principales orientations de la recherche actuelle. Sont ainsi détaillés les liens entre les techniques et le pouvoir politique, l'agriculture, la religion, le genre, le corps, l'environnement, etc. L'objectif est de fournir un état de l'art tout en précisant les directions empruntées par la recherche en histoire moderne des techniques dans une perspective ouverte à l'échelle du monde, résolument comparatiste et soucieuse de regards croisés.
Qu'on l'admire ou qu'on la critique, il semblait entendu que la Révolution industrielle anglaise avait été avant tout une histoire de capital financier, de machines à vapeur et de travailleurs déqualifiés et sous-payés. C'est oublier ceux qui l'ont rendue possible, par leurs talents manuels, leur imagination et leur dynamisme : les techniciens. Pour décrire concrètement ce que fut l'industrialisation, Liliane Hilaire-Pérez nous propose de l'observer là où elle se manifesta en premier lieu comme innovation. En plein essor en Europe au cours du XVIIIe siècle, le marché des bibelots, jouets, instruments scientifiques, outils de précision, est le plus concurrentiel de tous, et le plus innovant. C'est dans les ateliers des mécaniciens venus de tout le continent que se créent alors les matériaux, les machines et les procédés de l'industrie à venir et que se forment ceux qui sauront construire, régler et diriger les machines installées dans les usines. En mettant en scène les talents manuels des techniciens et entrepreneurs, en décrivant le travail qu'ils accomplissent sur les matières, les gestes, les langages et les images, ce livre renouvelle notre connaissance de l'événement fondateur de notre histoire économique. Il contribue par là-même au débat en cours sur l'avenir industriel de l'Europe.