Laurent Mucchielli
Laurent Mucchielli
Ce livre restitue une contre-enquête indépendante sur la gestion politico-sanitaire de la crise du Covid, menée de mars 2020 à décembre 2021. Il mobilise les compétences de plusieurs dizaines d'universitaires, de médecins et de juristes se tenant à égale distance des thèses conspirationnistes et de la propagande politico-industrielle dominante. Ce travail collectif permet d'éclairer les enjeux financiers et idéologiques sous-jacents à la « guerre du médicament », depuis l'affaire de l'hydroxychloroquine jusqu'à la question des nouvelles thérapies géniques. Il propose également des réflexions épidémiologiques permettant de mieux comprendre l'impact réel de l'épidémie de Covid sur la santé des populations. Il invite en outre à réfléchir aux enjeux juridiques et démocratiques de cette gestion politico-sanitaire, sur le constat d'une dérive autoritariste de nombreux gouvernements. Il pose enfin un diagnostic inquiet sur la santé du débat public en général, et du fonctionnement des médias et des réseaux sociaux en particulier, invitant en retour à un réveil de l'esprit critique dans la recherche du bien commun. contributions de : Raoul AIKPA Dominique ANDOLFATTO Hélène BANOUN Alain BONNAFOUS Jacques BOUAUD Jean-Paul BOURDINEAUD Ayhan BOZEL Elise CARPENTIER Pierre CHAILLOT Emmanuelle DARLES Francis FAUVELLE Marie-Line GAUBERT-DAHAN Jean-Claude GHALEB Maxime IZOULET Dominique LABBÉ Maxime LANGEVIN Gérard MAUDRUX Éric MÉNAT Alessandro NEGRONI Vincent PAVAN Jacques POLLINI Ella ROCHE Juliette ROUCHIER Jean ROUDIER Philippe SÉGUR Clément SCHOULER Laurent TOUBIANA Paul TOUBOUL Amine UMLIL Christian VELOT
Le monde vit depuis février 2020 une crise sans précédent. L'explication officielle en est l'émergence d'un virus extrêmement dangereux provoquant une pandémie devant laquelle les gouvernements n'auraient pas eu d'autre choix que de confiner la totalité des populations en attendant qu'un vaccin nous délivre tous. Au terme d'une enquête qui a rassemblé les compétences d'une cinquantaine de chercheurs et de médecins, l'auteur de ce livre conteste cette version de l'histoire. Il montre que le virus n'est pas en soi si redoutable, que des traitements précoces existent et sauvent des vies, que les confinements font beaucoup plus de mal que de bien aux sociétés, et que les nouveaux "vaccins" fabriqués en urgence sont des produits peu efficaces et parfois dangereux, destinés prioritairement à faire la fortune de leurs fabricants. Cette enquête, indépendante, dérangera. Elle montre que les industries pharmaceutiques organisent depuis des années une corruption méthodique, que des fondations privées comme celle de Bill Gates exercent une influence majeure sur les politiques mondiales de santé, que les géants du numérique (Google, Facebook...) perfectionnent le contrôle de nos pensées, que les responsables politiques sont totalement dépassés, que les journalistes ont perdu tant leur indépendance que leur capacité d'informer, tout cela menant à des politiques qui piétinent nombre de libertés et droits fondamentaux et créent de nouvelles discriminations, mettant ainsi à mal la démocratie.
La délinquance juvénile est l'objet de nombreux fantasmes entretenus par le traitement médiatique des faits divers, par les rhétoriques électoralistes des politiciens et par des « experts » rarement compétents et désintéressés. Tous répètent année après année les mêmes poncifs éculés sur la dangerosité sociale croissante de la jeunesse, surtout celle qui habite les quartiers les plus pauvres des agglomérations. À distance des peurs, des discours moralisateurs et des postures sécuritaires, ce livre s'inscrit dans une tradition de recherche en sciences sociales désormais séculaire en Europe et en Amérique du nord. Les dix textes qu'il rassemble ont mobilisé la plupart des méthodes des sciences sociales, avec une prédominance de comparaisons historiques, d'analyses statistiques et de dépouillement de grandes séries de dossiers judiciaires. Les comportements délinquants sont ici analysés dans le cadre de la sociologie de la jeunesse, de la sociologie de la déviance et, à bien des égards, de la sociologie générale.
En descendant la Via Appia, cette route mythique qu'empruntaient les légionnaires romains, les éléphants d'Hannibal, les esclaves de Spartacus et les chars de Césars, Jacques de Saint Victor nous invite à un voyage peu commun. Outre le fait qu'il déteste la marche et ne se départit jamais d'un décapant sens de l'humour, l'auteur est l'un des plus fins connaisseurs de l'Italie. Au volant de sa vieille Fiat, il nous introduit dans l'Italie profonde. Loin des tours opérateurs, des exploits sportifs et de l'égotisme gratuit, c'est une plongée au coeur des mythes, au croisement des grandes cités antiques et de l'ultra-violence des mafias d'aujourd'hui. Suivre l'Appia, la plus ancienne route de l'Occident unissant le christianisme et le paganisme, l'Antiquité et le Moyen Âge, l'Occident et l'Orient, c'est retourner au berceau de la civilisation et de la vie publique. La Philosophie, la Démocratie, la Tragédie et la Comédie, Dieu et le Droit n'ont-ils pas trouvé leur source au creux de cette via publica ? Emprunter l'Appia, c'est aussi se frotter à la rudesse des « Sibéries du sud » et du populino, le petit peuple qui échappe aux statistiques et se reconnaît à son esprit « baroque », ses rites insolites et ses superstitions. D'ailleurs, la Regina Viarum, la Reine des Voies, n'a rien perdu de son antique vocation de lieu de perdition. L'auteur nous révèle certaines anecdotes inédites et troublantes sur ce Far-west fasciste, sur l'épisode des Marocchinate, sur les « nouveaux Guépards », la Camorra et la Casa Nostra, ces organisations secrètes et criminelles qui terrorisent et pillent le pays. Jacques de Saint Victor est un érudit passionnant qui a fait de cette traversée géographique un voyage heuristique, une remontée dans le temps et un petit traité du libéralisme intellectuel, ce qui n'est pas sans susciter de vifs débats avec sa femme. Naturellement, Michela, l'Italienne des Pouilles à l'irrésistible franc-parlé, est une députée féministe de gauche et professeur de philosophie morale tandis que son historien de mari ne jure que par Montesquieu et Tocqueville. Toujours dans un avion entre Rome et Paris, elle donne des conférences sur le couple pendant que lui développe « un cas préoccupant de régression touristique » en s'enfonçant dans les méandres de l'Appia. Mais n'est-ce pas aussi pour retrouver un peu de ce temps perdu de l'enfance, de cet état d'équilibre originel ?
La délinquance s'est-elle transformée au cours des quinze dernières années ? Les évolutions les plus profondes ne tiennent en fait pas à la nature de la délinquance ni au profil des délinquants, mais aux modes de peuplement des territoires, aux modes de vie, aux relations entre les habitants et avec les gendarmes, au droit pénal et aux politiques de sécurité. Dès lors, la recherche se penche sur : l'adaptation de l'institution aux territoires, ses relations avec la population, son besoin de partenariats non limités au champ de la sécurité et l'évolution du métier de gendarme.
Angel Molinos, docteur en psychologie et écrivain raté, basé à Vitoria comme le héros de Moi, assassin, travaille pour l'Observatoire des Troubles Mentaux (OTRAMENT), centre de recherche affilié aux Laboratoires Pfizin de Houston, qui suit l'évolution des maladies mentales et teste de nouvelles molécules sur des cobayes humains. Sa mission est d'identifier de nouveaux profils "pathologisables" afin d'aider Pfizin à élargir sa pharmacopée. Les nuits d'Angel sont hantées de cauchemars. De retour dans son village natal, que des rumeurs d'homosexualité l'ont forcé à quitter à l'âge 16 ans, il retrouve son père atteint d'Alzheimer et renoue avec l'homme, devenu moine, qui l'a initié à l'homoérotisme. Il comprend que son métier est lié à ce trauma : il crée des catégories d''anormalité mentale' pour se venger de l'étiquette homosexuelle qui a bouleversé sa vie. Rentré à Vitoria, il décide de rallier la cause d'un collègue qui prétend dénoncer les pratiques d'OTRAMENT. Mais le lanceur d'alerte a disparu, et Angel trouve devant sa porte la main coupée de ce dernier. Ses employeurs auraient-ils décidé de se débarrasser de lui ? L'inventeur de fausses folies serait-il en train de devenir fou ? Cette histoire de Big Pharma découpant nos vies et nos psychés pour optimiser ses profits pourrait se dérouler partout, mais ses tonalités politiques ajoutent un volet au portrait sans fard de l'Espagne contemporaine qu'Altarriba trace de livre en livre. Et la mystérieuse ville basque de Vitoria, au centre de sa "Trilogie du Moi", devient pour lui ce que Dublin fut pour Joyce ou Providence pour Lovecraft, le lieu mythique d'où sourdent toutes les peurs, toutes les hantises qui habitent ses héros.
Angel Molinos, docteur en psychologie et écrivain raté, basé à Vitoria comme le héros de Moi, assassin, travaille pour l'Observatoire des Troubles Mentaux (OTRAMENT), centre de recherche affilié aux Laboratoires Pfizin de Houston, qui suit l'évolution des maladies mentales et teste de nouvelles molécules sur des cobayes humains. Sa mission est d'identifier de nouveaux profils "pathologisables" afin d'aider Pfizin à élargir sa pharmacopée. Les nuits d'Angel sont hantées de cauchemars. De retour dans son village natal, que des rumeurs d'homosexualité l'ont forcé à quitter à l'âge 16 ans, il retrouve son père atteint d'Alzheimer et renoue avec l'homme, devenu moine, qui l'a initié à l'homoérotisme. Il comprend que son métier est lié à ce trauma : il crée des catégories d''anormalité mentale' pour se venger de l'étiquette homosexuelle qui a bouleversé sa vie. Rentré à Vitoria, il décide de rallier la cause d'un collègue qui prétend dénoncer les pratiques d'OTRAMENT. Mais le lanceur d'alerte a disparu, et Angel trouve devant sa porte la main coupée de ce dernier. Ses employeurs auraient-ils décidé de se débarrasser de lui ? L'inventeur de fausses folies serait-il en train de devenir fou ? Cette histoire de Big Pharma découpant nos vies et nos psychés pour optimiser ses profits pourrait se dérouler partout, mais ses tonalités politiques ajoutent un volet au portrait sans fard de l'Espagne contemporaine qu'Altarriba trace de livre en livre. Et la mystérieuse ville basque de Vitoria, au centre de sa "Trilogie du Moi", devient pour lui ce que Dublin fut pour Joyce ou Providence pour Lovecraft, le lieu mythique d'où sourdent toutes les peurs, toutes les hantises qui habitent ses héros.
La vidéosurveillance a connu un succès fulgurant en France à partir des élections présidentielles de 2007, sous l'impulsion de Nicolas Sarkozy et François Fillon. Cette technologie a été présentée comme une contribution majeure à la fois à la prévention et à la répression de la délinquance et du terrorisme. Mais cette promesse sécuritaire, activement entretenue par les industriels de la sécurité, relève-t-elle du mythe ou de la réalité ? À quoi sert vraiment la vidéosurveillance ? Après avoir enquêté dans trois villes françaises emblématiques, Laurent Mucchielli dresse un constat sans appel : la vidéosurveillance n'est pas et ne sera jamais un outil important de lutte contre la délinquance et encore moins contre le terrorisme. Dissiper les écrans de fumée, percer à jour le « bluff technologique » des industries de sécurité, le gaspillage de l'argent public et la démagogie politique : tels sont les résultats de cet essai sans concession et profondément citoyen.
Ce livre, réctualisé dans cette réédiition, explore les trois aspects fondamentaux de la délinquance. D'abord, la production des normes, qui ne cesse de redéfinir les contours d'une notion propre à une société donnée, à un moment donné de son histoire. Ensuite, les mécanismes de transgression, qui sont à la fois complexes et variés. Loin de se limiter aux phénomènes les plus visibles, tels que les délinquances juvéniles ou les violences physiques et sexuelles, la sociologie nous entraîne aussi dans les méandres de la délinquance des élites économiques et politiques, ainsi que dans les multiples formes de violence politiques et de crime organisé. Enfin, les réactions sociales qui vont de l'indifférence aux poursuites policières et judiciaires, au terme de profondes inégalités sociales.
Un livre qui s'efforce de déboulonner des mythes tenaces de l'histoire des sciences sociales.
L'identité française est-elle menacée ? Une immigration africaine massive est-elle à nos portes ? L'islam est-il contraire aux lois de la République et est-il en train de s'insinuer sournoisement un peu partout avec ses voiles, sa nourriture hallal et ses terroristes ? Les descendants des immigrés sont-ils responsables des violences qui accablent depuis des décennies les banlieues ? C'est ce qu'affirment les nationalistes racistes depuis toujours, et ce n'est pas surprenant de leur part. Ce qui l'est davantage, c'est l'audience croissante dont jouissent ces idées dans le débat public. Démontrant l'inanité de ces discours, ce livre parcourt l'histoire de France depuis la Révolution de 1789. Il montre que nous sommes un pays d'immigration qui ne s'assume pas, que l'ampleur et les vraies raisons de ces migrations sont largement méconnues, que la peur de la violence ou de la subversion que porterait en elle cette immigration relève du fantasme, que notre roman national doit être sérieusement révisé, et qu'il est urgent de nous déprendre des deux types de nationalismes empêchant de penser la France telle qu'elle est pour affronter ensemble les défi s économiques, sociaux et environnementaux de demain. Laurent Mucchielli est directeur de recherche au CNRS (Laboratoire Méditerranéen de Sociologie) et enseignant à l'Université d'Aix-Marseille.
Une vingtaine de sociologues, d'ethnologues et d'historiens font le point des connaissances sur ces fameuses bandes de jeunes, depuis l'époque des " blousons noirs " jusqu'à nos jours, et en observant aussi la façon (autrement plus problématique) dont cette question se pose dans d'autres pays. Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2007.
La démocratie est un être fragile et imparfait, produit d'une histoire qui n'est pas linéaire. Proclamés dans la lutte et dans le sang par les révolutions des xviiie et xixe siècles, repris par l'ONU dans une Déclaration se voulant universelle en 1948, les droits humains fondamentaux constituent depuis toujours un obstacle aux appétits insatiables de pouvoir et d'argent des puissants de ce monde. À l'opposé des «experts» convoqués par ces puissants pour soutenir leurs projets, l'auteur défend une conception de l'intellectuel libre et désintéressé, mû seulement par les valeurs de liberté, de justice sociale et de solidarité. Dans ce livre qui est un peu un testament intellectuel, il analyse différentes formes de propagande, de corruption et de violence d'État qui gangrènent la démocratie dans les sociétés occidentales de ce début de XXIe siècle. Les textes rassemblés, écrits au cours des 25 dernières années, veulent à la fois éclairer sur la signification de conflits traversant la société française et défendre la démocratie. Qu'il s'agisse des révoltes dans les banlieues, du mouvement des Gilets Jaunes ou encore de la prise en otage des populations à l'occasion de l'épidémie de Covid, l'auteur s'efforce de redonner la parole aux dominés et de mettre au jour les techniques de manipulation et de répression mises en oeuvre par les puissants pour neutraliser et discréditer toute contestation. Il montre aussi comment, à chaque crise, la panique conduit à s'en remettre très imprudemment à des pouvoirs exécutifs qui décrétent des mesures dites «exceptionnelles» tendant à se banaliser par la suite, ce qu'il appelle le Talon d'Achille de la démocratie. Laurent Mucchielli, sociologue, est directeur de recherche au CNRS.
La question de la lutte contre la violence et l'insécurité occupe depuis quelques années une place importante dans le débat politique français. Par ailleurs, les faits divers de délinquance des jeunes occupent une place croissante dans l'actualité médiatique et sont présentés comme les manifestations d'une sorte de " nouvelle barbarie ". Amalgamant les délinquances les plus bénignes et les plus graves, de prétendus " experts " réactivent la vieille peur du complot de l'" ennemi intérieur ". Laurent Mucchielli s'efforce d'abord d'expliciter les enjeux de ce débat, de décortiquer les discours et d'en montrer tous les artifices. S'appuyant sur les recherches menées depuis une trentaine d'années, il explique comment on doit lire les statistiques de l'insécurité et de la violence (atteintes aux biens, agressions, violences à l'école). Il retrace l'histoire de la délinquance juvénile depuis les années cinquante, resituant ainsi ce problème de société dans une perspective économique, sociale et politique. Loin de la crispation actuelle sur de simples recettes policières, mais sans nier l'existence des problèmes, il propose alors quelques réformes de fond pour réduire la délinquance juvénile.
En dépit de son ancienneté - elle fut adoptée voilà plus de deux siècles - la déclaration des droits de l'homme et du citoyen joue un rôle essentiel au sein de l'ordre juridique français. Le préambule de la Constitution du 4 octobre 1958 - préambule dont la positivité a été reconnue par le Conseil constitutionnel - s'y réfère expressément. À ce titre, la Déclaration fait partie intégrante du bloc de constitutionnalité. La Déclaration de 1789 n'est pas seulement un texte qui se borne à énoncer quelques principes de caractère général et imprécis ; elle constitue un ensemble normatif utilisé fréquemment par l'Assemblée de la rue de Montpensier et par les plus hautes juridictions françaises. De la sorte, se trouve assurée la pérennité de l'héritage issu de la période révolutionnaire. Complément du commentaire de la Constitution préparé sous la direction de François Luchaire et Gérard Conac (éditions Économica), le présent ouvrage propose une analyse de la Déclaration qui présente un intérêt à la fois doctrinal et pratique.
Une analyse détaillée, argumentée et offensive de toutes les facettes de l'activisme policier et de ses nouveaux boucs émissaires. Une frénésie qui ne répond en rien aux besoins réels de la population d'une nouvelle société sécuritaire effrayante. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008) Les années 1997-2002 furent celles du " tournant sécuritaire ", marqué par la surenchère électorale sur le thème de l'insécurité. Mais, depuis 2002, la France est engagée dans une véritable " frénésie sécuritaire ", qui n'a fait que s'aggraver depuis l'élection présidentielle de 2007. Chasse aux étrangers sans papiers, internement prolongé d'adultes et d'enfants en zones de rétention, multiplication des infractions et des sanctions, remise en cause de la justice des mineurs, atteinte à certaines libertés au nom de la lutte antiterroriste, pression croissante du pouvoir politique sur les magistrats, explosion de la population carcérale, mais aussi abandon de la police de proximité, recours croissant au fichage, à la vidéosurveillance et à la biométrie, montée en puissance des technologies et des doctrines d'origine militaire. Les auteurs de ce livre, spécialistes reconnus dans leurs domaines, décryptent les facettes de cette frénésie, ses origines idéologiques et sa mise en scène médiatique. À partir de leurs recherches, études et enquêtes, ils montrent qu'elle ne répond pas à la demande de sécurité des populations et alertent sur l'avènement possible d'une nouvelle " société sécuritaire ". (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2008)
Ce livre se veut donc autant une contribution à la sociologie de la délinquance juvénile qu'un essai politique sur les formes contemporaines de la xénophobie. (Cette édition numérique reprend, à l'identique, l'édition originale de 2005.) Entre 2001 et 2003, un thème a brutalement surgi dans les médias : les viols collectifs, rebaptisés " tournantes ". À l'instar d'autres manifestations de l'" insécurité " qui dominait alors tous les débats, ces comportements ont été présentés comme un phénomène nouveau, en pleine expansion et imputables aux seuls " jeunes issus de l'immigration " habitant les " quartiers sensibles ". La dénonciation de ces " nouveaux barbares " a fait l'objet d'un consensus médiatico-politique d'autant plus fort que le lien a rapidement été fait avec les thèmes de l'oppression des femmes et parfois avec l'islam. Au terme d'une contre-enquête mobilisant toutes les données disponibles et s'appuyant en outre sur une études de dossiers judiciaires, Laurent Mucchielli fait la lumière sur ces comportements juvéniles. Il en conteste la nouveauté autant que l'aggravation, et réfute, preuves à l'appui, la liaison fondamentale faite entre viols collectifs, origine maghrébine et religion musulmane. L'auteur montre que la mise en scène médiatique des " tournantes " participe en réalité d'une peur et d'un rejet croissant des jeunes hommes français issus de l'immigration maghrébine ainsi que d'une banalisation contestable des problèmes économiques et sociaux en termes " culturels " voire " ethniques ". Ce livre est donc autant une contribution à la sociologie de la délinquance juvénile qu'une analyse des nouveaux habits de la xénophobie.