Laurent Martin
Laurent Martin
Cet ouvrage analyse les transformations culturelles que Berlin, Londres, Madrid et Paris ont connues depuis 1945 tandis que guerre froide, construction européenne, mondialisation définissent le cadre. La question de la relation entre culture et politique est ici posée ainsi que celle d'une progression vers une plus grande homogénéité des politiques culturelles entre capitales. Les différences conjoncturelles, politiques (dictature et démocratie), culturelles, n'empêchent pas en effet l'existence de caractéristiques communes, le statut de capitale transcendant les disparités entre systèmes centralisés, décentralisés, fédéraux ou semi-fédéraux. De fait, la capitale exerce une force de rayonnement et d'attractivité qui lui confère une domination symbolique nationale et internationale et les dépenses culturelles étatiques y sont partout hors normes, ce qui s'accompagne de déséquilibres territoriaux. Dans le jeu de la mondialisation et de la métropolisation, ces villes-phares soumises à la concurrence tentent d'atteindre ou conserver le rang de villes-monde. En utilisant leur patrimoine à des fins événementielles et touristiques, elles reproduisent souvent des procédés identiques au détriment de ce qui a forgé leur différence.
Qu'est-ce que la diversité ethnoculturelle ? Le choix de cette expression signifie, d'une part, la volonté de porter l'attention sur la question des identités et sur les discriminations etc. qui peuvent leur être attachés et d'autre part, le souhait de ne pas disperser cette attention sur un trop grand nombre de variables sociales mais de la focaliser sur l'une d'elles, qui a trait à l'appartenance, ressentie, attribuée d'un individu à un groupe humain qui se distingue des autres par un certain nombre de caractéristiques physiques et/ou culturelles. Réfléchir à la « diversité ethno-culturelle » dans les arts et le patrimoine, c'est interroger la place qui est faite aux individus identifiés comme appartenant à des minorités racisées ou ethnicisées, dans ces domaines essentiels de la vie publique que sont les fabriques de l'imaginaire contemporain.
La République démocratique, en France, garantit la liberté d'expression. Est-ce à dire que la censure n'y a plus cours ? N'existerait-elle pas sous de nouvelles formes ? Et si oui, quelle influence a-t-elle sur la société ? Les censeurs ont toujours été attentifs aux moyens de diffusion des idées. Du XVIe au XVIIIe siècle, le contrôle de la parole affecta particulièrement l'édition. Il s'est porté ensuite, au XIXe, sur la presse et le théâtre. Puis ce fut au tour des médias audiovisuels d'être dans le viseur. Aujourd'hui, les autorités se préoccupent surtout des publications sur Internet... Laurent Martin décrit l'histoire et le fonctionnement des appareils de contrôle culturel en France, leurs logiques et leurs acteurs, analysant les effets et contre-effets de ce contrôle sur la vie culturelle.
Polémique autour du Louvre Abu Dhabi, débats sur la restitution du patrimoine africain, questions liées à la reconstruction post-conflit... l'enjeu culturel est central dans l'évolution des relations internationales qu'il permet d'éclairer sous un angle original. Cet ouvrage propose d'analyser l'ensemble des enjeux de la culture dans le monde dans leur dimension à la fois politique, économique et artistique. Comment la culture, via les politiques culturelles et économiques menées par les Etats, est-elle devenue un instrument stratégique pour développer leur influence dans le concert des nations (soft power, smart power, nation branding, marketing culturel) ? Quels sont les enjeux économiques de la culture et les outils à disposition des organisations culturelles et des majors des industries culturelles pour renforcer leurs parts de marché ? Enfin quelles stratégies les artistes - et notamment les artistes contemporains - et les acteurs du patrimoine mettent-ils en oeuvre pour s'adapter au monde globalisé ?
L'association pour le développement de l'histoire culturelle (ADHC) est née, en 1999, du constat de la place croissante, en même temps que problématique, de l'histoire culturelle dans l'historiographie contemporaine. Revendiquée par les uns, dénoncée par les autres, cette place méritait l'institution d'un lieu de rencontres où tous ceux qui se reconnaissent dans cette qualification pourraient échanger sur le fond et sur la forme de leur travail. L'association a tenu son premier congrès en 2000. Au terme d'une décennie et plus d'activité, il était temps de tirer le bilan et, comme il se doit, de tracer de nouvelles perspectives. Cette anthologie des conférences et tables rondes organisées dans le cadre du congrès annuel de l'association propose un panorama unique en son genre des propositions avancées par l'histoire culturelle en France et, dans une moindre mesure, à l'étranger depuis dix ans. Regroupés en sections thématiques (définitions et frontières, objets, regards et transferts, débats), ces textes rédigés par d'éminents spécialistes venus de divers horizons (historiens, sociologues, philosophes, historiens de l'art ou de la littérature) donnent à voir à la fois la permanence de certains questionnements et leur renouvellement.
"L'histoire globale et ses divers avatars - histoire connectée, comparée, internationale, transnationale, etc. - séduisent le monde académique et le grand public aujourd'hui sensibilisé au thème de la mondialisation.En invitant à la prise en compte des interactions entre individus et groupes humains relevant d'unités géoculturelles distinctes, elle permet un décentrement du regard et le détourne de l'ethnocentrisme scientifique et politique.Ce paradigme devenu quasi dominant de nos jours est l'héritier d'une longue tradition intellectuelle, qui trouve ses prémices dans l'antiquité gréco-latine : la tradition des histoires universelles et des philosophies de l'histoire que présentent dans cet ouvrage des philosophes, des historiens, des anthropologues, des géographes, ainsi que des spécialistes d'aires culturelles non occidentales, chinoises et arabes notamment.Par histoire universelle, on entend le projet de considérer l'humanité, à la fois unie et diverse, dans son ensemble et dans son devenir historique commun ; par philosophie de l'histoire, l'ambition de donner un sens à ce devenir, c'est-à-dire autant une orientation qu'une signification. Illustrées, pour la première, par les travaux de penseurs tels que Ibn Khaldûn, Spengler, Toynbee, pour la seconde, par ceux de Hegel, de Marx ou de Comte, ces deux traditions ont fait de l'histoire pensée par la philosophie la clef de compréhension ultime des sociétés humaines."
Cette synthèse comparatiste de l'histoire culturelle du XXe siècle aborde trois points : les échanges culturels, la politique et la diplomatie culturelles, les nouveaux enjeux des relations culturelles.