Laura Herman
Laura Herman
Dans le cadre du « Nouveau Sanctuaire », une série d'expositions proposée par Laura Herman sur la manière dont l'architecture se rapporte au corps et aux sens, la publication Une fausse pesanteur accompagne celle de Daisuke Kosugi, troisième et dernier épisode du cycle. L'architecture de la maison apparaît comme une toile de fond têtue, un présupposé immuable. Le corps dépend d'elle pour structurer ses activités quotidiennes, parfois au point d'étouffer dans la domesticité. Que se passe-t-il quand nos corps se disjoignent de leur environnement bâti ? Les propriétés architecturales représentent certaines idées et persistent à travers le temps, à la différence de nos corps, de nos habitudes et de nos routines. Le film A False Weight, présenté dans l'exposition, brosse un portrait expérimental de Tadashi, personnage fondé sur le père de l'artiste. Tadashi est un ancien architecte et bodybuilder japonais à qui l'on a diagnostiqué une maladie cérébrale rare et incurable qui affecte progressivement ses mouvements et ses habitudes. En nous entraînant dans un voyage architectural et domestique scandé par les trois phases de la maladie, le film révèle le conflit intérieur d'un homme déchiré entre son désir de force, d'efficacité et d'indépendance, d'une part, et, d'autre part, l'acceptation du déclin rapide de son corps grâce à la danse buto. À travers des séquences répétitives, le film introduit dans l'architecture du foyer un temps à dimension « humaine », répétitif plutôt que linéaire, émancipateur plutôt qu'oppressif. Comprenant une conversation entre Daisuke Kosugi et Laura Herman ainsi qu'un essai de Zuzana Kovar, théoricienne de l'architecture, cet ouvrage s'intéresse aux possibilités d'émancipation du corps handicapé vis-à-vis d'une architecture inadaptée et des idéaux d'efficacité, tout en traitant de la tromperie inhérente aux représentations contemporaines du corps idéal.
Intitulée « Le Nouveau Sanctuaire » la douzième édition de la programmation Satellite, confiée à Laura Herman, présente les propositions de Julie Béna, Ben Thorp Brown et Daisuke Kosugi qui étudient, du point de vue de leurs pratiques individuelles, la capacité qu'a l'environnement aménagé d'accueillir le corps et les sens, d'en prendre soin et de les investir. Comment l'espace détermine-t-il la façon dont nous nous sentons ? Basée sur l'idée d'un environnement menaçant et hostile, l'une des définitions fondamentales de l'architecture est de fournir un abri et un certain confort au corps humain. L'idée répandue de l'habitation comme « peau de substitution » nous vient de l'architecte allemand du XIXe siècle Gottfried Semper qui décrivait l'enclos de l'animal, fait de peaux et de feuillages, comme l'origine de l'espace architectural « privé ». Aujourd'hui, cette conception de l'architecture comme spatialité enveloppante - le désir moderne d'offrir un lieu de refuge - n'est plus opérante. Si nous devons reconsidérer l'architecture comme le point de rencontre entre différentes références culturelles, différentes pratiques, différents rituels, désirs et besoins, comment imaginer un sanctuaire adapté au monde actuel ? The 12th Satellite Programme, titled The New Sanctuary and curated by Laura Herman, proposes newly commissioned works by Julie Béna, Ben Thorp Brown and Daisuke Kosugi who, through their individual practices, consider the capacity of the designed environment to host, care and engage with the body and the senses. How does space determine the way we feel? Predicated on a sense of a threatening and hostile environment, one of the basic definitions of architecture is the provision of shelter and comfort for the human body. The common idea of the dwelling as a "surrogate skin" is derived from the nineteenth-century German architect Gottfried Semper, who described the animal pen, made out of woven skins and leaves, as the origin of the architectural "private" space. Today, this understanding of architecture as an enveloping spatiality seems no longer to apply. If architecture is to be reconsidered as the meeting point between different cultural references, practices, rituals, desires and needs, how can we imagine a space of sanctuary for today's world? Laura Herman
Dans le cadre du « Nouveau Sanctuaire », la programmation Satellite 12 proposée par Laura Herman, la publication Anna & the Jester dans La Fenêtre d'Opportunité accompagne l'exposition de Julie Béna qui se présente sous la forme d'un conte architectural. Dans son film d'animation Anna & the Jester in Window of Opportunity (2019), Julie Béna relate la curieuse rencontre entre une série de personnages, à la fois existants et imaginés. Critiquant le concept de transparence utilisé en architecture ou dans la société, cette exposition est conçue comme une superposition de couches réelles et virtuelles, créant un espace d'opacité et d'indétermination. Cette publication développe les principes et réflexions qui sous-tendent ces dispositifs au travers d'une conversation entre Julie Béna et Laura Herman ainsi que d'un essai d'Irene Sunwoo, historienne de l'architecture et commissaire d'exposition.