Katerine Martin
Katerine Martin
La mémoire de grand-mère s'efface tranquillement, comme une ardoise sur laquelle on aurait passé un coup de brosse. L'idée de sa petite-fille pour ravir ses souvenirs ? Partir en escapade avec elle pour revivre des moments précieux de sa belle et longue vie. Retourner dans son village et sentir l'odeur de l'herbe, de la ferme et de la fromagerie. Revoir la maison familiale et y faire renaître les images d'une famille heureuse, s'imaginer les éclats de rire des enfants et les promenades en quatre-roues. Mais surtout, se recueille sur la tombe de grand-père, son grand amour...
Que faire lorsqu'on se sent comme un morceau de casse-tête rangé dans la mauvaise boîte, qu'on a l'impression de ne plus cadrer nulle part ? Les signes de la dépression étaient de plus en plus présents, une ombre la suivait. Et un matin, sans raison apparente, les larmes ont surgi sans s'arrêter. Il y a eu les mains d'une mère pour caresser les cheveux qu'elle n'avait plus le courage de laver, un frère qui a su trouver les mots pour accompagner son mal de vivre, une psychologue pour l'aider à éloigner les nuages. Et malgré toute la détresse, subsistait l'espoir que la joie reviendrait. Mais avant, il fallait guérir, se réparer. Un peu comme le kintsugi, cette tradition ancestrale japonaise qui répare les objets cassés avec de l'or. Il faut du temps, de la patience pour recoller les morceaux de soi brisés. Un album tout en délicatesse pour mesurer ce que représente au quotidien une dépression... puis la guérison.