Judith Brouste
Judith Brouste
"Henri Bergson, futur Prix Nobel de Littérature, aborda le XXe siècle en refusant le monde mécaniste de la physique classique et du déterminisme triomphant. Sa réaction contre le scientisme, où l'existence de l'esprit et de la liberté était remise en cause, l'amena à réfléchir sur le concept de temps. "Les Données Immédiates de la Conscience" démontre, par une introspection intuitive, la reprise en possession de notre vie intérieure, et que la continuité du passé dans le présent et du présent dans le futur constitue "une création continue d'imprévisible nouveauté" agissant comme révélateur de la réalité et de la liberté de l'esprit. Outre la découverte par l'oralité des sept extraits de textes de Bergson qui permet une authentique proximité avec la pensée de ce grand philosophe, cet enregistrement présente (par la prestation de Jean Vilar le 18 mai 1971), le dernier témoignage historique de cet homme de théâtre, qui a marqué définitivement le XXe siècle." Patrick FREMEAUX - L'Editeur
"Boulevard de Port-Royal, la nuit était tombée. Sans parler, nous retrouvions les marches d'autrefois, lorsque le silence pesait, qu'il fallait sortir, partir au hasard dans les rues, avancer pas à pas jusqu'à l'heure où les fenêtres s'éteignent, une à une, comme des lampions de fête. Je regrettais ces heures où nous errions sans horizon. - Je prends ma retraite à Moscou. J'imagine comme il a eu du mal à me le révéler, ce soir de 2021. La pandémie continuait de s'étendre sur la planète, les Russes manifestaient de nouvelles prétentions en Crimée, en Géorgie depuis plus de sept ans : rien ne pouvait inciter à un tel exode."
"Boulevard de Port-Royal, la nuit était tombée. Sans parler, nous retrouvions les marches d'autrefois, lorsque le silence pesait, qu'il fallait sortir, partir au hasard dans les rues, avancer pas à pas jusqu'à l'heure où les fenêtres s'éteignent, une à une, comme des lampions de fête. Je regrettais ces heures où nous errions sans horizon. - Je prends ma retraite à Moscou. J'imagine comme il a eu du mal à me le révéler, ce soir de 2021. La pandémie continuait de s'étendre sur la planète, les Russes manifestaient de nouvelles prétentions en Crimée, en Géorgie depuis plus de sept ans : rien ne pouvait inciter à un tel exode."
Au début de l'âge moderne, de nombreux auteurs ont souligné les vices de l'imagination, jugée inconstante et conçue comme source d'erreurs et de dérèglements. Mais, en dépit de ces défauts, d'autres y ont reconnu un véritable outil de l'entendement, une puissance créative, voire un facteur de cohésion sociale. Le présent livre a pour objet cette ambivalence, et notamment la façon dont l'imagination travaille les relations humaines. L'enquête, collective, s'est effectuée au miroir des textes de plusieurs philosophes des xvie et xviie siècles, de Castiglione à Malebranche, et vise à mieux penser la façon dont l'imagination empreint la constitution des coutumes et la genèse des liens divers qui tissent les rapports sociaux et politiques. Ce volume se propose ainsi d'analyser comment la force de l'imagination s'articule à l'habitude, comment elle agit par le moyen de la persuasion, comment enfin elle renforce l'autorité que la coutume attribue à certains individus établis au sommet du corps politique.
"Nous sommes à Saint-Médard-en-Jalles, un petit village près de Bordeaux, à la lisière du Médoc. La route de Germignan où est mort La Boétie longe la maison. Son Discours de la servitude volontaire tient lieu de bible. Nous sommes à douze mille kilomètres du Haut-Tonkin, nous y vivons. La véranda à colonnes, les étagères en laque, le coffre en bois de camphre, la pluie océanique qui ruisselle sur le gravier des allées du jardin sont le décor où se jouent la mort de Gaby, l'arrivée fulgurante de De Lattre, l'extraordinaire combat de Giap." L'enfance, c'est la guerre. Elle se passe loin, elle prend toute la place. Dans nos murs, l'Indochine. Des noms qui résonnent : Saigon, Hô Chi Minh, Pathet Lao... L'épopée d'un temps héroïque. Un affrontement, raconté dans la nuit de l'enfance. Des années plus tard, le retour obsédant d'une question, celle de la vérité.
"Nous sommes à Saint-Médard-en-Jalles, un petit village près de Bordeaux, à la lisière du Médoc. La route de Germignan où est mort La Boétie longe la maison. Son Discours de la servitude volontaire tient lieu de bible. Nous sommes à douze mille kilomètres du Haut-Tonkin, nous y vivons. La véranda à colonnes, les étagères en laque, le coffre en bois de camphre, la pluie océanique qui ruisselle sur le gravier des allées du jardin sont le décor où se jouent la mort de Gaby, l'arrivée fulgurante de De Lattre, l'extraordinaire combat de Giap." L'enfance, c'est la guerre. Elle se passe loin, elle prend toute la place. Dans nos murs, l'Indochine. Des noms qui résonnent : Saigon, Hô Chi Minh, Pathet Lao... L'épopée d'un temps héroïque. Un affrontement, raconté dans la nuit de l'enfance. Des années plus tard, le retour obsédant d'une question, celle de la vérité.
L'histoire d'une passion. L'héroïne fuit l'homme qui a peur de cette passion. Elle se marie, puis se prostitue. Mais sa fuite est sans succès; sa passion la désoriente et l'aimante. « Copyright Electre »
La lourde calèche peine sur les chemins défoncés, sous la pluie et les orages de ce début d'automne 1814. Il faut rentrer au plus vite. Trouver de l'argent, une habitation, avant de repartir. Non pour visiter d'autres pays, comme c'est à la mode dans l'aristocratie anglaise, mais pour quitter un monde qu'ils n'aiment pas. Retrouver une errance qui est leur vérité. Ils ne seront jamais des promeneurs, mais des fugitifs. En traversant les terres des Frankenstein et leur malédiction, penchés sur leurs cahiers, Mary et Shelley commencent d'élaborer leur histoire. Sans relâche désormais, ils vont écrire, traquer leur destin.
Plongez dans l'univers tourmenté de Mary et Percy Shelley, deux âmes rebelles en quête d'absolu. Le cercle des tempêtes de Judith Brouste retrace leur errance passionnée à travers l'Europe de 1814.
Découvrez en un seul ebook les premiers chapitres des 21 romans phares de la rentrée littéraire 2014 chez Gallimard.
« J'ai découvert l'inconnu d'un monde, étrange dépaysement, à mon arrivée sur la rivière de Saigon après cinquante-cinq jours de traversée ; je n'avais d'yeux que pour les centaines de paillottes sur pilotis, tout au long des berges, l'avancée lente, cérémonieuse, des buffles de la rizière, retenus à la corde par des paysans à chapeaux coniques, pantalons retroussés. J'ai entendu les premières rafales de la guerre à la Pointe des Flâneurs. Des miliciens viets isolés, cachés dans les hautes herbes, tiraient sur le bateau et nous étions sur le pont, comme au spectacle, déjà perdus par cette inconscience qui allait être ma sauvegarde. » Pour la première fois, Jacques Chancel revient sur son itinéraire dans les désordres de l'Indochine.
« J'ai huit ans, l'été 1956, lorsqu'elle a voulu revenir au Sacher. Vienne n'est plus occupée par les Allemands ni par les armées victorieuses. Plus de chars au pied de la Grande Roue ni de marché noir. Plus de soldats russes ni de police internationale. Les décombres ont été déblayés depuis longtemps devant le café Mozart. Maria cherche les lieux dont elle a conservé les noms, le Dianabad, Marienbrücke, le quartier de Josefstadt derrière l'université, où elle donnait ses rendez-vous. Elle m'entraîne par la main à Margaretenstrasse, comme par inadvertance, lunettes noires, chevelure platine, gourmette en or à breloques, jupe droite sur ses fines jambes. Sa jeunesse. »