Jérôme Prieur
Jérôme Prieur
L'adaptation en roman graphique de la série à succès !Orphelin, Teagan erre depuis son plus jeune âge de foyers en familles d'accueil. Jeune homme écorché par la vie, la justice le rattrape à l'aube de ses 18 ans. La sentence ? Un an de conditionnelle durant lequel il devra se tenir à carreau s'il ne veut pas finir en prison. Il ne lui reste qu'une chance de se remettre dans le droit chemin et c'est dans une ultime famille d'accueil qu'elle va se jouer. Mais la rencontre avec Elena, la fille aînée de la famille, risque de compliquer les choses.
Un certain Marcel Proust, dix-neuf ans en juillet 1890, fait paraître son premier texte imprimé dans le troisième numéro de la revue Le Mensuel. De novembre 1890 à septembre 1891, sous son nom, ses initiales et quelques pseudonymes, il donne au Mensuel dix textes : récits, chroniques sur la mode ou les beaux-arts, comptes rendus de la vie mondaine et culturelle. Il y évoque aussi des "choses normandes" et le souvenir d'une certaine Odette, jadis aimée, et qu'il visite des années plus tard dans la nostalgie du temps perdu. Jérôme Prieur s'est penché sur l'histoire et le contexte de ces premiers pas littéraires jusqu'ici demeurés inédits. Il nous invite à découvrir le jeune Marcel dans le monde éphémère et brillant dont l'oeuvre, ici en germe, s'est nourrie.
La postérité a souvent la mémoire courte. Elle a ainsi oublié Louis Gillet (1876-1943), figure notable de la vie littéraire à l'approche de la Seconde Guerre mondiale. Écrivain, amateur d'art et de littérature, découvreur de Joyce, mais aussi journaliste, Louis Gillet part en reportage à Berlin, peu après son élection à l'Académie française, pour couvrir les Jeux olympiques de 1936. Il parcourt l'Allemagne, fasciné par le redressement du pays depuis l'arrivée au pouvoir du chancelier Adolf Hitler, à peine inquiet face aux assauts du national-socialisme. Quatre ans plus tard, il est de ceux qui croient en Pétain et en Vichy. Lui qui fait métier de voir est aveuglé par l'histoire en marche. Comment dès lors comprendre qu'en octobre 1943, trois mois après la mort de Louis Gillet, le général de Gaulle le cite en exemple ? À partir d'une enquête minutieuse et d'une plongée dans les archives, Jérôme Prieur construit un récit nuancé et puissant sur la place des écrivains et des intellectuels au coeur d'une période complexe qui entre en forte résonance avec notre présent. Louis Gillet est le centre d'une réflexion sur l'histoire quand elle est encore actualité : que voyons-nous, que comprenons-nous du présent dans lequel nous vivons ?
Champagne, février 1357. Henri, évêque de Troyes, chevauche vers le lazaret de Lirey, pour tenter de convaincre sa cousine Lucie, dont il est amoureux, de renoncer à ses vux religieux. Dans la chapelle où ils sont réunis, les moines font cet amer constat : les caisses sont vides, et les travaux de labbatiale, qui doit accueillir un morceau de la Vraie Croix, seront bientôt arrêtés, faute de moyens Nous avons fait le serment de bâtir une abbatiale qui accueillera la relique, et nous serons fidèles à notre parole, quoi quil en coûte, sexclame Thomas, le prieur de la communauté. Les ressorts de la tragédie, tant amoureuse que religieuse, sont désormais en mouvement
Champagne, février 1357. Henri, évêque de Troyes, chevauche vers le lazaret de Lirey, pour tenter de convaincre sa cousine Lucie, dont il est amoureux, de renoncer à ses vux religieux. Dans la chapelle où ils sont réunis, les moines font cet amer constat : les caisses sont vides, et les travaux de labbatiale, qui doit accueillir un morceau de la Vraie Croix, seront bientôt arrêtés, faute de moyens Nous avons fait le serment de bâtir une abbatiale qui accueillera la relique, et nous serons fidèles à notre parole, quoi quil en coûte, sexclame Thomas, le prieur de la communauté. Les ressorts de la tragédie, tant amoureuse que religieuse, sont désormais en mouvement
Peu de gens le savent : Jésus occupe dans le Coran une place éminente. À partir de deux versets de la sourate IV qui évoquent la crucifixion de Jésus de manière inattendue, Gérard Mordillat et Jérôme Prieur cherchent à reconstituer ce que l'on peut comprendre des origines de la prédication de Mahomet, de son développement dans un milieu païen très marqué pourtant par les références et les influences bibliques. Une religion ne naît jamais de rien. L'islam s'est voulu l'ultime révélation après la révélation juive et la révélation chrétienne. Elle en est à la fois l'héritière et la concurrente. Au carrefour des trois monothéismes, dans la succession du judaïsme de Moïse et du judéo-christianisme de certains disciples de Jésus, ce livre explore pour nous la formation de l'islam au début du VIIe siècle de notre ère. Pourquoi et comment le juif de Galilée mué en Christ fondateur du christianisme est finalement devenu dans la péninsule arabique " le messie Jésus, fils de Marie, envoyé d'Allah ", l'ultime prophète avant le Prophète. Jérôme Prieur et Gérard Mordillat sont écrivains et cinéastes. Les auteurs de la mémorable série de films Corpus Christi ont publié au Seuil Jésus contre Jésus. Leur premier essai, qui demeure un grand succès, a été suivi de Jésus après Jésus sur les origines du christianisme puis de Jésus sans Jésus sur la christianisation de l'Empire romain. Jésus selon Mahomet accompagne et prolonge Jésus et l'islam, la nouvelle série qu'ils ont réalisée pour Arte où interviennent vingt-six des plus grands chercheurs internationaux sur l'islam.
Romans gothiques, romans frénétiques, sous des appellations diverses le " roman noir " s'épanouit en Angleterre d'abord, puis en France, en Allemagne, en Irlande, en Écosse. Son âge d'or se situe au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle. C'est l'époque des révolutions, politiques, religieuses, sociales, qui secouent l'Europe. Le vieux monde craque, le siècle des Lumières s'assombrit. Au commencement, il y a les spectres, les possédés, les démons, le diable. De même qu'un siècle plus tard le cinéma sera le divertissement de l'homme des foules, les romans noirs inventent un art de la projection. Les doubles qui se profilent derrière chacun des héros révèlent des abîmes. Au –delà du travail de sape de l'ordre moral, apparaît l'exploration passionnée de ce qui ne se nomme pas encore " l'inconscient ". Jérôme Prieur est écrivain et cinéaste.
Depuis l'enfance, j'ai voulu écrire mes souvenirs de la guerre de 14. J'ai mis des années avant de m'aventurer sur les traces de cette vieille guerre qui s'était déposée en moi, alors qu'aucune raison biographique, apparemment, ne justifiait cette obsession. Cette guerre appartient à notre histoire intime, à nos familles, à nos secrets de famille. Partout les monuments viennent nous le rappeler, avec leur litanie de noms. Survivants et rescapés, combattants oubliés ou disparus, les soldats de 14-18 sont restés des soldats inconnus. Avec leur moustache, leur képi, leur casque, n'ont-ils pas tous l'air de se ressembler ? Alors j'ai laissé les revenants m'approcher. J'ai fouillé leurs visages, leurs photos, et même un petit film amateur tourné au front, qui m'est parvenu comme une bouteille à la mer. Je suis parti rechercher les êtres vivants, fossilisés à l'intérieur de ces images, et pourquoi cette guerre s'était fichée au fond de mes yeux. J. P.
L'au-delà a été confisqué par les religions. Nous y croyons sans y croire. Nous savons, sans oser nous l'avouer, que les morts n'ont pas vraiment disparu. À Pompéi, à Pétra, à Deir el-Médineh, comme en des lieux bien plus intimes, les ruines sont toujours des maisons hantées. Les formes, les anatomies, les visages conservés dans la cire, le sable, le celluloïd ou la nuit ne sont pas des objets inertes mais nos empreintes, l'image de nos doubles. Les vestiges les plus troublants sont à l'intérieur de nos yeux. Le passé n'est jamais perdu. Il n'est même pas passé. Pourquoi les êtres oubliés ne reviendraient-ils pas puisque nous les attendons ? N'existe-t-il pas sur terre, quelque part entre les cercles de l'au-delà, des cachettes où les vivants d'hier, les proches que nous continuons de chérir comme les êtres lointains que nous n'avons pas connus, seraient encore là ? Présents pour nous fixer rendez-vous, rendez-vous dans une autre vie... Cinéaste, Jérôme Prieur a notamment réalisé (avec Gérard Mordillat) les séries documentaires Corpus Christi, L'Origine du christianisme et L'Apocalypse. Il est également l'auteur d'une douzaine de livres, dont Proust fantôme (Gallimard/Le Promeneur). Il a publié en 2006 au Seuil Roman noir, un essai sur la littérature gothique, dans " La Librairie du XXIe siècle ".
Tuer quelqu'un, c'est moins simple qu'on ne croit. Surtout quand cela ne vous est jamais arrivé. Et puis tuer une femme, je ne me serais pas douté que c'était plus difficile à faire qu'à imaginer. Avant de me débarrasser d'elle, il fallait déjà que je la retrouve. Elle avait disparu, elle s'appelait Madeleine. J'avais trois jours devant moi, trois jours et trois nuits pour remonter le temps. Je marcherais sur ses pas, je guetterais son ombre. Je n'aurais qu'à suivre les traces qu'elle avait dû semer. Ne passons-nous pas chacun nos vies à en faire autant ? J'étais prêt à voir ce que ses yeux avaient vu, à sentir son souffle, à toucher son empreinte. Je fouillerais sa vie, je remuerais ses souvenirs, j'aimerais ses amies. Elles me mèneraient jusqu'à elle, j'en étais sûr. J'étais prêt à courir le risque que mon passé m'explose au visage.