Jean Servier
Jean Servier
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
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L'ethnologie partage avec beaucoup d'autres disciplines dites sciences humaines, la particularité de devoir chaque fois réaffirmer son histoire. « Copyright Electre »
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« Le terme de Berbère, écrivait Jean Servier, par lequel nous avons l'habitude de désigner les plus anciens habitants de l'Afrique du Nord est, en fait, un terme inadéquat puisque dérivé du grec barbaroi et, par-delà, du sémitique, puis de l'arabe brabra. Il désigne en premier des gens dont on ne comprend pas la langue. C'est une appellation méprisante donnée par un vainqueur à un vaincu ou par un voyageur sûr d'appartenir à une civilisation supérieure. Ce n'est pas le nom qu'un peuple se donne à lui-même. » Embrassant l'art, la civilisation, la population, la langue et l'histoire, cet ouvrage propose, pour reprendre les mots d'Ibn Khaldoun, « une série de faits qui prouvent que les Berbères ont toujours été un peuple puissant, redoutable, brave et nombreux ». À lire également en Que sais-je ?... [[Que_sais-je:La_guerre_d%27Alg%C3%A9rie-La guerre d'Algérie]], Guy Pervillé [[Que_sais-je:L%27ethnologie-L'ethnologie]], Sylvaine Camelin et Sophie Houdart
Pendant sept ans, Jean Servier a partagé la rude vie des montagnards d'Algérie. Il passait la moitié de l'année à parcourir les pistes perdues, trouvant par delà les préjugés un monde nouveau, souvent à quelques kilomètres des grandes villes. Faisant fi des textes des savants, il a renoué patiemment les fils de traditions inconnues en écoutant les vieillards, le soir sur la place des villages ou dans les cafés maures. Il se trouvait dans l'Aurès en novembre 1954, lorsqu'éclata la révolte. La veille encore, il enregistrait des chants berbères dans un village de la montagne. Son devoir était tout tracé et, aussi simplement qu'il avait participé quelques années auparavant à la campagne d'Italie, et à la libération de la France, il prit la tête d'un groupe de volontaires, manifestant le premier la volonté des Français de garder l'Algérie. Partant au secours des deux premières victimes de la révolte, il assura la défense d'Arris jusqu'à ce que les renforts militaires arrivent. Pourtant, au fond de lui, il était resté passionnément attaché à la recherche ethnologique. En juillet 1955, il passait brillamment sa thèse de Doctorat, la première, sur l'ethnologie des Berbères d'Algérie, publiée depuis plus de trente ans. La vie profonde de l'Algérie, qui semblait jusque là n'appartenir qu'à quelques initiés, Jean Servier nous la présente grouillante et colorée, avec ses contrastes brutaux dans le cadre silencieux des grandes montagnes berbères qu'il a parcourues, solitaire, sur les pas des rebelles.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.