Jean-Roch Coignet
Jean-Roch Coignet
Il n'était pas maréchal ni général, mais simple soldat. Pourtant, son témoignage reste l'un des plus précieux pour comprendre l'épopée napoléonienne. Jean-Roch Coignet, vieux grognard de la Garde impériale, raconte ici, avec une voix directe et vibrante, ses campagnes auprès de Napoléon : d'Italie en Égypte, d'Austerlitz à Wagram, de la traversée des Alpes jusqu'aux champs sanglants de Marengo et d'Iéna. À travers ces souvenirs authentiques, on découvre la vie quotidienne des soldats de la Grande Armée : les marches épuisantes, la faim, les bivouacs glacés, mais aussi la fraternité, l'honneur et la foi inébranlable en l'Empereur. Coignet décrit avec un réalisme saisissant la fureur des batailles, les charges de cavalerie, la discipline implacable, les coups de sabre, mais aussi les petites anecdotes qui rendent l'Histoire vivante : une rencontre, un repas improvisé, un geste de Napoléon qui redonnait espoir à ses hommes. Plus qu'un simple récit militaire, ce livre est une plongée dans l'âme des grognards, ces soldats d'élite dont le courage et la fidélité ont forgé la légende impériale. Un témoignage rare et captivant, à la croisée de la mémoire personnelle et de la grande Histoire, qui séduira aussi bien les passionnés de Napoléon que les amateurs de récits de guerre et d'aventures humaines. Un document incontournable pour revivre, de l'intérieur, les campagnes qui ont façonné l'Europe au XIX? siècle." À PROPOS DE L'AUTEUR Jean-Roch Coignet fut un soldat français qui servit dans la Garde impériale de Napoléon Ier pendant plus de quinze ans. Simple "grognard", il participa aux plus grandes campagnes de l'Empire, de l'Italie à l'Égypte, d'Austerlitz à Waterloo. Né dans une famille modeste, Coignet s'engagea très jeune dans les armées révolutionnaires avant d'intégrer la prestigieuse Garde impériale. Témoin privilégié de l'épopée napoléonienne, il côtoya l'Empereur lors de nombreuses batailles et campagnes qui marquèrent l'Europe du début du XIXe siècle. Après la chute de l'Empire, Coignet consigna ses souvenirs dans des mémoires devenus célèbres.
La collection 'Cinq Livres Classiques Présentant des Témoignages de l'Armée Napoléonienne' offre une exploration riche et variée de la période napoléonienne à travers les voix de ceux qui ont vécu sous l'Empire. Avec un éventail de styles littéraires allant des mémoires intimes aux récits épiques, cette anthologie capture les thèmes centraux de loyauté, de gloire, et des réalités brutales de la guerre. L'assortiment d'oeuvres met en lumière les divers angles des expériences militaires et personnelles de l'époque, dont certaines narratives captivantes sont transcendées par leur détail et leur émotion, tout en illustrant le contexte complexe du début du XIXe siècle. Les auteurs contribuant à cette collection ont tous partagé des perspectives distinctes issues de leur implication directe dans l'armée napoléonienne. Louis Constant Wairy, Roustam, et Jean-Roch Coignet parmi d'autres, apportent leurs récits personnels qui révèlent bien plus que les faits historiques : ils offrent une fenêtre sur les aspirations, les craintes et la résilience des soldats. Alignée avec les mouvements littéraires du réalisme et du romantisme, l'anthologie relie les lecteurs au dynamisme culturel et social de l'époque, unissant des voix qui, ensemble, enrichissent notre compréhension de cet empire éphémère. Cette collection est une opportunité précieuse pour quiconque souhaite plonger dans la multitude de perspectives entourant l'ère napoléonienne. L'ouvrage est recommandé pour sa capacité à engager les lecteurs dans un dialogue entre passé et présent, à travers la richesse des témoignages et la diversité faisande des récits. Permettant d'appréhender historiquement et culturellement cette époque tumultueuse, le lecteur est invité à découvrir les récits personnels et variés de ceux qui ont constitué les rouages de la machine impériale.
Ce coffret numérique, édité à l'occasion de la commémoration des deux cents ans de la mort de Napoléon, regroupe trois oeuvres écrites par ceux qui ont vécu l'épopée napoléonienne au côté de l'Empereur : Les Cahiers du capitaine Coignet, Mémoires du général Baron de Marbot et Mémoires du sergent Bourgogne.
« Jean-Roch Coignet fut, par excellence, ce qu'on appelle un homme de bonne volonté. Berger ou charretier, écuyer ou laboureur, soldat ou capitaine, nous le voyons toujours prêt à bien faire. Il y met tout son esprit, toutes ses joies, toute sa gloire, qu'il s'agisse d'un coup de balai ou d'un coup de sabre. Aussi la lecture de sa vie repose-t-elle comme la compagnie de ces gens solides et bons sur le dévouement desquels on peut compter. »
Mon enfance. - Je suis tour à tour berger, charretier, garçon d'écurie. Je quitte pour la seconde fois mon village. - J'entre au service de M. Potier. Je suis né à Druyes-les-Belles-Fontaines, département de l'Yonne, en 1776, le 16 août. Mon père eut trois femmes : la première a laissé deux filles ; de la seconde, il lui est resté quatre enfants (une fille et trois garçons). Le plus jeune avait six ans, ma soeur sept ans, moi huit, et mon frère aîné neuf ans, lorsque nous eûmes le malheur de perdre cette mère chérie. Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Jean-Roch Coignet (1776-1865) "Le 6 fructidor an VII, deux gendarmes se présentèrent pour me donner une feuille de route pour partir le 10 fructidor pour Fontainebleau. Je fis de suite mes préparatifs pour partir ; on voulait me faire remplacer ; je remerciai en pleurant : « Je vous promets que je reviendrai avec un fusil d'argent, ou je serai tué ! » Mes adieux furent tristes ; je fus comblé d'égards par tout le monde, conduit un bout de chemin, et bien embrassé. Mon petit paquet sous le bras, je viens coucher à Rozoy, première étape militaire. Je fus chercher mon billet de logement que je présente à mon hôte qui ne fait pas attention à moi. Je sors et vais acheter un pot-au-feu, que le boucher me mit dans la main. Je fus blessé de voir cette viande dans le creux de ma main. Je la présente à ma bourgeoise pour qu'elle ait la complaisance de me la faire cuire et je vais lui chercher des légumes. On finit par mettre mon petit pot-au-feu ; j'eus alors les bonnes grâces de mes hôtes qui voulurent bien m'adresser la parole, mais je ne leur en tins aucun compte. Le lendemain, j'arrive à Fontainebleau où des officiers peu ardents au service nous reçurent, et nous mirent dans une caserne en très mauvais état. Notre beau bataillon s'est formé dans la quinzaine ; il était de l800 hommes : comme il n'y avait pas de discipline, il se forma de suite une révolution, et la moitié s'en allèrent chez eux. Le chef de bataillon en fit son rapport à Paris, et il fut accordé quinze jours pour rejoindre le bataillon, sans quoi on serait porté déserteur et poursuivi comme tel. Le général Lefèvre fut envoyé de suite pour nous organiser. On fit former les compagnies et tirer les grenadiers ; je fus du nombre de cette compagnie qui se montait à cent vingt hommes et nous fûmes habillés de suite. Nous reçûmes tout au grand complet, et de suite à l'exercice deux fois par jour !... Les retardataires furent ramenés par les gendarmes, et l'on nous mit à la raison." Souvenirs sur les guerres napoléoniennes d'un grognard.