Jean Pomier
Jean Pomier
L'oeuvre littéraire de Jean Pomier connaît beaucoup de lecteurs fervents. C'est l'esprit sensible, malicieux, méditatif d'un poète et d'un conteur qui s'y exprime, mais aussi l'attachement indéfectible à tout un univers méditerranéen. Cependant, cet homme de pensée et de rêve n'est jamais resté éloigné de l'action. Sa vie de haut fonctionnaire et d'animateur de multiples activités culturelles, devait ainsi lui faire connaître de nombreuses personnalités du monde politique, administratif et littéraire. Il nous en apporte ici le témoignage primesautier - parfois un peu amer - mais toujours profondément humain, pour lequel tout prend son sens « à cause d'Alger ».
La Grande Guerre finie, de jeunes écrivains et lui fondèrent une Association (A.E.A.) qui devait dès 1921 donner naissance à un important mouvement littéraire appelé : l'Algérianisme. Dans « Chronique d'Alger », l'auteur qui présida l'Association, évoque l'origine et le sens de ce terme, créé par Robert Randau et fait l'historique de l'action algérianiste, appuyée par le moyen d'un prix littéraire et d'une revue. Puis, Jean Pomier qui, directeur de la revue « Afrique » fut aussi rapporteur au Comité du Prix depuis sa fondation rappelle qu'au fur et à mesure du développement de cette action culturelle ne tardèrent pas à se manifester d'hypocrites dissidences au sein même du Comité, et, parmi les candidats non élus, des rancoeurs inexpiables, de venimeuses jalousies, si nocives qu'aux approches de 1940 la doctrine algérianiste devait en ressentir une sensible dévaluation. C'est alors qu'apparaît l'intérêt majeur de cette « Chronique » qui est de révéler les surprenantes conséquences d'aussi mesquines et méprisables oppositions dont on n'aurait jamais pu imaginer qu'elles allaient avoir quelque relation de cause à effet avec la dramatique dégradation en métropole d'un esprit de résistance qui eut été capable de lui éviter la faillite de son entreprise algérienne.