Jean-Pierre Guichard
Jean-Pierre Guichard
Charles de Gaulle a déjà suscité de nombreux livres. Mais il n'existe pas - ou peu - d'ouvrages qui, à l'égal de celui-ci, montrent dans une perspective chronologique combien il sut incarner l'homme des refus, mais aussi des recours. De mai-juin 1940 à mai 1968, en passant par mai 1958, les barricades de janvier 60, le putsch d'Alger en avril 61, la crise de Berlin de 1958 à 1961, celle de Cuba en octobre 62 et le conflit israélo-arabe de juin 67, l'auteur explique comment de Gaulle, mieux qu'aucun autre politique de son temps, réussit à exploiter les circonstances pour réaliser ses objectifs, le premier d'entre eux étant de rendre à la France sa grandeur et sa mission libératrice. Il souligne, en outre, combien fut présente, chez le fondateur de la Ve République, la préoccupation de pourvoir l'État des instruments nécessaires à la prévention et la gestion des crises du futur.
À cinq reprises, depuis le début du siècle, au paroxysme d'événements dramatiques, le peuple français, par ses représentants élus, remit son destin entre les mains d'un vieil homme illustre, autrement dit d'un père politique protecteur : ainsi à Clemenceau en 1917, Poincaré en 1926, Doumergue en 1934, Pétain en 1940, de Gaulle en 1958. Jean-Pierre Guichard rappelle comment ces hommes s'étaient préalablement forgé une figure de recours, conduit une enquête minutieuse sur les circonstances de leur retour au pouvoir, décrit l'impact de leur présence et de leur action sur le cours des événements, examine leurs projets et réalisations dans le domaine institutionnel... Phénomène récurrent de notre Histoire du XXe siècle, tantôt facteur de continuité - qui a joué à trois reprises en faveur de la IIIe République -, tantôt facteur de rupture - qui a présidé à la disparition des IIIe et IVe Républiques et à l'avènement de l'État français et de la Ve République -, « l'appel au Père » est, pour la première fois, analysé ici dans sa triple dimension psychologique, politique et historique. L'auteur s'attache en outre à montrer combien fut présente, chez le fondateur de la Constitution de 1958, la préoccupation d'épargner aux citoyens, dans l'avenir, la quête, somme toute hasardeuse et non dénuée de dangers, d'un Père protecteur.
Tous les chemins mènent à Rome.Au sortir de la Première guerre mondiale, Benito Mussolini prend la tête d'un mouvement révolutionnaire et violent, le fascisme, regroupant les déçus de la victoire « mutilée » italienne. Ils aspirent au retour d'une « Grande Italie ». Il prend la tête du gouvernement en 1922 et impose une « révolution fasciste » en refondant entièrement le système politique et économique. Son grand dessein est de créer une Italie nouvelle, organisée et puissante avec à sa tête, un chef infaillible, le Duce (le « guide »). Il s'attache en parallèle à faire de Rome le centre du pouvoir et la nouvelle cité idéale, conforme aux idéaux du fascisme afin de faire de la ville une véritable vitrine du régime et une capitale impériale. Davide Goy et Luca Blengino, avec l'historienne Catherine Brice, retracent la mise en place du Fascisme du point de vue de Rome, littéralement rebâtie par un Mussolini modelant le visage de cette ville éternelle à l'image du fascisme conquérant.