Jean Lods
Jean Lods
Le narrateur est un jeune ingénieur que le hasard d'un stage fait arriver sur un chantier au bord d'une lagune. Depuis des années la montée irrésistible des eaux à travers la région a transformé le pays, livré tout entier à la pluie, au vent, à la boue, au froid. La force feutrée des éléments a coupé les habitants du lieu de toute réalité vivante. Dans ce monde éteint ils ont fini par ressembler aux eaux mortes qui les entourent. Le stagiaire va lutter d'abord, sur ce chantier, contre l'invasion de l'eau. Mais il se rend vite compte qu'il est le seul à croire à ce combat. C'est alors que, découragé, il se laisse aller à son attirance pour Jeanne, la fille du chef de chantier, créature au sang glacé, aux sentiments impénétrables. Il aime Jeanne, et peu à peu se laisse envoûter. Elle l'attire progressivement vers sa perte, en se confondant avec le paysage à la fois fier et désolé dont elle est l'incarnation.
À Lyon, c'est l'hiver quand Romain Durieux, venant de l'île de la Réunion, y débarque pour quelques jours, le temps de visiter l'exposition commémorative en l'honneur de son père, l'écrivain Simon Rivière, et de remettre à l'éditeur l'étude biographique qu'il lui a consacrée. Mais à peine est-il seul dans la ville de son enfance, que Romain éprouve une sorte d'impuissance à agir. Fils illégitime, il n'a jamais rencontré son père, et a construit toute sa vie autour du vide laissé par ce personnage mythique, élevé sous les tropiques, entré par son mariage dans une riche famille de planteurs, et devenu plus tard un auteur à succès. Voilà qu'au moment où on célèbre le grand homme, Romain découvre ce qu'il avait toujours refusé de voir : un père, cela ne s'invente pas.
Depuis qu'il y a une forteresse, il y a un colonel pour la commander. Et une fille de colonel pour dévaler la colline et aller danser. Entendez-vous la musique des fêtes ? Elle vient de la mer comme l'odeur du large. Qui reconnaîtra que le métal des notes commence à se fêler ? Car la surface des marécages ne cesse de croître et la frontière de reculer. La tempête approche. Et, avec elle, les ennemis insaisissables sur leurs chevaux légers. « Mais nous tiendrons », murmure le vieux colonel. Auteur célébré par la critique et les prix, Jean Lods n'avait pas publié de roman depuis vingt ans. Il nous offre aujourd'hui un conte métaphysique rempli de tendresse et d'ironie : le récit d'un homme en lutte avec l'inéluctable.
Colin est un génie de la restauration des films, qui redonne une jeunesse aux plus grands classiques. Mais on réduit les subventions de son Institut. Et son nouveau directeur l'affecte à des productions qu'il estime plus rentables que les oeuvres de Howard Hawks ou de John Ford. Aussi, est-ce en secret que Colin travaille sur Une partie de campagne de Jean Renoir.Une nuit, alors qu'il peaufine le relief des boutons du chemisier de la jeune héroïne, Henriette, il a la curieuse sensation de voir l'étoffe bouger. Quatre-vingt-quinze pulsations par minute, estime-t-il même, en regardant sa montre.Bientôt, il entre dans le film.Né en 1938, Jean Lods a passé son enfance et son adolescence à l'île de la Réunion. Il est l'auteur des récits et romans suivants : La Part de l'eau (Gallimard, 1977 ; prix Ève Delacroix) ; La Morte saison (Gallimard, 1980 ; dernière sélection des Prix Renaudot et Femina) ; Le Bleu des vitraux (Gallimard, 1987 ; prix Alain Fournier) ; Sven (Calmann-Lévy, 1991) ; Quelques jours à Lyon (Calmann-Lévy, 1994 ; dernière sélection du Prix Renaudot) et Mademoiselle (Vénissieux, Editions Paroles d'Aube 1994).