Jean Grondin
Jean Grondin
Pourquoi vit-on ? La philosophie jaillit de cette énigme, sans ignorer que la religion cherche à y répondre. La tâche d'une philosophie de la religion est de méditer le sens de cette réponse et la place qu'elle peut tenir dans l'existence humaine, à la fois individuelle et collective. La philosophie de la religion se veut ainsi une réflexion sur l'essence oubliée de la religion et ses raisons, voire sa déraison. À quoi tient, en effet, cette force du religieux que l'actualité est loin de démentir ?
À quoi pense un enseignant avant d'entrer dans sa salle de cours ? Répondre à cette question, c'est s'efforcer de rendre l'esprit qui préside à l'éducation et qui transcende tous les contenus particuliers que l'enseignement a pour vocation de transmettre. Il se pourrait que cet esprit soit plus important que tous les objets précis de l'enseignement parce que toute éducation digne de ce nom doit procurer une orientation fondamentale, que l'on peut dire métaphysique, qui est d'aider à vivre et à affronter l'existence avec confiance. C'est cet l'esprit de l'éducation que présente cet essai salutaire en rappelant qu'il a donné naissance à nos institutions d'enseignement et à notre civilisation elle-même. Fort d'une expérience d'enseignement de plus de quarante ans, dans plusieurs langues et de nombreux pays, un enseignant passionné réfléchit ici aux présupposés de sa pratique éducative et en tire des leçons pour notre temps.
Hippocrate et Socrate ont été contemporains à Athènes, mais nous ignorons s'ils se sont jamais rencontrés. Le cas échéant, ils auraient peut-être trouvé matière à discussion, car si la médecine traite des maux du corps, la philosophie se voue à ceux de l'âme. L'une et l'autre doivent sans cesse composer avec des questions de vie et de mort qui dépassent le strict domaine de la science : qu'est-ce que la vie ? Comment affronter la mort ? Ce qui est réalisable en termes de soins est-il toujours permis et moralement justifiable ? Présupposant que le dialogue direct entre la médecine et la philosophie est non seulement souhaitable mais nécessaire, Serge Daneault et Jean Grondin, dans une conversation tout à fait actuelle et accessible, nous convainquent de la pertinence d'explorer des sujets intemporels pour les revitaliser et ainsi nourrir notre compréhension de la condition humaine.
Plongez dans Idéal Standard, la BD culte d’Aude Picault qui explore avec humour et finesse la quête amoureuse d’une trentenaire en quête d’absolu.
L'agonie d'un système, la fin d'un monde.
Née d'une réflexion sur l'art d'interpréter les textes et sur la vérité des sciences humaines, l'herméneutique est devenue, grâce à Dilthey, Nietzsche et Heidegger, une philosophie universelle de l'interprétation. Elle a connu ses développements les plus conséquents et les plus influents dans les pensées de Hans-Georg Gadamer (1900-2002) et Paul Ricoeur (1913-2005). En se penchant sur ses origines, ses grands auteurs et les débats qu'ils ont suscités, mais aussi sur le sens de son universalité, Jean Grondin nous offre la première présentation synthétique du grand courant de l'herméneutique.
Ceux qui ont eu le privilège d'être ses contemporains et de suivre l'évolution de son oeuvre étaient habitués à voir un gros livre de Ricoeur paraître tous les cinq ou six ans. Ce livre revenait sur des sujets familiers de ses lecteurs, comme la volonté, l'agir ou l'identité, la question du temps, de l'histoire, de l'interprétation, le langage, le texte ou le récit, mais les abordait à partir d'angles et de références chaque fois nouveaux. L'oeuvre est maintenant achevée, lue dans le monde entier. Elle exerce une profonde influence sur les sciences humaines. Pour introduire à cette oeuvre complexe, Jean Grondin suit le fil rouge de l'herméneutique. Il donne ainsi à comprendre la richesse de la pensée de l'un des plus importants philosophes du XXe siècle. Il offre aussi un portrait sensible de celui qui a proposé une philosophie de l'homme agissant et souffrant.
Et si la métaphysique était le plus grand bienfait de l'histoire de l'humanité ? Elle repose sur une expérience toute simple et déconcertante : celle de l'infinie beauté du monde qui s'impose à notre intelligence malgré le mal, la souffrance et l'absurde que nous ne manquons pas de rencontrer et qui ne suscitent notre indignation que parce que l'attente métaphysique est première. L'idée de base de la métaphysique est que cette beauté a une raison, et que l'homme y a part. En découvrant la beauté des choses, dont la contemplation fait notre bonheur, en reconnaissant une dignité à l'humain et en osant penser sa capacité de transcendance, la métaphysique nous procure des raisons de vivre et d'espérer, réalisant ainsi la finalité de la philosophie elle-même. Toute philosophie est métaphysique ou triste de ne pas l'être.Cet ouvrage propose une rafraîchissante herméneutique et mise en oeuvre de la pensée métaphysique, qui va de pair avec une conception métaphysique de l'herméneutique elle-même.Jean Grondin est professeur de philosophie à l'université de Montréal. Il a publié une vingtaine d'ouvrages, sur la métaphysique, l'herméneutique et la philosophie allemande, qui sont traduits dans plus de quinze langues. Il fut titulaire de la Chaire de métaphysique Étienne-Gilson et préside actuellement l'Académie des arts, des lettres et des sciences humaines du Canada.
« Le tournant se manifeste sous plusieurs aspects dans les écrits de Heidegger. Tantôt il paraît marquer une rupture avec l'ontologie fondamentale de 1927, tantôt il dénote, selon l'aveu même de Heidegger, une simple inflexion de la pensée le long d'un itinéraire continu. Mais la Kehre en vient aussi à désigner une événement au sein de l'être lui-même et de l'histoire de la pensée occidentale, celle de la métaphysique. La pensée du tournant a donc partie liée avec le dépassement de la métaphysique, autour duquel se rassemble une bonne part de la philosophie contemporaine. C'est que le tournant heideggerien procède d'un tournant plus fondamental de l'être et de son histoire. Cette étude se propose d'en sonder la genèse, la motivation et les ressources. » (J. Grondin)
Née de l'inquiétude du coeur humain, la métaphysique est un entretien de longue durée sur le sens des choses. Son idée de fond est que leur cours est sensé et qu'il est sensé de le penser. Que signifie au juste ce sens des choses ? S'agit-il d'une simple vue de l'esprit, d'une observation ou d'un pressentiment? Il est clair qu'il engage une herméneutique, c'est-à-dire une intelligence de l'être dans son ensemble et qu'il est le fait d'un être, l'homo sapiens que nous sommes, qui n'a de cesse d'expérimenter et de pressentir le sens de choses. Afin de mieux saisir et même de renouveler le projet essentiel de la métaphysique, ce livre se penche sur cette présupposition herméneutique de toute métaphysique, mais aussi sur les implications métaphysiques de l'effort herméneutique lui-même. Il présente une herméneutique de la pensée métaphysique telle qu'elle s'est déployée depuis Platon et Aristote et qu'elle peut encore être défendue au lendemain des déconstructions de la métaphysique (Kant, Heidegger, Derrida), dont il est de plus en plus évident, avec le recul, qu'elles font partie de la métaphysique elle-même. Il apparaît alors que la métaphysique, entendue comme l'effort vigilant de l'intelligence humaine de comprendre le réel à partir de ses raisons, est un autre nom de la philosophie et la respiration même de la pensée.
La trajectoire intellectuelle de Hans-Georg Gadamer (1900-2002) travers tout un siècle et a nourri une oeuvre majeure qui, sous le nom d'herméneutique, renouvelle profondément la pensée de l'interprétation et de ses enjeux existentiels. Car, pour un philosophe né en 1900 (soit l'année de la mort de Nietzsche, de l'avènement de la phénoménologie et des ouvrages fondateurs de freud et de Dilthey), il était naturel que la question de l'"interprétation" fût au centre de toute problématique. Avec Gadamer, cette question reste, non seulement méthodologique, mais elle se transforme en une caractéristique vitale de notre "mode d'être" et, donc, de ce que nous sommes.Toute sa vie, en un siècle marqué par bien des tragédies, gadamer va approfondir sa philosophie de l'herméneutique et voir, avec elle, sa réputation et sa notoriété grandir. Son centième anniveraire, le 11 février 2000, fur un événement extraordinaire en Allemagne. Tous les grands intellectuels de l'époque, Paul Ricoeur, Jürgen Habermas, Karl-Otto Apel, Richard Rorty, Gianni Vattimo et bien d'autres, mais aussi des dignitaires du monde politique, dont le président de l'Allemagne et le premier ministre du Bade-Württenberg (un inconditionnel de Gadamer), se sont rassemblé à Heidelberg pour lui rendre hommage.Son oeuvre, aujourd'hui, continue d'inspirer de nombreux courants de pensée et méritait, à ce titre que sa vie, comme sa pensée, fût enfin revisitée par l'un de ses meilleurs exégètes. C'est dire que cette biographie - la première en langue française - vient à point nommé pour éclairer la personnalité d'un philosophe essentiel à notre compréhension dela modernité.
La philosophie ne peut défendre sa légitimité que si elle l'établit sur l'universalité de l'interprétation; cette théorie est l'affaire de l'herméneutique. Ce livre se propose d'en reconstruire l'histoire, afin de préparer une conception herméneutique de la philosophie, qui ne renonce ni à l'être, ni à l'a priori, ni à l'universalité. « Copyright Electre »
Quand celui qu'on a aimé de toute son âme vient à disparaître, peut-on jamais retrouver le bonheur ? Daphné Fields a connu très jeune avec Jeff, son mari et sa petite fille Aimée des joies exceptionnelles. Mais Jeff et Aimée périssent dans un incendie. Enceinte au moment du drame, Daphné va avoir la douleur de donner naissance à un enfant sourd. Dés lors, sa vie ne sera plus qu'un long combat contre les épreuves et la détresse. Devenue une romancière en vogue, Daphné finira pourtant par goûter à nouveau au bonheur, à l'ombre de ce qui restera pour elle un unique amour.