Jean-Baptiste-Antoine Lassus
Jean-Baptiste-Antoine Lassus
Dès les premières heures qui suivent l'incendie dramatique de Notre-Dame de Paris, le 15 avril 2019, la question de sa restauration est déjà posée. Faut-il reconstruire à l'identique ce qui a disparu (charpente, toiture, flèche) ou « profiter » de ce malheureux accident pour effectuer certains aménagements plus modernes, quitte à modifier quelque peu la physionomie de l'édifice, voire faire intervenir en certains endroits du bâtiment des créateurs contemporains ?Cette interrogation avait été exprimée à peu près dans les mêmes termes un peu moins de deux siècles auparavant lorsque, devant les altérations dues au temps, les dégradations, mutilations et autres reconstructions plus ou moins heureuses qui menaçaient la cathédrale, le gouvernement d'alors décida de lancer un concours pour sa restauration. C'est le projet présenté par les deux architectes Eugène Viollet-le-Duc et Jean-Baptiste Antoine Lassus qui fut finalement choisi en 1844.Dans un rapport adressé au ministre en charge du dossier, les deux architectes exposent leur conception de la restauration des bâtiments anciens : ne pas se contenter de colmater les usures et les brèches, mais s'efforcer de retrouver les formes disparues afin de redonner à l'édifice son rayonnement passé, sans transformer en quoi que ce soit son architecture. Ils expliquent ensuite les travaux à entreprendre à Notre-Dame, leur importance et leurs difficultés, avec qui et avec quels moyens. Ce document, particulièrement intéressant, nous fait pénétrer dans les coulisses de l'un des édifices les plus visités de Paris - en dévoilant au passage quelques secrets. Il fournit surtout au lecteur d'aujourd'hui des éléments pour mieux comprendre et juger les projets de restauration de Notre-Dame à venir.
Sans vouloir rechercher l'origine des monuments chrétiens qui ont précédé en France ceux de la période gothique, il faut reconnaître que l'architecture romaine a exercé une grande influence sur leurs commencements. Les premières églises ne furent que des basiliques antiques, ou les grandes salles qui, dans les thermes, étaient comme elles terminées par une abside.D'un côté, les chrétiens dans les basiliques substituèrent à la plate-bande l'arc reposant directement sur les colonnes, puis la voûte à la toiture apparente qui couvrait la nef et les bas-côtés ; de telle sorte qu'en suivant pas à pas les transformations imposées par les nécessités du culte et les exigences de la construction, on arrive graduellement de la basilique à un seul étage, où les Romains rendaient la justice, à l'église romane, que de nombreux étages annoncent au loin, où le culte peut déployer toutes ses pompes, en même temps qu'il y trouve la satisfaction de presque tous ses besoins.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.