Jacques Henri Pons
Jacques Henri Pons
Voici le dernier livre de Jacques Henri Pons, pourfendeur de phantasmes voilés ou crus, pourvoyeur de Rois mages et de Princesses, arpenteur de Demi-mesures et de Vacances indiennes, pourlécheur d'Alouettes sans tête, pourfileur de Filatures... On retrouve dans « BREAK » l'esprit de son théâtre : le strip-tease mental de « Attilius Love » (Un grand prix Radio 1974), les idées en cavale du « Piano » (1974), le rire rouge de « C'est un fait l'indien crache trop » (1977), l'étrangeté pointilliste de « Joker Lady » créé par Gaby Sylvia et mis en scène par Andréas Voutsinas (Festival off d'Avignon et théâtre Essaïon Paris 1979) et les mini-cassures des « Imponsdérables » (1980) ; c'est dire un humour et une poésie jalousement ponsiens tissés de somptueuses images aussitôt tues qu'avouées, de tendresse cassée en micas de rires aigres, en un mot de pudeur.
« Oui, ton père. Je crois que c'est le seul qui ait compté dans ma vie. Je ne l'ai su qu'après. Il avait l'air trop parfait, comment te dire ? trop... normal. Avec lui tout était sans surprise. Quand il m'apportait du cabillaud le vendredi, c'était bien du cabillaud. Et il s'était mis en relation avec un boulanger qui lui faisait du pain blanc au feu de bois deux fois par semaine. Un jour il me mène à la Samaritaine et il me dit : « voilà, j'ai touché un rappel, tu vas pouvoir remonter ta garde-robe » et il me laisse à l'entrée avec cinq cents francs en petites coupures ; il pleuvait, j'ai acheté un parapluie. »