Jacques Boireau
Jacques Boireau
Et si les Arabes avaient façonné l’Occitanie dès le VIIe siècle ? Les Enfants d’Ibn Khaldoûn réinvente l’Histoire avec une uchronie audacieuse, où civilisations arabe et occitane s’entremêlent, entre tolérance et conflits identitaires.
Des siècles après la grande catastrophe, les communautés humaines se trouvent cloîtrées en des enclaves temporelles. Il est impossible d'en sortir en raison de barrières invisibles et fluctuantes. Chaque territoire est un microcosme vivant en autarcie, dans un temps qui lui est propre. Sans route aucune. Où mèneraient-elles ? Or voici que les temps changent, que les barrières s'évanouissent. Et l'on parle d'un lieu étonnant, mythique, nommé Mercoire, qui contiendrait tous les savoirs, tous les secrets. Qui serait le seul lieu de stabilité dans les temps troubles à venir. Et si à Mercoire résidait le responsable de la grande catastrophe ? Après Orinomaque, salué unanimement par la critique, voici un autre roman posthume de Jacques Boireau, marcheur-photographe soucieux d'écologie.
L'Histoire n'est pas celle que nous avons apprise. Après les Romains, ce sont les Arabes qui ont occupé l'Occitanie dès le VIIe siècle. Sur les Causses et dans les plaines, ils se sont installé, mêlés aux Romains, aux Gaulois, aux Francs, aux Wisigoths, les religions se sont heurtées et fondues, Chrétiens, Ariens, Cathares, jusqu'à ce que naisse l'Occitanie actuelle. Au Nord, les Franciens vivent dans une société peu enviable. Au Sud, se mêlent Occitans et Sarrasins, dont les civilisations étaient si proches. Pourtant, des intégristes occitans cherchent à revenir à la pureté d'origine de leurs racines, en chassant l'« envahisseur » arabe. Remarquable uchronie que celle de ces années sarrasines, entre belle actualité et excitante spéculation.
Après un siècle d'isolationnisme forcé, la planète Mira est de nouveau ouverte à la concupiscence terrienne. Les multinationales s'y livrent à une guerre en règle, en une suite d'assassinats sans pitié où est impliqué, malgré lui, le premier journaliste de la Terre à visiter ce monde nouveau. Tout en déjouant les embûches, il découvrira les micro-sociétés qui se sont développées sur Mira : il y a là Adolf Hitler, la ville nationale socialiste, les anarchistes de Ciudad-Durruti, les marxistes de la Commune de Paris et les maoïstes de Soleil Rouge. Ils se sont partagé le pays et ont mis en pratique leurs idéaux politiques : voilà une mosaïque de sociétés bizarres, qui fonctionnent pourtant parfaitement sous nos yeux et que le talent de Jacques Boireau a su rendre crédibles. Les années de sable : un space opéra à l'envers, où l'espace sert de lieu privilégié d'incubation de sociétés nouvelles. Le premier roman d'un jeune auteur qui fera parler de lui.
Dans le Forez, il est une vallée préservée où tout est encore vrai, l'air, l'eau, l'herbe et les arbres. Dans ce parc d'attraction, les habitants vivent à l'ancienne, comme dans un musée à ciel ouvert. Cela attire les touristes qui, au bistrot du village, goûtent la fausse gentiane du père Anglade. Le père Anglade ? Un vieux de la vieille qui en connaît des histoires, des histoires de luttes syndicales allant jusqu'à la guerre civile, mais toutes vouées à l'échec, en ce début de mondialisation. Un récit prémonitoire. Une authentique anticipation. Prix Rosny-aîné 1981.