Hyam Yared
Hyam Yared
Beyrouth en poésie. Parole d'eau, de feu et d'air. Trop de sangs habitent nos corps. La poésie creuse la métamorphose, qui fait de nous à la fois bourreau et victime, proie et ombre. Nous sommes de ces villes qui à la fois tombent et s'éveillent dans le ventre des missiles. Nous sommes les traces de ce qui reste, tel l'amour, cet indé
Naître de toute évidence, puisque mourir est le dernier rêve. Dans l'irréalité de nos existences, de ces espaces ouatés que nous prenons pour de la vie et qui nous prennent peut-être pour des fictions ou de pâles incarnations de la vie, qui n'a jamais été tenté de défier la mort par un perpétuel potentiel aux recommencements ?
Plongez dans Esthétique de la prédation, un recueil de poésie percutant où Hyam Yared explore la violence moderne, entre technologie, guerre et libido. Une œuvre brutale et lucide, essentielle pour comprendre les dérives de notre époque.
En attendant que soit enfin prononcé son divorce au Liban, une mère de deux enfants multiplie les aventures clandestines. C'est à Paris cette fois qu'elle a rendez-vous avec son singulier amant au bras de qui elle se rêve en femme totalement émancipée. Au moment de refermer la porte du taxi qui doit la mener jusqu'à lui, elle est loin de se douter que Mélanie, la conductrice transgenre, va faire voler en éclats nombre de ses certitudes. Ce roman est l'histoire de la rencontre de deux femmes avides de liberté et dont la plus sujette aux déterminismes n'est peut-être pas celle que l'on croit.
En attendant que soit enfin prononcé son divorce au Liban, une mère de deux enfants multiplie les aventures clandestines. C'est à Paris cette fois qu'elle a rendez-vous avec son singulier amant au bras de qui elle se rêve en femme totalement émancipée. Au moment de refermer la porte du taxi qui doit la mener jusqu'à lui, elle est loin de se douter que Mélanie, la conductrice transgenre, va faire voler en éclats nombre de ses certitudes. Ce roman est l'histoire de la rencontre de deux femmes avides de liberté et dont la plus sujette aux déterminismes n'est peut-être pas celle que l'on croit.
Le 4 août 2020 à 18 heures et 7 minutes, la narratrice se voit propulsée sous le bureau de sa thérapeute. Elle est à quatre pattes, entre son mari et leur psy. Une bombe vient de ravager Beyrouth. Une apocalypse. Et le scénario en train de se produire dans ce cabinet : celui d'un couple en déliquescence. La narratrice est une affranchie. Elle veut vivre tout de suite et tout à la fois. Être mère, épouse et écrivaine, « beauvoirienne » et pondeuse multi-récidiviste. Plutôt que de choisir, elle a embrassé la multitude : femme remariée, mère de cinq filles, auteure de nombreux livres, écartelée entre Beyrouth et Paris, entre sa soif d'écriture et ses maternités, entre la joie de l'enfantement et l'instinct de fuite. Son énergie vitale est ce prix, c'est une bombe à retardement. Comme son couple, tiraillé entre un homme analyste et une femme guidée par les méandres de l'écriture. En bref, « la rencontre d'une centrale nucléaire avec une éolienne ». Comme cette ville qu'est Beyrouth, fendue, divisée, sectionnée de toutes parts, par les guerres, les rancoeurs entretenues, jusqu'à cette ultime désintégration. La narratrice n'a plus que l'écriture pour consolation. Elle prend la plume à bras le corps et nous offre un récit d'une puissance inouïe où se reflètent jusqu'au vertige l'explosion de la ville et la déflagration intime, la dérive orwellienne de notre planète et l'hyper-connexion des êtres humains qui évoluent désormais « en distanciation sociale ». On retrouve le style plein d'humour et de rage de vivre de Hyam Yared, ses réflexions sur le sens de nos vies, la sexualité, le couple, la maternité, l'inadaptation au monde délirant dans lequel nous vivons... et l'amour qui triomphera toujours de la fin du monde.
Justine est née une deuxième fois à l'âge de cinq ans, au sortir d'un coma qui l'a laissée amnésique. Dans la poussière et le vacarme du Caire, pour l'aider à reconstituer ses souvenirs, elle ne peut pas compter sur son père, qui préfère lui réciter en français des versets des Evangiles, pleurer des siècles plus tard la chute de l'empire chrétien d'Orient, et qui refuse, que ce soit en français ou en arabe, de prononcer certains mots, parmi lesquels « mère » et « Liban » - leur pays d'origine. Justine devra combler elle-même les blancs du langage paternel, qui sont aussi ceux de son existence. Cette mère dont l'absence prend tant de place, ce pays ravagé autrefois berceau de tant d'espoirs. Ainsi mesurera-t-elle, comme en écho à ses propres aspirations à la liberté, combien d'illusions brisées jalonnent l'histoire du Moyen-Orient.Des rêves d'émancipation aux violences les plus absurdes, de la Grande Syrie laïque d'Antoun Saadé aux ruines de Beyrouth, il lui faudra découvrir ce que les armes et les ceintures d'explosifs auront coûté à sa propre enfance pour espérer trouver un jour sa place dans le chaos du monde. Hyam Yared est l'auteur de L'armoire des ombres (Sabine Wespieser, 2006), Sous la tonnelle (Sabine Wespieser, 2009) et La malédiction (Les Équateurs, 2012).