Hubert Bonin
Hubert Bonin
Chaque grand chantier ferroviaire s'est voulu emblématique de la modernité, une aventure du progrès illustrée par les matériels, les technologies et les financements. La liaison entre Paris et Bordeaux s'inscrit dans cette démarche tout au long de son histoire depuis les années 1840 jusqu'aux débats actuels autour de la nouvelle ligne à grande vitesse (LGV). Les soixante-quinze ans de l'électrification de la ligne (2013) et la perspective de l'ouverture de la LGV entre Tours et Bordeaux en 2017 donnent une actualité à cette liaison étudiée ici collectivement. Des historiens reconstituent dans ce livre les pulsations de la modernité, du xixe siècle à la révolution électrique de l'entre-deux-guerres et à l'apogée de la ligne classique, tandis que le chantier actuel est présenté et discuté par des ingénieurs et un historien de l'économie. Par étapes chronologiques, le livre évalue le rôle des décideurs animés par l'esprit d'entreprise et des conceptions d'aménagement du territoire. Il reconstitue les révolutions techniques à chaque fois nécessaires pour relancer la compétitivité de ce grand réseau.
L'histoire des concessions contribue à la compréhension des débats actuels sur les énergies renouvelables et l'hydroélectricité, mais la concession des barrages intéresse aussi l'histoire de l'économie d'énergie, des entreprises, des techniques et du droit. La France a connu plusieurs grandes aventures hydroélectriques, dans les Alpes, la vallée du Rhône et celle du Rhin. Notre livre porte sur les Pyrénées et le Massif central : des compagnies ferroviaires et la Société hydroélectrique du Midi (SHEM) y ont construit des barrages et des réseaux. Le déploiement technique, économique et juridique des équipements hydroélectriques des Pyrénées et du Massif central est reconstitué sur un siècle grâce aux méthodes de l'histoire d'entreprise. Le rôle des ingénieurs, des techniciens et ouvriers y apparaît central. Les parties prenantes aux projets de développement de la houille blanche (compagnies ferroviaires, élus locaux, industriels, ingénieurs, techniciens et salariés énergéticiens ou cheminots, sociétés de bâtiment-travaux publics) sont également présentées pour chaque période chronologique. Ainsi, ce livre déploie la vie régionale du grand Sud-Ouest à travers la restitution de son patrimoine industriel, tout en interrogeant les bases économiques et juridiques d'un modèle énergétique, incarné par la SHEM et EDF.
L'on connaît Rothschild, Paribas, voire Lazard : le prestige de la Banque est suggéré quand on évoque ces « banques d'affaires », souvent comparées aux « investment banks » et aux « merchant banks » anglo-saxonnes. Il existe pourtant un « challenger » qui perce sur la Place bancaire depuis une douzaine d'années : Indosuez. Ce livre retrace d'abord son histoire. Il évoque la carrière de ses « ancêtres » - la Banque du Suez, l'Union des Mines, la Banque de l'Indochine - en un nouvel exemple de « business history », grâce à l'accès à des archives et à des témoignages. Puis il décrit les « métiers » actuels d'Indosuez, ses combats pour rester compétitive à l'heure des bouleversements financiers. Quelles sont les « vertus » de cette banque jeune qui expliquent sa pugnacité, sa mobilité ? Comment arrive-t-elle à galvaniser ses « golden boys » ? Existe-t-il, chez Indosuez, une « culture d'entreprise » qui permette de comprendre cet « esprit d'entreprise » ? Comment l'Histoire et les défis de l'avenir s'entremêlent-ils pour étayer la réussite d'Indosuez ?
Ce livre présente les mutations structurelles des systèmes bancaires nationaux en pleine crise conjoncturelle. Il relie l'évolution de l'environnement financier et la crise des organisations bancaires. Il suit l'actualité des nombreuses restructurations des groupes bancaires et des mécontentements syndicaux qu'elles entraînent.
La puissance de la France est intimement liée à sa croissance économique. Poussée à la défaite à la fin des années 1930, engluée dans l'Occupation, meurtrie par sa dépendance vis-à-vis de l'aide anglo-saxonne ou par ses guerres de décolonisation, la France n'est-elle pas devenue un « nain politique » parce que son économie s'est affaissée dans les années 1930-1940, puis a peiné à redémarrer et à s'assainir dans les années 1950 ? Cet ouvrage lucide décrit les soubresauts de la Crise et les archaïsmes qui paralysent les décideurs entre 1930 et 1952, ou en 1957-1958. La IVe République a-t-elle échoué à imaginer la renaissance économique comme elle a sombré dans l'impuissance coloniale ou politique ? Malgré les apparences, l'économie française ne s'englue pas dans les malthusianismes. Dès les années 1930, et surtout au tournant des années 1940-1950, un combat s'engage entre les forces de la modernité et les monstres du passéisme. Au sein de l'appareil d'État, parmi les patrons, à la base dans les ateliers et les laboratoires, surgit une insurrection de la croissance qui transforme la Reconstruction en « sortie de crise », puis en expansion : il faut réhabiliter les années de la IVe République. Cet ouvrage est le récit de l'aventure des commandos qui brisent les lignes Maginot derrière lesquels s'abritent les héritiers de Méline. La IVe République est bien la forge du Moderne. Les graines de la croissance sont semées, dont la Ve République moissonne ensuite les pousses.
Étape après étape, Hubert Bonin analyse ici les grands moments de l'histoire des banques et des banquiers en France, depuis l'arrivée des lombards italiens au Moyen Âge, jusqu'à la constitution des puissants groupes internationaux modernes. Tout en offrant un panorama détaillé du fonctionnement des institutions bancaires et des mécanismes financiers, l'auteur s'interroge sur le rôle et l'image du banquier dans la société, à travers l'évolution des mentalités, des comportements et des règles du métier.
Par définition, n'y a-t-il pas quelque chose de faux dans le fait de chercher à agir de manière plus vraie? Et notre époque ne fait rien pour faciliter les choses. Peut-on être vrai dans un monde faux?
Aux XIXe et XXe siècles, la France s'est affirmée comme une grande puissance coloniale (Maghreb, Afrique, Asie, Océanie). Elle a été marquée par une politique d'expansion inscrite dans son histoire politique, économique, culturelle. Cet ouvrage aborde les débats qu'elle a suscités : effets de ces politiques en Métropole et dans les pays colonisés, organisation, contrôle et exploitation de ces territoires, cultures ultramarines, interaction entre colonisateurs et colonisés, montée des mouvements d'indépendance... Ces questions montrent le poids d'un héritage toujours vivant où tabous, mémoires, identitarisme et troubles sociétaux n'en finissent pas de faire (re)vivre cette France colonisatrice. Afin de nourrir ces discussions et d'en apporter un écho, des parties thématiques confrontent les faits, leurs effets matériels, humains et culturels au cours de l'Histoire, et les héritages transmis au temps présent. Une large bibliographie est reliée à chaque chapitre, ce qui facilite son utilisation.