Henriette Levillain
Henriette Levillain
Washington D.C., comme d'habitude Jonathan Cap est en retard. La belle Julia l'attend, en sirotant un lait secoué à la banane... Mais voilà qu'un jeune homme presque charmant, une secrétaire modèle et une sombre histoire de bibliothèque vont lui gâcher sa boisson préférée.
Dirigé aujourd'hui par la raison technicienne, fasciné par le progrès et la performance, l'homme s'est installé dans un monde exactement réglé, mais vide de sens. Sa conscience endormie, ses facultés intérieures ankylosées faute d'usage, n'aurait-il pas oublié d'être ? Se serait-il perdu dans des chemins qui ne mènent nulle part ? Philosophe chrétien, Jean Onimus se propose de lever le voile qui obscurcit nos existences. Il appelle à un sursaut, à une « mutation des consciences ». Puisque nul ne peut vivre sans la lumière de l'espérance, seul le projet d'une vie où prévaudraient les valeurs de « l'intelligence du coeur » permet d'éclairer l'avenir de l'homme.
Le 6 mai 1862, Henry D. Thoreau ferma les yeux, entouré des siens, dans sa ville natale, Concord (Massachusetts), qu'il n'avait presque jamais quittée. Il était âgé de quarante-quatre ans. Depuis sa prime jeunesse, dans les bois et auprès des animaux qu'il chérissait, il s'était préparé à la loi inéluctable de la mort. L'hommage rendu dans Walden ou la vie dans les bois à la vie sobre et à l'écoute des lois de la nature n'était pas alors d'actualité. Or, quelle que soit sa version, intégrale ou abrégée, ce récit compte de nos jours parmi les best-sellers internationaux. Quant à Thoreau, il est considéré, à tort ou à raison, comme le pionnier de l'écologie. En revanche, ses écrits en faveur de l'abolitionnisme secouèrent ses contemporains et inspirèrent plus tard des lecteurs aussi différents que le Mahatma Gandhi, Martin Luther King, Jack Kerouac ou Jim Harrison. Dans La Désobéissance civile, Thoreau encourageait chaque citoyen à refuser de payer ses taxes locales à un État qui ne condamnait pas l'esclavage, ce pour quoi il avait été mis une nuit en prison. Cet essai littéraire révèle les contrastes d'une oeuvre inclassable et la séduisante complexité d'un être énigmatique.
Découvrez la vie fascinante et les contradictions de Henry D. Thoreau, figure majeure de l'écologie et de la désobéissance civile. Cette biographie percutante d'Henriette Levillain révèle l'homme derrière le mythe, entre radicalité et humanité.
Katherine Mansfield est née en 1888 à Wellington, en Nouvelle-Zélande. Elle est morte de la tuberculose en 1923 à Avon, près de Fontainebleau. Elle avait trente-quatre ans. Mansfield, par instinct et par goût, n'a écrit que des nouvelles. Faute de traces de son « campement » sur terre et en raison de nombreux malentendus, Katherine Mansfield, la seule dont Virginia Woolf avouait avoir été jalouse en tant qu'écrivain, est tombée dans la fosse commune de l'oubli. L'écriture fut son unique ligne de force. Dans le Midi de la France, où elle passe ses derniers hivers dans la souffrance et la solitude, elle écrit ses plus beaux textes. Elle cherche le mot juste, la perfection mélodique. Elle s'y épuise. Mais elle découvre enfin l'euphorie. Henriette Levillain retrace avec talent la vie et l'oeuvre de cette femme sensuelle, musicienne, éprise de nature et de liberté.
Katherine Mansfield est née en 1888 à Wellington, en Nouvelle-Zélande. Elle est morte de la tuberculose en 1923 à Avon, près de Fontainebleau. Elle avait trente-quatre ans. Mansfield, par instinct et par goût, n'a écrit que des nouvelles. Faute de traces de son « campement » sur terre et en raison de nombreux malentendus, Katherine Mansfield, la seule dont Virginia Woolf avouait avoir été jalouse en tant qu'écrivain, est tombée dans la fosse commune de l'oubli. L'écriture fut son unique ligne de force. Dans le Midi de la France, où elle passe ses derniers hivers dans la souffrance et la solitude, elle écrit ses plus beaux textes. Elle cherche le mot juste, la perfection mélodique. Elle s'y épuise. Mais elle découvre enfin l'euphorie. Henriette Levillain retrace avec talent la vie et l'oeuvre de cette femme sensuelle, musicienne, éprise de nature et de liberté.
Qui ignore aujourd'hui Virginia Woolf ? La beauté anxieuse de son visage, les tragédies de son enfance, sa mélancolie suicidaire, ses appréhensions sexuelles, sa liaison tumultueuse avec Vita Sackville West et sa défense de la cause des femmes ? Au cinéma comme au théâtre sont exposés avec complaisance ses frustrations d'adolescente et ses combats contre l'autorité masculine, ses crises de dépression et sa noyade dans la rivière Ouse. Les féministes ont fait d'elle une icône, et les psychiatres diagnostiqué sa maladie. Or aucun de ces arrêts sur image ne donne la clef d'une imaginative qui s'est refusée à aggraver le malheur, à laisser le dernier mot à la mort. Dans cet essai aux multiples entrées, Henriette Levillain rend à l'oeuvre romanesque son autonomie au regard des confidences de la femme en souffrance. Les personnages de Virginia Woolf ne sont pas des reflets mais des créatures auxquelles elle donne le pouvoir de relier ce que la vie ne cesse de séparer, les corps comme les consciences. « Beauté », « Féministe », « Marcheuse » ou « Poète », autant de fenêtres ouvertes sur les secrets d'une artiste qui, malgré son drame intime, savait enchanter le quotidien. Henriette Levillain, professeur émérite à Paris-Sorbonne. Auteur de nombreux ouvrages et articles parmi lesquels Saint-John Perse (Fayard, 2013, Grand Prix de la biographie littéraire de l'Académie française), elle a plus récemment publié Yourcenar. Carte d'identité (Fayard, 2016) et codirigé avec Catherine Mayaux le Dictionnaire Saint-John Perse (H. Champion, 2019).
Rendue célèbre en 1951 par Mémoires d'Hadrien (prix Femina), puis par L'Oeuvre au Noir (1968), Marguerite Yourcenar (1903- 1987) a été aussitôt classée, pour le meilleur et le pire, parmi les grands écrivains français classiques : érudite, impersonnelle, maîtrisée jusqu'à l'excès dans le style et les passions, académique avant l'heure de son élection.En réalité, avec le recul du temps et grâce à la connaissance nouvelle de son oeuvre intime - Mémoires, Correspondances - ou de ses récits plus modestes Nouvelles, Essais -, une personnalité tout autre d'écrivain femme se révèle. Avec son ironie et ses attendrissements, son orgueil et son humilité, son pessimisme grandissant et son idéal de bonté, son homosexualité affichée et sa misogynie. Accueillir et identifier ces passions contradictoires en allant de l'oeuvre à la vie et réciproquement, tel est l'enjeu de cet essai.Il faut du temps pour approcher la « vérité » d'un écrivain comme Marguerite Yourcenar. Henriette Levillain, par cette carte d'identité, nous permet néanmoins de s'en approcher. D'aristocrate à écologiste, de frontalière à visionnaire, elle dresse dans un abécédaire biographique le portrait de cet auteur paradoxal. Henriette Levillain, professeur émérite à Paris-Sorbonne. Auteur de nombreux ouvrages et articles parmi lesquels SaInt-John Perse, Fayard, 2013 (Grand Prix de la biographie littéraire de l'Académie française), MémoIres d'Hadrien de MarguerIte Yourcenar (Foliothèque, 1993), Qu'est-ce que Le Baroque ?, Klincksieck, 2003.
Alexis Leger/Saint-John Perse avait voulu couper l'herbe sous les pieds de ses futurs biographes en rédigeant lui-même, en 1972, dans le volume de la Pléiade, sa biographie sous la forme d'une chronologie détaillée. Et il la compléta d'une règle impérative : interdiction de relier Alexis Leger, le diplomate et Saint-John Perse, le poète. Ils étaient étrangers l'un à l'autre. De fait, après son retour de Chine, et malgré le succès international d'Anabase (1924), Alexis Leger semblait avoir renoncé à faire oeuvre de poète et sacrifié son don indiscutable à l'ascension d'une carrière fulgurante. La composition des grandes oeuvres, Exil, Vents et Amers n'aurait été alors que le fruit d'un accident malheureux, une carrière brutalement interrompue par son congédiement en 1940. De là à considérer les poèmes comme la compensation d'une frustration, et le Nobel comme une revanche laborieusement obtenue à force d'intrigues, il n'y eut qu'un pas, franchi par l'un de ses récents biographes. Si en quarante ans, la critique a évolué de la sidération des débuts au récent procès pour faux, dans cette biographie littéraire, Henriette Levillain nous donne les clés pour comprendre plutôt que de juger le mystère du prétendu cloisonnement entre deux noms, deux vies. Les témoignages inédits ou récemment édités, les archives ajoutés à une longue familiarité de l'oeuvre poétique lui ont permis d'approcher les secrètes tensions de Saint-John Perse entre l'appétit de gloire et le besoin essentiel de solitude, entre l'attirance instinctive pour la vie partout où elle se révèle et une angoisse paralysante du vieillissement et de la mort.