Hélène Becquet
Hélène Becquet
Jean Froissart n'est pas seulement l'auteur des «Chroniques» qui sont une des principales sources pour la connaissance du XIVe siècle et de la guerre de Cent Ans. Il a pratiqué presque toutes les formes qu'offrait la littérature de son temps. L'objet de ce livre est donc d'étudier la perception et l'expression du temps dans cette oeuvre si variée. « Copyright Electre »
La Révolution française inaugure une période de profonde instabilité politique au cours de laquelle la France se cherche un nouveau régime pour succéder à une monarchie qualifiée d'absolue. Dans cette recherche d'un gouvernement stable, plusieurs dynastie se sont vu proposer un trône. Après l'échec de la maison de France, les Bonaparte, les Orléans ont chacun tenté une synthèse politique sans davantage parvenir à se maintenir. A chaque abdication, les princes prennent la route de l'exil, un exil à chaque fois regardé comme privisoire, à raison dans un premier temps, à tort sur le long terme. L'histoire de France a ainsi ceci de spécifique que ce n'est pas une dynastie qui a quité le pays, mais bien trois, voire quatre si l'on ajoute la branche espagnole des Bourbons à la fin du siècle. Il y a ainsi pléthore de prétendants à un même trône, ce qui n'est assurément pas pour rien dans la victoire finale de la république en 1789. L'exil n'est synonyme d'échec qu'à posteriori. Jusqu'en 1950, l'Europe reste majoritairement monarchique. Les prétendants représentent une alternative politique soit à la dynastie en place soit à la République. Aussi, leur exil n'est pas oisif : depuis l'étranger, ils ont pour but non seulement leur retour, mais leur rétablissement. De Louis XVIII, premier roi exilé, jusqu'à la levée des lois d'exil de la République en 1950, l'ouvrage réfléchit à ce que représentaient politiquement ces monarques en exil, pour les Français mais aussi pour les autres monarchies européennes, qui ont pu voir en eux une légitimté de rechange.
La vie, la personnalité et les enjeux entourant l'enfant roi esseulé, emprisonné, sans trône et sans pouvoir, dernier espoir de la monarchie. Empoisonné, évadé, ressuscité ? Les hypothèses et les mystères entourant la vie et la mort de Louis XVII ne manquent pas, mais sont pourtant bien éloignés de la vérité. Louis XVII est sans doute l'inconnu le plus illustre de notre histoire tant le mythe a éclipsé la brièveté de sa vie également marquée par le paradoxe et la tragédie. Paradoxe d'un prince devenu Dauphin en 1789, au moment où la monarchie absolue s'effondrait. Tragédie d'un roi sans royaume, d'un orphelin à la fois captif et otage des luttes de pouvoir inhérentes à la Convention. Instrumentalisé, esseulé et malade, il succombe à dix ans à la prison du Temple en juin 1795, ouvrant la voie à des décennies de controverses sur les circonstances de sa mort et son hypothétique survivance. En biographe exemplaire, Hélène Becquet exhume la vérité derrière les légendes, racontant son existence oubliée avant d'ausculter sa surprenante postérité au terme d'une enquête de plusieurs années.
Fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, soeur de "Louis XVII", Marie-Thérèse de France incarne par son histoire la tragédie de la royauté française. Seule survivante de la famille royale après la chute de la monarchie en 1792, l'" orpheline du Temple ", certes meurtrie à jamais, est auréolée d'une légitimité dynastique et politique hors norme pour une princesse française. Libérée en 1795, elle épouse son cousin germain le duc d'Angoulême et deviendra la dernière dauphine de France à l'avènement de Charles X. Entre-temps, son oncle Louis XVIII, monté sur le trône en 1814, a fait d'elle l'icône de la Restauration. Égérie de la légitimité, elle quitte la France à l'issue des Trois Glorieuses pour son second et ultime exil. Tour à tour fille, nièce et belle-fille des trois derniers rois de France, elle aura symbolisé la royauté française à son crépuscule et offert un modèle à beaucoup de ses défenseurs ; Chateaubriand dira d'elle qu'elle est une des grandeurs de la France. Hélène Becquet, ancienne élève de l'École nationale des chartes, est agrégée d'histoire et docteur en histoire de l'université Paris-I-Panthéon- Sorbonne. Chercheur associé à l'École nationale des chartes, elle enseigne à l'IEP Sciences-Po-Paris.