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Guy Chaussinand-nogaret

Guy Chaussinand-nogaret

5 livres
Couverture ebook de Choiseul, de Guy Chaussinand-nogaret
Perrin (réédition numérique FeniXX) | 22 octobre 2015

Maître de la France pendant douze ans (1758-1770), sous le règne de Louis le Bien-Aimé, le duc de Choiseul a été mésestimé et malmené par les historiens. Ce libertin fastueux, trop souvent confondu avec le personnage de théâtre qu'il avait inspiré à Beaumarchais, le comte Almaviva des Noces de Figaro, seigneur abusif et prodigue, a été la victime des préjugés de l'historiographie républicaine, de certains monarchistes nostalgiques... et des Jésuites qu'il avait fait bannir. Le complot qui avait provoqué sa disgrâce en 1770, a survécu jusqu'à nos jours. Guy Chaussinand-Nogaret, grand spécialiste du XVIIIe, s'est attaché, moins à le réhabiliter, qu'à prendre la véritable mesure d'un ministre qui, après avoir sauvé le royaume du désastre où la guerre de Sept Ans le conduisait inéluctablement, tenta de préserver l'avenir d'un régime guetté par la décomposition. [...] Disciple des philosophes, de Montesquieu et de Voltaire, il eut une conscience lucide des contradictions qui opposaient au roi une opinion exigeante, avide de liberté et de considération. Le cocher de l'Europe, comme le surnommait le tsar, noua l'alliance entre la France et l'Autriche contre la Prusse, fit obstacle aux visées de la Russie sur la Pologne, donna à la France la Lorraine et la Corse, restaura la marine, réforma l'armée, prépara - par la modernisation du matériel stratégique - les triomphes napoléoniens, libéralisa l'économie. Il voulut aussi que la France pût désormais participer à la définition des lois. Cette audace lui valut, à la fin, la disgrâce. Les conservateurs le guettaient et rongeaient leur frein avec trop d'impatience, pour qu'il pût résister longtemps aux intérêts coalisés. Choiseul ne put déjouer le dernier complot : il est vrai que les conjurés avaient mis dans leur camp la maîtresse du roi, Mme du Barry. Ainsi, accusé de trahison, Choiseul tomba-t-il sous le coup de la réaction associée à la prostitution. Selon l'auteur, la monarchie ne s'en releva jamais.

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Couverture ebook de Amour et sexualité en Occident, de Philippe Ariès, Jean Bottéro, Guy Chaussinand-nogaret, Alain Corbin, Pierre Darmon, Robert Delort, Georges Duby
Seuil (réédition numérique FeniXX) | 26 février 2019

« Les manières d'aimer ne sont plus ce qu'elles étaient, ni les rapports entre le masculin et le féminin. C'est l'un des aspects les plus troublants d'une modification d'ensemble des relations familiales, une mutation bouleversante, le plus important peut-être de tous les changements qui affectent notre civilisation à la veille du IIIe millénaire... » Georges Duby

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Couverture ebook de Les Lumières au péril du bûcher, de Guy Chaussinand-nogaret
Fayard | 13 octobre 2009

Les Lumières n'ont rien laissé de côté : curiosité universelle, critique sociale, subversion politique, bataille (anti)religieuse... Leurs représentants ont tous soumis les idées dominantes et les institutions régnantes à un examen rigoureux. Tous deux collaborateurs de l'Encyclopédie et presque contemporains (Helvétius, 1715-1771, d'Holbach, 1723-1789), ils représentent des courants très radicaux : athées tous deux ce qui les différencie de beaucoup de leurs amis plus ou moins déistes, matérialistes résolument (mais l'un et l'autre d'une façon un peu différente). Ils sont d'une origine plus prestigieuse que les Diderot et d'Alembert : d'Holbach est un aristocrate allemand qui tient table ouverte à Paris, Helvétius a été fermier général et s'est retiré fortune faite. Bien entendu, ils se connaissent et s'estiment, par leur position sociale, ils démultiplient en quelque sorte les idées subversives. A côté des chefs de file intellectuels et à côté des dames qui tiennent salon, ils alimentent les élites en thèmes de réflexion, les invitant à toujours plus d'audace. Il est éclairant et fécond, pour un historien de la société et historien des idées comme Guy Chaussinand-Nogaret, d'évoquer leur destin et leurs oeuvres sous forme de « vies parallèles ». Un livre neuf et original. Directeur d'études honoraire à l'Ecole des hautes études en sciences sociales, spécialiste éminent du xviiie siècle, Guy Chaussinand- Nogaret est l'auteur de nombreux ouvrages fondamentaux sur cette période. Il a récemment publié Casanova (Fayard, 2006) et D'Alembert, une vie d'intellectuel au siècle des Lumières (2007).

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Couverture ebook de D'Alembert, de Guy Chaussinand-nogaret
Fayard | 27 novembre 2007

Fils naturel d'une nonne libertine, condamné au sort des enfants trouvés, Jean Le Rond dit d'Alembert acquiert très jeune la réputation de plus grand géomètre d'Europe ; esprit facétieux, il enchante les salons par ses saillies burlesques et ses dons d'imitateur. Mais c'est la littérature qui fait de lui la grande figure du siècle des Lumières. Le "Discours préliminaire" de l'Encyclopédie, entreprise dont il asure la direction avec Diderot, lui vaut une gloire comparable à celle de Voltaire et l'amitié des "despotes éclairés", Catherine de Russie, Frédéric le Grand, qui tentent même de l'attirer chez eux. Après avoir investi les salons parisiens et les académies, d'Alembert devint le fédérateur du "parti philosophique", soutint avec ardeur la lutte contre les "dévôts", s'engagea sur tous les fronts et dans toutes les querelles qui opposainet les gens de lettres et souvent leur valaient les foudres de l'autorité. Peu apprécié à la cour, il avait aussi des ennemis dans son propre camp. Ceux-ci  réprouvaient ses idées radicales, ceux-là enviaient la position acquise par ses seuls mérites qui lui donnait le magistère sur le monde des sciences et des lettres, la quasi-totalité de ses pairs lui rendaient justice, mais ceux qu'il avait bléssés lui vouaient une haine féroce, le qualifiaient d'usurpateur et le condamnaient pour son charlatanisme supposé : sa prétendue supériorité en géométrie lui aurait valu son triomphe dans la littérature, alors que sa renommée d'homme de lettres en aurait imposé aux mathématiciens...On lui reprochait aussi son despotisme et son esprit vindicatif. Ce dernier reproche était parfois justifié ; mais si d'Alembert intrigua parfois, ce fut pour la cause, celles des Lumières, et nullement par ambition ou intérêt. Discret sur sa vie intime, il connut une passion publique qui ne s'éteignit qu'avec lui. Le couple d'Alembert-Julie de Lespinasse compte au nombre des idylles qui n'ont pas encore révélé tous leurs secrets. Au-delà des querelles, il reste son oeuvre : inséparable du caractère de l'homme partagé entre ironie et fureur, elle a suscité générosité et passion partisane et reste, à côté de celle de Voltaire, la manifestation la plus éloquente, le procès-verbal le plus explicite de l'exceptionnelle fermentation intellectuelle d'un siècle qui a voulu s'aventurer hors des territoires connus et labourer les terres viergesque son optimisme disputait aux fantismes et au fatalisme. 

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Couverture ebook de Casanova, de Guy Chaussinand-nogaret
Fayard | 31 janvier 2006

Il existe des êtres immodestes et d'une certaine façon monstrueux qui expriment par leur génie toute la sensibilité, toute la volupté, tous les cris et toutes les ambitions du monde. Ceux-là atteignent à la gloire qu'aucune sentence ne peut humilier, que l'oubli ne peut flétrir et qui intimident même les plus sceptiques par le prestige de leur supériorité et surtout parce que les siècles ne parviennent pas à les recouvrir de leurs cendres. Ils ennoblissent les consciences les plus frustes dans lesquelles ils s'insinuent à leur insu et leur ouvrent, avec les troubles et l'émulation qu'ils suscitent, les portes d'un univers où s'accomplit un prodige qui provoque le vertige : l'accès au monde mystérieux et sublime où l'obscurité s'illumine de tous les flambeaux de l'éternité. Quintessence du cosmopolitisme, aventurier, agent secret, escroc à ses heures, bien sûr séducteur et joueur, Casanova (1725-1798) occupe un des barreaux supérieurs de cette échelle des distinctions. Cette place, il la mérite, mais non pour les raisons triviales qui ont fait sa réputation. Ce n'est pas lui rendre justice, c'est même lui faire injure, que de le parangonner comme le modèle de tous les vices et de le réduire à la somme de ses dérèglements. Ses fabuleux Mémoires, l'Histoire de ma vie, ne sont pas seulement une grande odyssée et un témoignage exceptionnel sur l'Europe des Lumières, mais un monument de la littérature universelle. Ils n'épuisent pas son génie, qui accomplit aussi d'autres exploits qu'on ne saurait sans arbitraire négliger ou dédaigner. Ses ultimes paroles - « j'ai vécu en philosophe » - ne traduisent pas une simple revendication formelle d'identité, mais elles correspondent à un engagement, à un contrat avec lui-même et avec son siècle, susceptible de le guider vers les arcanes de la spéculation philosophique comme un Voltaire, un Diderot ou un Condorcet. S'il s'est constitué des titres sérieux à l'admiration des lettrés, Casanova s'est fait aussi l'avocat des causes que le XVIIIe siècle a soutenues, il a contribué au mépris des conventions et à la revendication de liberté. Témoin des Lumières, il en est en même temps l'un des acteurs. Rien de ce qui a préoccupé l'esprit de ses contemporains ne lui a été étranger.

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