Günter Grass
Günter Grass
À la faveur d’une tournée de lectures en RDA en compagnie de sa femme Ute, peu avant la chute du Mur, Günter Grass découvre dans le chœur de la cathédrale de Naumbourg l’un des chefs-d’œuvre de la statuaire gothique allemande : les sculptures des douze fondateurs. Parmi eux, la fascinante margravine Uta, exemple de beauté féminine médiévale déjà célébrée par André Malraux et Umberto Eco, émeut d’emblée le visiteur par sa gracieuse sérénité et son intemporalité. Il rêve de les convier à sa table « sur le papier », elle et les siens – ou à défaut leurs modèles. Une habitude chez lui : dans Une rencontre en Westphalie, le gratin des lettres baroques débattait autour de quelques victuailles des manières de faire la paix. Ce récit, véritable bijou de littérature, est un régal. Initialement conçu comme un chapitre de Pelures d’oignon et exhumé il y a peu, il est accompagné de lithographies qui reflètent, dix ans après sa mort, la double virtuosité littéraire et artistique du grand auteur allemand. Finesse et érudition, verve et gravité, c’est à ce savant mélange que tient le charme irrésistible de ce texte. Né en 1927 à Dantzig, Günter Grass étudie la peinture et la sculpture avant de se tourner vers la littérature. En 1959, Le Tambour, traduit dans le monde entier, lui assure une fulgurante renommée. Suivront une vingtaine de romans, récits et essais. Günter Grass a reçu le prix Nobel de littérature en 1999. Il est décédé en 2015. Traduit de l’allemand par Olivier Mannoni
Quelques mois avant sa mort, José Saramago avait entamé l'écriture d'un nouveau roman ayant pour thème le commerce des armes et la responsabilité individuelle. Ce récit demeuré inachevé raconte le conflit moral d'Artur Paz Semedo, employé d'une usine d'armement qui, intrigué par le sabotage d'une bombe pendant la guerre civile espagnole, décide d'enquêter à l'intérieur même de son entreprise. Sa plongée dans le dédale des archives et les découvertes qu'il y fait le poussent à réfléchir sur la guerre en tant que renoncement éthique majeur de l'humanité, et sur le caractère apparemment inévitable de la violence. Cette édition comprend les notes de travail de l'auteur sur la fin qu'il envisageait de donner à cette histoire, ainsi qu'un texte inédit de Roberto Saviano, écrit pour son ami José Saramago à l'occasion du dixième anniversaire de sa disparition. Un an avant son propre décès, Günter Grass, lui aussi prix Nobel de littérature, s'était joint à cet hommage en offrant quelques-uns de ses dessins consacrés à la violence et la guerre. José Saramago est né en 1922 à Azinhaga, au Portugal. Écrivain majeur du XXe siècle, son oeuvre, qui comprend des romans, des essais, de la poésie et du théâtre, est traduite dans le monde entier. Il a reçu en 1995 le prix Camões, la plus haute distinction des lettres portugaises, et le prix Nobel de littérature en 1998. Il est décédé à Lanzarote en 2010. Traduit du portugais et de l'italien par Geneviève Leibrich.
Vous retrouverez, dès les premières pages du Génie de la Bastille, les héros des derniers chapitres du Lit d'acajou : Ethis, l'enfant trouvé devenu prince du vieux faubourg Saint-Antoine, Bertrand, le poète compagnon du tour de France, et la douce Marie. Vous découvrirez les charmes de l'imprévisible et superbe Louise, de sa fille Élisabeth née le jour où était posée la première pierre de la colonne de Juillet. Ce monument symbolique, la petite fille le verra grandir en même temps qu'elle, jusqu'à ce que, sept ans plus tard, le génie ailé de la Bastille, équilibriste de l'Histoire, vienne veiller dans le ciel sur la patrie des ébénistes. L'aventure séculaire des artistes du bois et de leurs familles se poursuit. À travers leur existence quotidienne, vous vivrez, dans l'amour, les larmes et la gaieté, les secousses du XIXe siècle... Vous partagerez avec les descendants de Boulle, de Riesener et de Jacob, les enthousiasmes et les craintes suscités par la IIIe République naissante et les douleurs de la Grande Guerre. Le royaume du meuble perdra sans doute un peu de son âme au cours de ces événements prodigieux, mais le savoir-faire incomparable des «fines lames», artistes des cours et des passages, perpétuera une suprématie vieille de trois siècles en épousant le lyrisme floral du style de la Belle Époque, l'Art nouveau, puis l'ornementation moderne de l'Art déco.