Gilbert Krebs
Gilbert Krebs
Ce volume se propose de faire le point sur la réalité et l'importance de la résistance au national-socialisme en Allemagne et de répondre à une question toujours controversée: dans quelle mesure l'exil ou l'émigration peuvent-ils être considérés comme une action de résistance ?
Né en 1874, Karl Kraus a été mêlé de loin ou de près, comme acteur, témoin ou juge, à tous les mouvements artistiques, intellectuels ou politiques qui agitèrent Vienne au début de notre siècle. Pendant plus de trente ans, de 1899 à sa mort en 1936, il fit paraître sa revue Die Fackel, qu'il finit par rédiger tout seul et dans laquelle il a publié la majeure partie de son oeuvre. Pessimiste et lucide il combattit les travers de son temps et ses armes préférées furent la citation et la glose. Les spécialistes français, autrichiens, allemands, américains et hongrois dont les contributions sont réunies ici ont étudié tour à tour les rapports ambigus et apparemment changeants de Kraus avec la politique et les partis, ses prises de positions sur le sionisme, le nationalisme, la guerre et la paix, son attitude à l'égard de quelques grandes questions de son temps comme le féminisme, l'éducation, la théorie des masses ou le déclin de l'Occident, et ils ont analysé la stratégie et les armes du satiriste.
Dix années c'est peu au regard de l'histoire, mais c'est, dans le cas de l'Allemagne au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, l'intervalle qui sépare le chaos de l'ordre retrouvé, la misère de la prospérité. Dans quelles conditions et à quel prix ce rétablissement a-t-il été possible?
Treize études analysant les causes, les circonstances et les conséquences de la fondation de l'Empire allemand en 1871, ainsi que les répercussions du processus d'unification allemande en France.
Ce livre montre comment des initiatives personnelles ou collectives venues de la société civile et impliquant notamment les milieux universitaires, littéraires et artistiques ont su, au lendemain de la Première Guerre mondiale, amorcer en marge de la diplomatie officielle un rapprochement entre la France et l'Allemagne et traduire dans la réalité sociale et culturelle "l'esprit de Locarno".
L'ambition de ce volume, qui rassemble des études sur des écrivains de la deuxième moitié du XXe siècle (Italo Calvino, Antonio Tabucchi) et du début du XXIe siècle (Bruno Arpaia, Rafael Chirbes, Julio Llamazares, Walter Siti, Gonçalo M. Tavares, Giorgio Vasta), est d'interroger le retour du refoulé historique dans la littérature contemporaine de l'Italie, de l'Espagne et du Portugal à partir du concept de spectralité forgé par Jacques Derrida. De nombreuses oeuvres littéraires semblent recourir au spectre pour figurer un nouveau régime d'historicité mais aussi un temps présent désarticulé et hétérogène et perçu comme de plus en plus en manque de réel.En effet, « revenant » du passé ou projection paradoxale du présent, le spectre marque un point irrésolu de l'histoire tout en révélant les enjeux fondamentaux de notre temps.
Ce volume analyse la renaissance de la vie politique et sociale en Allemagne de l'Ouest au lendemain de la guerre et de la défaite. Les conditions de la reconstruction sont analysées dans deux contributions sur les problèmes démographiques et économiques. Les études sur le Tribunal constitutionnel, sur la renaissance du SPD au lendemain de la guerre et sur la " politique à l'Est " éclairent certains facteurs et agents de la nouvelle vie politique.
Aucun doute : la catégorie du « genre/Gender » a bien fait son entrée dans l'institution universitaire française. Mieux encore, cette catégorie d'analyse « voyageuse » se reconfigure sans cesse au gré des transferts transatlantiques et des appropriations disciplinaires qu'elle connaît. Le présent volume aborde différentes formes de narration contemporaine, de la fiction ou au film à l'entretien clinique ou au récit de vie. Il est né de la volonté de croiser, autour du problème de la narration genrée, cette réalité française « décalée » avec des perspectives développées plus tôt dans la recherche germanophone sur le genre. Les études sur la narration ouvrent un large champ d'exploration et d'expérimentation des identités. Dans le sillage du Performative Turn, il devient possible de penser le genre comme l'un des éléments constitutifs de l'acte narratif. Le genre est le résultat d'un dire qui est, dans le même temps, un faire. Dire « je suis femme/homme », c'est en partie se constituer en tant que tel-le. La narration de l'identité de genre apparaît alors comme une éternelle refiguration, c'est-à-dire une manière signifiante pour soi d'arranger et d'agencer son récit de soi pour les autres. Dès lors, la narration de soi fonctionne comme un espace performatif de représentation construit par le sujet et au sein duquel il se définit in medias res, dans une constante évolution.
« Le plus bel enfant du traité de l'Élysée » dit-on parfois de l'Office franco-allemand pour la Jeunesse. Fondé le 5 juillet 1963, l'Office s'adresse à la jeunesse au moment même où cette nouvelle génération - les enfants du baby boom - était particulièrement réceptive au rapprochement bilatéral. En la gagnant à la cause de la réconciliation, l'OFAJ pouvait agir profondément sur les mentalités. Cette institution binationale, acteur fondamental des relations socioculturelles, présente une évolution fascinante
Au cours des années 1980, la notion de Mitteleuropa, d'une Europe centrale qui n'appartiendrait ni à l'Ouest ni à l'Est, a connu un regain de faveur en Allemagne et en Autriche, mais aussi dans les pays d'Europe centrale se trouvant dans la sphère d'influence soviétique.Quelles sont les possibilités pour voir réémerger ce « continent englouti » qui ne semble plus exister que dans l'imaginaire et la tradition littéraire ? Que signifie la renaissance de ce mythe ? Faut-il s'en réjouir ou s'en inquiéter dans la perspective de l'unification européenne ? Ce sont quelques-unes des questions auxquelles ont tenté de répondre les spécialistes français, allemands autrichiens, polonais etc. réunis à Paris en juin 1987. Les événements de 1989, qu'aucun d'eux n'avait évidemment pu prévoir, ont donné un éclairage nouveau à leurs propos, mais n'ont rien enlevé à leur pertinence.
Les deux premiers chapitres de ce volume analysent plusieurs cas exemplaires des efforts déployés en France et en Allemagne pendant les années 20 et 30 pour parvenir à une meilleure connaissance réciproque et écarter le spectre d'un nouvel affrontement sanglant : les récits de voyageurs français visitant Berlin, l'action de médiation d'Otto Grautoff, les réactions de la presse française à l'occasion de l'Anschluß, les relations entre syndicats français et allemands, le combat inlassable de Hermann Hesse en faveur de la paix et les mouvements pacifistes en Allemagne et en France. Au lendemain de la guerre de 1939-1945 avec son cortège d'horreurs, le dialogue franco-allemand a repris très tôt. Ces années difficiles sont évoquées à propos du problème des prisonniers de guerre allemands en France et de la politique d'occupation française en Allemagne. "Vers quel avenir commun ? " est le titre du chapitre suivant, qui expose le rôle moteur de la France et de l'Allemagne dans la construction de l'Europe, les perspectives de la coopération en matière de sécurité et analyse certains aspects du discours politique français sur l'Allemagne. Les deux dernières études sont consacrées à Joseph Rovan, à sa vie et à son oeuvre, indissociablement liées à l'histoire des relations franco-allemandes en notre siècle
La première République allemande eut une existence brève et tumultueuse avant de céder la place en 1933 au Reich hitlérien après une lente agonie. Quelles sont les raisons de l'échec de cette première expérience de démocratie en Allemagne ? Cet ouvrage réunit les contributions d'historiens, de juristes et de germanistes français et allemands et se propose d'apporter quelques éléments de réponse à ces questions en analysant les causes et les circonstances de la catastrophe finale ainsi que les conditions de la mise en place de la dictature national-socialiste. Les réflexions sur la vie et la mort d'une démocratie intéresseront tous ceux qui estiment que les leçons du passé peuvent éclairer le présent.
Avant de se terminer dans l'horreur, le régime national-socialiste a entrepris de remodeler l'Allemagne selon ses vues. Les études réunies ici analysent les conditions, les circonstances, les méthodes et les conséquences de ces bouleversements