Gérard Raulet
Gérard Raulet
À l’ère du capitalisme triomphant et de la technique omniprésente, Herbert Marcuse de Gérard Raulet rappelle l’urgence d’une pensée critique. Ce livre éclaire la quête d’une troisième voie entre marxisme et libéralisme, plus actuelle que jamais.
La relecture des textes fondateurs de la citoyenneté conduit à s'interroger sur la validité du modèle français de l'intégration, qui entend être dans un État particulier le symbole de la citoyenneté universelle. L'ouvrage s'ouvre par les débats sur la formation du consensus à l'époque de l'Aufklärung, il se conclut par une réflexion critique sur la possibilité d'une institution juridique concrétisant une opinion publique politique à l'échelle mondiale. En utilisant comme boussole la philosophie des Lumières, il s'agit de saisir la chance que nous donne l'éclatement apparemment chaotique du consensus pour réapprendre le débat public et la démocratie, et repenser la philosophie de l'histoire.
Selon une thèse largement répandue, Schiller serait l'héritier et le continuateur de Kant, et les Lettres sur l'éducation esthétique de l'homme représenteraient le témoignage de son adhésion créative au kantisme par la conception d'une relation nouvelle entre la théorie et la pratique. L'ouvrage prend le contrepied de ce lieu commun. Il s'efforce de renouveler l'interprétation du texte de Schiller et montre en particulier l'influence de la philosophie populaire précritique, et notamment de sa composante anthropologique. La conjonction de ce registre avec une lecture singulière de l'esthétique kantienne se révèle caractéristique d'une forme de pensée qu'on peut qualifier de réformisme conservateur et dans laquelle on doit voir la matrice du libéralisme politique qui naît au début du XIXe siècle. Par sa lecture philologique serrée, ce livre s'adresse tout autant aux spécialistes de la pensée kantienne et post-kantienne qu'aux étudiants recherchant une introduction aux Lettres de Schiller.
A partir des textes de Kant sur la philosophie de l'histoire, en particulier le traité $$Pour la paix perpétuelle$$, qui s'efforcent de maîtriser les conséquences de l'effondrement de l'Ancien Régime et de la conception prémoderne de l'appartenance nation
De l'Allemagne d'avant 1945 nul n'ignore qu'elle fut la « patrie des poètes et des penseurs », parallèlement à un destin national singulier qui avait fini par faire de ce pays une manière d'objet philosophique en soi. Mais l'Allemagne, ou plutôt les Allemagnes, d'après 1945 ? Là où la France, cultivant un rapport mythologisé à elle-même et à sa continuité, s'est autorisé bien des cécités, tout porte à penser que la coupure subie par l'histoire allemande a favorisé une confrontation plus rude, plus réaliste et plus exigeante au passé comme à la contemporanéité. Un gigantesque chantier pour une épistémè en restructuration radicale : c'est ainsi qu'apparaît à Gérard Raulet le demi-siècle écoulé. De sa restauration dans les premières décennies de la RFA et dans la RDA jusqu'aux débats actuels sur le libéralisme et le communautarisme, la philosophie allemande a remis en question sa conception de la Bildung et d'une culture atemporelle. Le présent livre ne se résume pas à une série de monographies sur des systèmes de pensée. Il inscrit ces derniers dans le mouvement général des idées et dans les problématiques à la fois intellectuelles et politiques dont ils sont indissociables. Gérard RAULET, professeur à l'Université Paris-Sorbonne, a publié en France, en Allemagne et aux États-Unis de nombreux ouvrages de philosophie politique. Il intervient dans ce livre à la fois comme historien de la philosophie et comme participant engagé dans le dialogue avec la philosophie allemande contemporaine.