Gérard Beaur
Gérard Beaur
Ce livre a pour objectif de soumettre à l'expertise des historiens la question qui agite autant le monde savant que les politiques, les citoyens et les médias : comment un État ou un groupe d'États peut-il entrer dans une crise de la dette publique et comment peut-il s'en sortir ? Il semble bien en effet que les historiens disposent d'un vaste champ expérimental, susceptible d'autoriser les comparaisons dans le temps et dans l'espace. Au-delà des variations fortes du contexte dans lequel leurs observations s'insèrent, leurs constats peuvent ainsi entrer en résonance avec les théories ou les faits énoncés ou révélés par les économistes et les sociologues, ouvrant ainsi la voie à un véritable dialogue interdisciplinaire. Les exemples ne manquent pas, ils foisonnent, de moments critiques où les États se sont trouvés dans une situation de surendettement qu'ils ne parvenaient plus à surmonter. Ce livre entend rendre compte de ces épisodes sans doute improprement appelés « crises ». Il s'agit, en effet, d'interroger les auteurs sur un faisceau d'expériences historiques depuis le XVIIIe siècle jusqu'à nos jours, et de leur demander d'analyser à la fois les évolutions qui ont conduit à une montée de la dette publique et les remèdes qui ont pu être appliqués pour tenter de la juguler. De l'Amérique latine à la Russie, le spectre géographique de cette publication a une large portée internationale, l'ouvrage ne délivre certes pas de recettes mais apporte un nouvel éclairage sur des processus qui peuvent faire déraper la dette publique et sur les méthodes employées pour la réduire, l'endiguer, voire l'annuler.
La question des rapports du monde paysan aux pouvoirs qui structurent la société sont d'une actualité brûlante, tout comme ses rapports à l'argent (prix, revenus, prélèvements...). Dans les sociétés anciennes, elles étaient soutenues par deux hypothèses complémentaires : une immobilité absolue au cours des siècles ; un bouleversement radical issu de la Révolution française. Est-ce ainsi que les choses se sont réellement passées ? Ce livre couvre un arc chronologique allant de 1614, dernière réunion des états généraux avant 1789, à la chute de l'Empire en 1815. Il se propose à la fois de revenir sur l'idée de relations immuables entre la paysannerie, les pouvoirs et l'argent, et de montrer que les changements qui furent réalisés étaient bien en germe avant la Révolution. Gérard Béaur, directeur d'études à l'EHESS et directeur de recherches au CNRS, est un spécialiste de l'histoire des campagnes . Il a reçu la médaille d'or de l'Académie d'agriculture de France pour son importante action en faveur de la recherche historique sur les sociétés rurales. Il est entre autres l'auteur d'Histoire agraire de la France au XVIIIe siècle. Inerties et changements dans les campagnes françaises à la fin de l'époque moderne (jusqu'en 1815), Paris, SEDES, 2000.