Georges Greciano
Georges Greciano
En 1928-1929, Jean Cocteau, que son addiction à l'opium conduit à un internement dans une clinique parisienne, répond à la demande d'un jeune prince roumain qui voudrait devenir écrivain. Il lui adresse une série de dix-neuf lettres, parfois ornées de dessins. Une amitié épistolaire de plus d'une année s'ensuit, interrompue dans la douleur. D'abord diplomate et spécialiste d'Europe centrale, puis assistant parlementaire, Georges Greciano (1906-1976) dut attendre la mort de Cocteau pour, au cours de l'hiver 1964, s'ouvrir sur cet épisode qui avait marqué sa jeunesse : il en fit l'objet d'un récit enrichi des précieuses lettres échangées, qu'il intitula Cocteau, l'opium aux trousses. Il s'éteignit cependant en 1976 sans avoir confié son document à un éditeur. Il fallut presque un demi-siècle, et les efforts de son fils Rodolphe, pour que cette correspondance soit enfin publiée. Augmenté de ces lettres inédites, le récit de Georges Greciano offre un document rare sur l'intimité du poète, et, plus largement, donne à voir tout un pan de l'histoire culturelle européenne au xxe siècle.
Georges Gréciano est un conteur attachant, un fin psychologue et un littérateur plein de charme. Ses dons de persuasion ont, d'autre part, permis à ce Résistant de la première heure, courageux auteur de Judéa et d'Europe terre instable, de gagner - en moins de dix ans, au cours de ses tournées de conférences - l'amitié des milieux les moins convaincus de l'utilité d'une étroite coopération franco-allemande. Pour avoir activement contribué à réaliser celle-ci, il fut récemment décoré par le Dr Lübke, Président de la République fédérale. Georges Gréciano nous apporte - dans L'appel du Rhin - une documentation précieuse sur l'Allemagne aux cent visages. Cet ouvrage ne captivera pas seulement les spécialistes des problèmes internationaux, mais toutes les personnes désireuses de connaître le jeu des transformations, qui se sont opérées progressivement dans le camp de nos envahisseurs d'hier. Georges Gréciano appartient, certes, à une fort ancienne famille de législateurs, de diplomates et d'écrivains. Il fut élève des Jésuites et disciple de lettrés chinois - Lou-Tsing-Tsiang et Ling-Hung-Shing - mais, dans L'appel du Rhin, il ne fait figure que de chroniqueur fidèle et sincère. Le public lui en saura gré.