Françoise Barret-Ducrocq
Françoise Barret-Ducrocq
Voici un livre qui bouleverse bien des idées reçues, et éclaire de façon nouvelle les moeurs victoriennes. L'auteur a pu reconstituer la vie sexuelle du peuple anglais du siècle dernier, grâce aux archives (maintenant inaccessibles) de l'hôpital londonien des Enfants-Trouvés. Elle nous livre les aveux des femmes du peuple sur l'amour, le sexe, le plaisir. On découvre, ainsi, comment se courtisaient, s'aimaient, se séparaient les Anglaises et les Anglais des classes populaires. Ces confessions résonnent fort différemment des dénonciations horrifiées des réformateurs des moeurs sexuelles populaires.
Une sainte violence donne à l'histoire de la pauvreté et de l'assistance en Europe, une dimension jusque-là ignorée. Aux critiques de l'aide humanitaire contemporaine, cette étude apprendra ce qu'a pu être une réelle entreprise de moralisation des pauvres. L'ampleur, l'ingéniosité et la violence des dispositifs, mis en place par la société civile et l'État dans la lutte contre l'indigence, la crasse des taudis et l'immoralité, sont à la mesure des craintes que suscitent les multitudes londoniennes. Pour les Victoriens, assister les pauvres, c'est les rendre plus moraux : le concubinage, l'inceste, les mariages précoces, la prostitution, voilà les responsables de la grande misère du peuple. À partir de sources inédites - les rapports des sociétés charitables - l'auteur s'interroge sur ce diagnostic et sur les fonctions de l'action philanthropique.