Francois Zimeray
Francois Zimeray
"La certitude morale est la pire adversaire des droits de l'Homme. Elle se vit comme un absolu et ne voit jamais sa propre violence." Que reste-t-il aujourd'hui de la présomption d'innocence et des grands principes énoncés par les droits de l'Homme, arrachés au prix de tant de luttes admirables depuis le cri du premier innocent condamné ? Serions-nous en train d'interrompre cette longue chaîne de protestations contre l'arbitraire ? Car il n'y a plus d'évidence à ce que l'affirmation de ces droits, comme principe intangible et universel, accompagne le progrès humain, garanti par des textes et des institutions. Qu'avons-nous fait de cet héritage ? La brutalisation du débat public, le mépris des faits établis, le moralisme de l'opinion brouillent ce qui distingue la justice de la vengeance, mettant la société à portée de main de nouvelles tyrannies. Enraciné dans l'expérience diplomatique et juridique de son auteur, ce plaidoyer fait entendre une voix lucide mais qui ne renonce à rien. À rien de ce qui constitue la plus haute aspiration de l'homme, ' l'avènement d'un monde où chacun sera libre de parler et de croire, libéré de la terreur et de la misère '.
Irak, Syrie, Libye, Tchétchénie, Rwanda : François Zimeray a été en mission au coeur des conflits les plus durs de ces dernières décennies. Témoin de la barbarie humaine, présent lors de l'attentat au centre culturel de Copenhague, il livre ici un texte touchant et profond sur la guerre et les droits de l'homme.Peut-on encore croire à l'existence de droits universels ? Ambassadeur de France au Danemark, François Zimeray a failli perdre la vie lors de l'attaque terroriste de Copenhague lorsqu'il prit part à un débat sur la liberté d'expression, peu après l'attentat contre Charlie Hebdo. Cette barbarie il la connaissait déjà. Ambassadeur chargé des droits de l'Homme, il avait arpenté, sous toutes les latitudes, la topographie du malheur. Pendant plus de cinq ans, sur le terrain comme dans les enceintes internationales, il a agi, parlé, mais surtout, écouté au nom de la France. De cet itinéraire atypique, de ses rencontres hors du commun, subsiste le souvenir d'un même visage, celui d'une humanité criant partout la même protestation, parce qu'il n'y a pas deux façons différentes de souffrir de la violence selon sa culture ou sa religion. L'universel, en chair et en os, et les droits de l'Homme comme discipline. Donnant à réfléchir sans prescrire, il livre ici un texte sincère et profond sur les dilemmes de la responsabilité, et révèle un aspect insoupçonné de l'action diplomatique.