Francois Lescun
Francois Lescun
Trente-six variations poétiques inspirées d’Apollinaire : Sanguines explore les méandres de l’amour, la mélancolie des villes et la quête de sens à travers une écriture lyrique et introspective.
« Comme c'est inhumain tout cela ! Il n'y a pas sur terre de bêtes autant maltraitées que nous. » Marcel Callo. Cette photo des registres de Mauthausen indique la date officielle de sa mort : 19 mars 1945, et son numéro de détenu : 108 548. Fr = Français. Sch = abréviation de Schutzhäftling, qui peut signifier : détenu pour sa propre sécurité, ou détenu pour la sécurité de l'État. Né le 6-12-21. Buchdr : abréviation de Buchdrucker = typographe. G = décédé le 19-3-45. Une autre photo des registres du camp nous donne ces informations sur Marcel Callo : il mourut à 2 h 55 du matin, par suite de faiblesse circulatoire et de catharre aiguë des intestins, à l'infirmerie du camp. Sur les listes alphabétiques des morts de Mauthausen, il n'est pas inscrit sous le nom de Callo, mais de Gallo.
Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.
« Préludes » (1961-1965). Le jeu était - dans les marges d'un très long poème présentement impubliable - de susciter un espace poétique aussi ample que possible, de donner l'illusion de la grande forme, cette fois en quelques vers : quatrains d'hexamètres ou pentamètres iambo anapestiques (1 et 4), quintils de vers de quatorze pieds (2 et 5), sixains d'alexandrins (3 et 6). Propositions de poésie, qui chacune ont besoin, sans doute, d'irradier dans le blanc, de se dissoudre dans le silence de votre lecture, de trouver la résonance de votre espace imaginaire personnel. Chacun de ces brefs poèmes se réfère, par affinité de climat sonore et affectif, à l'un des vingt-quatre tons majeurs et mineurs - en souvenir des Préludes de Bach, Chopin, et, par le nombre du moins, Debussy, Rachmaninov, Chostakovitch, Ohana. Et ils sont structurés en Suites ou Ordres, selon leur mode d'écriture et leur temps de composition - hommage à Couperin. Toutefois, seul le dialogue du Troisième Ordre présente une continuité de sens. Diverses possibilités de lecture : par Ordre (c'est-à-dire par tons voisins), ou selon l'échelle chromatique, ou en liant chaque fois les six poèmes de même tonalité, ou le simple hasard. Si j'ai réussi, chacune de ces associations devrait éveiller entre les poèmes des échos nouveaux, composer de nouvelles figures. Ce ne sont que préludes : à vous, maintenant, de jouer. F.L.