François Heisbourg
François Heisbourg
C'est à un mystère que s'attelle ici François Heisbourg, relatant le parcours de l'étrange baron Franz von Hoiningen. Cet officier allemand qui traverse deux guerres mondiales, s'engage spontanément dans le parti nazi, puis sauve des centaines de Juifs et de résistants - dont le père de l'auteur -, qui s'évade d'Allemagne avec la Gestapo aux trousses après avoir été « mouillé » dans le complot contre Hitler, finit son odyssée dans les bras de sa femme au Luxembourg et disparaît de tous les écrans radar. Au point que ce récit aurait pu s'appeler « L'homme sans visage », tant il a été difficile de trouver une trace photographique de lui. Qui était-il ? Comment passe-t-on à un moment donné du mal au bien ? Quelle est l'alchimie de cette « banalité du bien » ?
Ce livre est écrit par un homme en colère. Colère naturellement à l'encontre des auteurs d'actes de terrorisme et envers ceux qui les soutiennent. Mais colère aussi devant les insuffisances, les défaillances, les manquements qui empêchent la lutte contre le terrorisme et ses conséquences d'avoir l'efficacité que le citoyen est en droit d'attendre. C'est de cela qu'il sera question dans ce livre que j'espérais ne jamais avoir à écrire. Car il est possible de perdre ce que les pouvoirs publics appellent la « guerre contre le terrorisme » : en suivant les « dix commandements » analysés ici, cette contre-performance est réalisable. Est-il encore temps de changer de stratégie ?
Nous savons tous, en gros, que le monde actuel, avec ses dé s, ses crises endémiques et ses acteurs en quête de puissance ou de revanche, est né de l e ondrement de l 'URSS et du triomphe en trompe-l oeil des États-Unis. Mais nous ignorons les histoires, petites ou grandes, qui ont accompagné ou précédé les décisions les plus spectaculaires. Nous ne connaissons pas le « dessous des cartes ». À travers des exemples puisés dans sa propre expérience de conseiller au plus haut niveau, François Heisbourg révèle quelques-uns de ces secrets : certains sont piquants, d autres dénotent beaucoup d aveuglement de la part des décideurs, et on apprend aussi que la paix du monde a tenu parfois à bien peu de chose, au courage d un marin soviétique, par exemple.
L'économie européenne va mal et les peuples de notre continent sont à la peine. Cependant, avec l'apaisement des crises successives de l'euro à partir de l'été 2012, on pourrait penser que la phase la plus aiguë des difficultés est derrière nous et que moyennant un assouplissement de la politique d'austérité après les élections allemandes, l'horizon commencerait à s'éclaircir. Les élections indécises en Italie et la secousse chypriote seraient ainsi des queues de comète, avant un retour progressif à la croissance. Hélas, cette vision est fausse. Faute d'un soubassement politique solide et d'institutions robustes, l'euro continue d'aggraver les déséquilibres entre États du Nord et du Sud, compromettant à terme sa propre survie. Les conditions même de son sauvetage accentuent les divergences entre les États membres de l'Union, nourrissent les populismes et le repli sur soi, et renforcent le rejet d'un rêve européen qui vire au cauchemar. La sécurité, la prospérité, les valeurs démocratiques dont était porteuse la construction européenne des pères fondateurs de l'immédiat après-guerre sont compromises, mettant en cause la raison d'être de l'Union européenne. Pourtant, la fin de l'Union européenne serait une catastrophe qui doit être évitée, faute d'alternatives acceptables. Mais pour ce faire, il va falloir reculer pour mieux sauter : en profitant de l'actuelle accalmie, le temps n'est-il pas venu de mettre entre parenthèses l'aventure malheureuse qu'a été le lancement prématuré de l'euro ? Partant de là, ne pourrait-on relancer à partir d'une structure démocratique saine le débat sur l'intégration politique et économique de l'Union européenne, processus au terme duquel la monnaie unique serait rétablie sur des bases durables ?
Dans cet essai novateur, François Heisbourg montre comment la crise économique façonne les nouveaux rapports de forces internationaux. L'accélération de la montée en puissance d'une Chine qui découvre les joies empoisonnées de l'arrogance, le déclassement stratégique et économique d'une Europe incohérente et d'un Japon cacochyme, la mise en cause du rôle et du positionnement politique des États-Unis dans le monde sont les principaux aspects de ce bouleversement.En outre, François Heisbourg appelle l'attention sur la gravité particulière d'une crise dont la sévérité et la durée tiennent au carambolage entre le temps court et infiniment coûteux de la récession de 2008-2009 et le temps long des défis planétaires qui s'occuperont de nous si nous ne nous occupons pas d'eux.
Le succès d'Al-Qaida a été celui d'une puissance terroriste déterritorialisée, constituée d'acteurs hyper-puissants, inondés d'argent. Mais cette stratégie comporte des limites, et sans doute ces limites sont-elles aujourd'hui en passe d'être atteintes.Cependant, il n'est pas raisonnable d'espérer la fin du terrorisme. La naissance d'un terrorisme de destruction massive est une conséquence directe de la prise de pouvoir des acteurs non-étatiques, eux-mêmes surgis du processus de globalisation. Les instruments de destruction vont continuer d'être de plus en plus disponibles, techniquement et financièrement. Pour dessiner le visage du terrorisme futur, il ne faut pas seulement s'intéresser aux groupes de terroristes djihadistes, par ailleurs mal organisés. L'avenir du défi terroriste ressemble peut-être aux « exploits » de la secte japonaise Aum des années 1990 ou à l'attaque à l'anthrax à l'automne 2001 aux États-Unis. Une stratégie antiterroriste efficace devra être fondée sur la double hypothèse d'un niveau accru de destruction potentielle et d'un mode d'action plus diversifié, davantage dispersé, avec des acteurs équipés d'armes chimiques, biologiques ou radiologiques.
L'Iran va-t-il ou non gagner la partie de bras de fer avec l'Occident en se dotant de l'arme nucléaire ?La question est de première importance, non seulement en raison des déclarations du président Ahmaninejad et de l'idée d'une croisade anti-occidentale, mais aussi parce que ce serait l'avènement d'un monde nouveau où la possession de l'arme atomique serait la règle et non plus l'exception.Le livre comportera d'abord un état des lieux : o l'origine et motivations de la décision iranienne ; o l'état actuel du programme balistique et atomique iranien ; o le poids des acteurs extérieurs et leurs intérêts (États-Unis, Israël, Chine Russie, Inde, Europe) ; o la situation intérieure de l'Iran et luttes pour le pouvoir ; o le contexte stratégique régional, voisins arabes de l'Iran. Puis il examinera les scénarios possibles : coopération, coercition ou confrontation, et si confrontation, de quelle nature ? Avec quelles conséquences prévisibles ou possibles ?