François Gipouloux
François Gipouloux
Englobant plus de cinq siècles d'histoire, le Dictionnaire de la Chine impériale tardive déroule un panorama transdisciplinaire unique des deux dernières dynasties, Ming (1368-1644) et Qing (1644-1911). Cet empire multi-ethnique s'y donne à voir sous toutes ses facettes, de son apogée à son effondrement. Croisant histoires politique, économique, sociale, religieuse, culturelle et militaire, le Dictionnaire couvre une large série de sujets, allant de la famille, de la condition féminine, du clan et des croyances religieuses aux relations internationales, à l'art militaire en passant par l'économie, le droit et les idées politiques, sans oublier la littérature et les beaux-arts.Cette synthèse fait une large place aux tendances les plus récentesdes historiographies chinoise, japonaise, états-unienne et européenne,montrant que la Chine entre dans la mondialisation dès le xvie siècle(ouverture et échanges avec l'étranger), ou que la divergence avec l'Europe ne concerne pas seulement le domaine de l'économique, mais aussi celui du politique, du juridique, des rapports entre le pouvoir et la religion, et de la société. La vitalité des cultures locales, la pluralité ethnique, et la spécificité des relations entre centre et périphérie déterminent la configuration particulière d'un empire à la fois unifié et décentralisé, travaillé par des transitions complexes, faites d'adaptations inachevées et de mutations en profondeur.Rédigées par près de 160 spécialistes français et étrangers, les 450 notices de ce dictionnaire nous plongent dans l'histoire longue de la Chine impériale tardive et éclairent aussi des thématiques souvent négligées. Cet ouvrage révèle enfin des éléments de continuité avec la Chine d'aujourd'hui, dans des domaines aussi divers que la conception du pouvoir ou la finalité de l'économie.
Le dynamisme de l'économie chinoise depuis la fin des années 1970 et sa position centrale dans les échanges mondiaux invitent à revisiter une période cruciale, celle de la fin de l'époque impériale (XVIe-XIXe siècle). Au cours de ces trois siècles, la Chine, dont l'économie est pourtant très avancée et florissante, voit se creuser l'écart avec les pays de l'Europe du Nord. Pourquoi ? De multiples explications ont été données de cette longue divergence. Peu de place a pourtant été accordée aux véritables acteurs et aux modalités concrètes de fonctionnement des marchés. C'est cette carence que ce livre entend combler, en donnant la parole aux textes, et en suivant le parcours de trois personnages centraux : le bailleur de fonds, l'intermédiaire, et l'entrepreneur commercial. Réinterroger l'origine de la puissance chinoise, c'est aussi en discerner les lignes de fractures, les points de rupture, les faiblesses. Si la période impériale tardive voit la multiplication de riches marchands, l'entrepreneur capitaliste est absent du paysage. Le capital, fragmenté, n'est pas aisément mobilisable : il est périodiquement détruit ou thésaurisé. À contre-courant de bien des idées reçues sur la prospérité chinoise, cet ouvrage esquisse un audacieux parallèle entre la Chine d'hier et celle d'aujourd'hui. On comprend ainsi que la richesse vient souvent des connivences avec le pouvoir politique, et non pas d'institutions facilitant l'alchimie secrète qui transforme l'épargne en capital.
La Chine n'a pas fini de surprendre. Elle a plus changé au cours de vingt années de réforme qu'en trois décennies de socialisme orthodoxe, et depuis son accession à l'Organisation mondiale du commerce (OMC) en 2001, le mouvement s'est emballé : les Chinois travaillent, échangent avec le reste du monde, et s'enrichissent. Face à leur entrée fracassante au premier rang du jeu économique mondial, le monde développé hésite entre crainte et contentement, scepticisme et fantasmes. Bien des inconnues restent à lever, mais une approche raisonnée est déjà possible. Ce livre la propose. Nourri de discussions approfondies avec chercheurs et acteurs économiques chinois, il offre un riche bilan d'étape et saisit les points forts comme les lignes de fractures. Tourné vers l'avenir, il affronte les questions essentielles : l'impressionnante croissance de Chine, amplifiée par sa démographie, la hissera-t-elle au premier rang mondial sous deux, trois ou quatre décennies ? La coexistence d'une économie en pleine effervescence et d'un système politique particulièrement rigide est-elle viable à long terme ? La Chine reparcourt-elle le chemin des petits dragons d'Asie au moment de leur décollage (1967-1982), celui du Japon de la haute croissance (1953-1973, ou bien n'est-il de comparaison possible qu'avec les bouleversements apportés par les États-Unis au début du XXe siècle ? Sans concession aux spéculations et jeux de l'esprit, très solidement informé, ce livre apporte un éclairage indispensable sur les enjeux de cette montée en puissance de la Chine, sur son affirmation comme rival stratégique des États-Unis et sur la modification en profondeur des relations économiques internationales qui peut en résulter.François Gipouloux, directeur de recherche au CNRS, enseigne à l'École des Hautes Études en Sciences sociales et à l'Université de Paris III. Spécialiste de l'économie chinoise, il bénéficie d'une expérience de terrain de 15 ans en Asie (Chine, Japon, Hong-Kong). La transition inachevée. La haute croissance chinoise : mythes et réalités.La longue marche de la paysannerie chinoise.Industrialisation des campagnes, migrations intérieures et urbanisation. David contre Goliath : le privé à l'assaut du secteur étatique. La vulnérabilité du secteur financier. Échanges extérieurs : la déferlante chinoise. Défis et facteurs de vulnérabilité.
Notre livre a pour objectif de donner un aperçu d'un siècle et demi d'évolutions politiques, sociales et économiques en Asie orientale et méridionale et de fournir une analyse des pays qui furent tantôt acteurs, antôt victimes de l'histoire aux XIX et XXe siècles. Dans chaque chapitre, les auteurs se sont efforcés de retracer d'abord les grandes lignes de l'histoire politique, sociale et économique du pays, d'analyser certaines questions controversées avant d'esquisser quelques directions et pistes de recherches. Le livre ainsi constitué n'a cependant pas l'ambition de soulever tous les problèmes ni de suivre tous les contours d'une histoire fort complexe, ni de répondre à toutes les interrogations ni de permettre tous les rapprochements possibles. Plutôt que de chercher une impossible exhaustivité dans la relation des événements il se veut une invitation à la lecture d'où la large place réservée à la bibliographie qui privilégie les titres en langues occidentales, aidant ainsi, le lecteur à approfondir tel point ou événement, satisfaire sa légitime curiosité envers l'étendue des transformations qui ont marqué une région dont le destin est si étroitement lié à l'histoire mondiale. Pour mieux comprendre les orientations qui détermineront la place de chacun de ces pays sur l'échiquier mondial, un regard en amont de leur histoire se révèle indispensable. Les auteurs se sont efforcés en suivant les grandes lignes de l'histoire politique, socio-économique et culturelle de l'Asie orientale et méridionale et sans viser à l'exhaustivité, d'analyser les forces motrices de cette histoire, d'esquisser des rapprochements et de chercher une réponse à des interrogations multiples.