Fortuné Du Boisgobey
Fortuné Du Boisgobey
1870, Paris. Hervé de Scaër, baron ruiné, voit son mariage d’intérêt basculer quand une mystérieuse inconnue en blanc lui remet une lettre.
Paris, 1890. Une femme est retrouvée morte dans une diligence, sans témoin, sans bruit. Paul Freneuse, peintre et enquêteur malgré lui, plonge dans les bas-fonds de la capitale pour percer ce mystère. Qui a tué La Morte de Minuit ?
La collection intitulée 'L'Époque Dorée du Roman Policier : 15 Chefs-d'OEuvre Classiques' est une anthologie captivante qui explore la richesse et la diversité du genre policier à travers différentes époques de son développement. Les récits sélectionnés couvrent une gamme de styles allant du mystère intellectuel au roman d'action, capturant l'essence de moments charnières dans l'évolution du récit criminel. Parmi les pièces notables, certaines oeuvres plongent le lecteur dans des enquêtes complexes et psychologiques, tandis que d'autres illustrent l'ingéniosité où l'astuce assure le triomphe de la justice. Ce volume est une opportunité de découvrir la diversité narrative qui a façonné une fascination mondiale pour le suspense. Les auteurs présentés, tels que Mark Twain, Émile Gaboriau, et Maurice Leblanc, ont joué un rôle crucial dans la formulation du roman policier moderne. Leurs antécédents variés, s'étendant des terrains de la littérature américaine aux paysages culturels européens, enrichissent cette anthologie. Inscrits dans une ère où le crime est devenu une métaphore plus large des changements sociaux, les écrivains rassemblés ici ont pavé la voie à l'émergence de figures emblématiques de détectives qui continuent de susciter l'intérêt et l'admiration. L'oeuvre s'aligne avec des mouvements tels que le réalisme et le naturalisme, et elle cultive une compréhension approfondie des impulsions sociales et psychologiques qui animent la criminalité. Recommandée aux amateurs du mystère et de l'intrigue, 'L'Époque Dorée du Roman Policier' est une immersion fascinante et instructive dans l'héritage littéraire collectif du crime fictionnel. Cette anthologie offre une précieuse chance d'explorer une variété de perspectives, alliant complexité narrative et profondeur thématique. En traversant ces divers récits, les lecteurs peuvent engager un dialogue intertextuel qui enrichit leur expérience littéraire. Cette collection est indispensable pour ceux qui cherchent à comprendre le développement du genre policier et apprécier la richesse de ses expérimentations stylistiques à travers l'histoire littéraire.
Énigmes Dévoilées : 14 Récits à Dormir Debout offre au lecteur une immersion fascinante dans l'univers du mystère et de l'énigme grâce à une collection éclectique d'histoires. Les récits captivent par la diversité des styles littéraires allant du roman policier au fantastique, chaque texte apportant sa propre atmosphère et intensité narrative. Cette anthologie interroge les limites entre le réel et l'imaginaire, portant le lecteur à travers des enquêtes intrigantes, des conundrums complexes, et des rebondissements inattendus. Parmi les oeuvres marquantes, figures des histoires d'énigmes qui défient les conventions et encouragent une réflexion profonde sur le mystère. Les auteurs de cette collection sont des figures emblématiques du monde littéraire telles que Edgar Allan Poe et Jules Verne, ainsi que des grands noms de la littérature française comme Maurice Leblanc et Gaston Leroux. Ces écrivains, connus pour leurs talents à tisser des récits captivants et ingénieux, apportent chacun une perspective unique qui enrichit ce recueil. Alignée avec les mouvements littéraires du Romantisme et du Réalisme, cette anthologie illustre l'évolution de la narration de l'énigme à travers le temps, jetant une lumière nouvelle sur des traditions littéraires anciennes et leur résonance contemporaine. Cette oeuvre est fortement recommandée pour ceux qui souhaitent s'immerger dans une mosaïque de narrations extraordinaires. Énigmes Dévoilées propose une rare opportunité de découvrir une diversité de perspectives et de styles au sein d'un seul volume, chaque histoire tissant des fils entre intrigue et réflexion. L'anthologie encourage vivement le lecteur à explorer la richesse des récits tout en suscitant un dialogue entre les différentes oeuvres et les contextes dans lesquels elles ont vu le jour, offrant une expérience littéraire à la fois éducative et divertissante.
À l'origine de ce récit, il y a une rencontre. Une rencontre de hasard, mais aussi voulue. Car le hasard ne suffit pas toujours. La suite découle de cette rencontre. Ni mémoires ni roman, ce texte est un récit autobiographique où les souvenirs semés ne sont que des prétextes à voir pousser des fleurs. Fleurs du temps, fleurs de nostalgie, fleurs des doux moments d'enfance et des soleils noyés. Fleurs rapides que l'auteur a voulu effeuiller en ces pages, tombant parfois dans l'eau de ses souvenirs, comme Narcisse, mais surnageant toujours, comme un nénuphar, ou Patrick Duffy. À l'origine de ce récit, il y a aussi l'envie de raconter des bribes d'enfance à d'autres vieux enfants qui s'y reconnaîtront peut-être : les premières amours, comme les premiers bobos, sont universelles. Certes, ils ne durent pas souvent, sinon dans la mémoire de celles et ceux qui les portent comme des médaillons, mais leur réalité ne fait aucun doute. Alors pourquoi ne pas essayer d'en peindre quelque chose, de rendre quelque chose de ces heures de plus grande joie ? Cueille le jour présent, et celui d'avant, et tous ceux qui l'ont précédé, pourrait être la leçon de La Mémoire des prénoms. Mais chacun voit midi à sa porte et le ciel qu
Ce coffret numérique contient La Bande Cadet de Paul Féval, Le Crime de l'Opéra de Fortuné du Boisgobey et Les Hystériques de Paris de Jules Lermina.
Ce coffret numérique contient L'Arme invisible de Paul Féval, La Voilette bleue de Fortuné du Boisgobey et L'Enfant du faubourg d'Émile Richebourg.
Ce coffret numérique contient L'Agence Taboureau de Pierre Delcourt, Le Cas du docteur Plemen de René de Pont-Jest, et La Main froide de Fortuné du Boisgobey.
Dans un manoir isolé du XIXe siècle, entre rêve et réalité, secret et mensonge, Marie, Jeanne et Gabriel tentent de survivre parmi les morts et les vivants. Les trois personnages en quête d'identité entremêlent leurs voix dans un voyage intérieur qui les emmène au bord de l'abîme.
Paris, 1885. Une voilette bleue, un couple mystérieux, et une chute mortelle depuis les tours de Notre-Dame : voici les ingrédients d’une enquête haletante, où chaque détail compte. Qui se cache derrière ce drame ?
Fortuné du Boisgobey (1821-1891) "C'est l'automne de l'impériale année 1808, et le soleil, à son déclin, dore de ses rayons obliques les grands arbres du parc de la Malmaison. Il était immense et superbe, ce parc qui n'existe plus depuis que les Prussiens y ont passé, en 1870. On y avait annexé toute la plaine de Rueil et, derrière le château, s'étendait à perte de vue une pelouse, ombragée çà et là par des futaies et arrosée par des ruisseaux dont les eaux vives couraient en cascades se jeter dans un lac limpide. C'était alors une nouveauté que ce jardin accidenté qui contrastait si fort avec les majestueux quinconces et les bosquets taillés du solennel parc de Versailles. Ainsi l'avait voulu l'impératrice Joséphine, qui s'était plu à l'embellir et qui préférait aux splendeurs du palais des Tuileries ce riant séjour où elle avait vécu ses plus heureuses années quand elle n'était encore que la femme du premier Consul. En 1808, il était déjà loin, ce temps où la citoyenne Bonaparte régnait sur tous les coeurs, avant de régner sur un Empire aussi vaste que celui de Charlemagne. L'Empereur venait de trôner sans elle, à Erfurth, au milieu d'un parterre de Rois, et après une semaine passée à Saint-Cloud, il était parti, le 29 octobre, pour l'Espagne. L'Impératrice était venue à la Malmaison jouir des derniers beaux jours de la saison, mais tout n'était plus joie et fêtes au château. L'horizon s'était assombri. Joséphine tremblait pour la vie de Napoléon, engagé dans cette terrible guerre où la balle d'un guerillero embusqué pouvait le frapper à tout instant ; elle tremblait pour la France qu'il avait faite si puissante et que l'Europe vaincue haïssait autant qu'elle l'enviait ; elle tremblait pour elle-même, car elle pressentait le malheur qui allait bientôt l'atteindre : le divorce." Alors qu'il se rend à un duel, le jeune Paul Fontenay poursuit un malfaiteur qui le blesse au visage. Le duel a lieu mais il est interrompu par l'impératrice Joséphine et Mlle de Gavre, la fiancée de Paul. Il vient de recevoir son brevet de sous-lieutenant et doit rejoindre l'empereur en Espagne...
Paris, 1870. Maxime de Chalendrey, jeune aristocrate désabusé, voit sa nuit de jeu basculer quand une mystérieuse inconnue masquée s’introduit dans son fiacre.
Paris, 1870. Dans l’ombre de la Commune, une jeune femme affronte les complots de La bande rouge, un groupe aussi mystérieux que redoutable. Qui manipule qui ? Un roman haletant où trahisons et secrets s’entremêlent.
Paris, 1870. Alors que la République est proclamée et que les Prussiens assiègent la capitale, une jeune fille affronte les complots de la redoutable bande Valnoir-Taupier.
Fortuné du Boisgobey (1821-1891) "C'est samedi, un samedi du mois de mai, le mois des courses, le mois des étrangers ; et le samedi, c'est le jour élégant au cirque des Champs-Élysées, comme le mardi est le jour élégant au Théâtre-Français. Seulement, au Français, les demi-mondaines se montrent peu, tandis qu'au Cirque elles sont en majorité, ce qui n'empêche pas les femmes du vrai monde d'y venir assidûment. Au contraire, c'est pour elles une occasion de passer en revue l'armée des irrégulières, de demander à leurs amis, voire même à leurs maris, les noms de ces demoiselles et d'étudier leurs toilettes. La salle est pleine à n'y pas trouver une place. À droite, c'est le camp des grandes dames ; à gauche, c'est le camp des impures. Pourquoi ? Il serait difficile de le dire, mais ce classement se fait tout seul. Les vieux Parisiens le savent ; mais les provinciaux s'y trompent ; car au théâtre rien ne ressemble plus à une duchesse qu'une fille à la mode. Mêmes chapeaux, mêmes robes, achetées chez le même couturier, et souvent ce sont les duchesses qui copient les filles.." Jeanne est témoin d'un meurtre ; elle pense reconnaître la victime. Mais elle doit se taire, rester "bouche cousue", car l'assassin, l'ayant surprise, la menace... Elle ne sait rien de lui... Lui, semble tout connaître d'elle...
Fortuné du Boisgobey (1821-1891) "Les Parisiens adorent la campagne, c'est convenu, et, dès que les feuilles nouvelles poussent aux arbres, ils essaiment comme les abeilles. Deux mois après, la banlieue est presque aussi peuplée que la ville. Les riches y ont des châteaux et les bourgeois des maisonnettes. Les petites gens y trouvent des guinguettes où ils mangent de la friture et où ils boivent du vin clairet. Ceux-là, n'y vont que le dimanche et s'y amusent de tout leur coeur. Les autres, ceux qui s'y installent pour l'été, prétendent qu'ils s'y plaisent et ils s'y ennuient ferme. La preuve, c'est qu'ils ne perdent pas une occasion d'aller à Paris. Monsieur y est appelé par une affaire ; madame y va essayer une robe chez sa couturière où même, tout simplement, courir les magasins ; le fils y va faire des visites à des demi-mondaines de sa connaissance. Et la villa, si vantée, reste à la garde des domestiques, lesquels ne se privent pas d'aller au cabaret, pendant que les femmes de chambre vont au bois se faire conter fleurette par les jolis militaires de la garnison la plus prochaine. Il y a pourtant des jours où toute la famille reste au logis : les jours où elle reçoit des invités ; il y a même des temps où elle s'y tient, pendant toute une semaine, pour héberger des amis. Alors, elle s'ingénie à les distraire. Le soir, on a le whist pour les vieux, la sauterie au piano pour les jeunes. Le matin, on a les lettres et les journaux, toujours attendus avec impatience. L'après-midi, on se promène, et on va voir passer le train, tout comme jadis, dans les châteaux de province, on allait attendre sur la grande route le passage de la diligence." Lors d'une promenade le long de la voie ferrée, avec sa famille et des amis, la comtesse de Muire s'écroule victime d'une balle tirée d'un train. Balle perdue ou meurtre ? Qui aurait pu en vouloir à la comtesse ?
Fortuné du Boisgobey (1821-1891) "C'est une histoire d'hier. Le boudoir était tendu de soie bouton d'or, parce qu'elle était brune, cette merveilleuse Julia d'Orcival qui tenait si bien son rang à la tête du grand état-major de la galanterie parisienne. Un feu clair brûlait dans la cheminée, garnie de chenets Louis XVI, des chenets authentiques où s'étaient posés les petits pieds des belles du Versailles d'autrefois. La lueur adoucie d'une lampe en porcelaine du Japon éclairait le réduit capitonné où n'étaient admis que les intimes. On n'entendait pas d'autre bruit que le roulement lointain des voitures qui descendaient le boulevard Malesherbes, et le murmure de l'eau bouillante qui chantait sa chanson dans le samovar de cuivre rouge. Pourtant, Julia n'était pas seule. Près d'elle, à demi couchée sur une chaise longue, un jeune homme, plongé dans un vaste fauteuil, tortillait sa moustache blonde, et regardait d'un oeil distrait une terre cuite de Clodion, représentant des Bacchantes lutinées par des Faunes. L'élégant cavalier ne songeait guère à cette oeuvre d'art, pas plus que la dame ne songeait au splendide tableau de Fortuny qui rayonnait en face d'elle, et qu'elle avait payé une somme folle. Et s'ils se taisaient, ce n'était pas qu'ils n'eussent rien à se dire, car ils s'observaient à la dérobée, comme deux adversaires d'égale force s'observent avant d'engager les épées. Un viveur expérimenté aurait jugé à première vue qu'entre ces amoureux il allait être question de choses sérieuses. Un auteur dramatique aurait flairé une situation." Gaston Darcy vient chez sa maîtresse, la belle Julia d'Orcival, afin de rompre. Leur entrevue est interrompue par l'arrivée surprise d'un ancien amant de la courtisane, le comte polonais Golymine, venu l'implorer de partir avec lui. A nouveau rejeté, le comte, désespéré, part se pendre dans la bibliothèque de Julia... Ainsi commence une bien ténébreuse affaire de chantage et de meurtre...
Fortuné du Boisgobey (1821-1891) "La nuit est noire ; il pleut à verse, et la pluie, fouettée par le vent, grésille sur les vitres d'une maisonnette isolée, tout au bout du boulevard Voltaire, et tout près de la place du Trône. Une maisonnette et non pas une villa, ni un petit hôtel. Un rez-de-chaussée, un étage et des mansardes. Pas de cour, pas de grille, pas de perron. Rien qu'une palissade en planches du côté de la rue et, derrière cette clôture primitive, un terrain vague qui confine à des jardins maraîchers. L'architecte n'a pas pris la peine de creuser pour asseoir des fondations. Cette bastide parisienne pose à plat sur le sol, comme si on l'y avait apportée toute bâtie. Elle est habitée, car il y a de la lumière à une des fenêtres du rez-de-chaussée. Qui peut demeurer là ? Pas des capitalistes, bien certainement ; les capitaux n'y seraient pas en sûreté. Des commerçants ? Pas davantage ; les chalands n'iraient pas les chercher si loin du centre. Cette niche en cailloutis ne convient guère qu'à un vieux rentier misanthrope, retiré là comme un hibou dans un clocher, ou encore à un ménage de petits bourgeois réduits au strict nécessaire et cultivant des légumes dans leur enclos pour corser leur maigre pot-au-feu. Ainsi pensaient les passants qui remarquaient ce cube de maçonnerie, planté là comme une borne au milieu d'un champ ; ainsi pensaient même les voisins qui connaissaient à peine de vue les occupants de ce château de la misère. Ils se trompaient tous et il leur aurait suffi de passer le seuil de la maisonnette pour constater que si, à l'extérieur, elle ne payait pas de mine, elle était du moins confortablement meublée." La roue de la fortune semble vouloir tourner pour Jacques Monistrol : grâce à une invention, il va devenir riche. Mais il est agressé et volé à son domicile. Sa fille Camille poursuit le malfrat jusque la foire aux pains d'épices (aujourd'hui la foire du trône) où il pénètre dans une baraque. Le seul indice que possède Camille : l'homme a des doigts crochus...
Paris, 1870. Hervé de Scaër, noble breton ruiné, voit sa vie basculer lors d’un bal masqué à l’Opéra : une mystérieuse femme en domino blanc lui remet une lettre qui réveille des secrets enfouis.
Fortuné du Boisgobey (1821-1891) "Le vieux Paris s'en va. On a démoli l'ancien Hôtel-Dieu, mais il attristait encore, il y a dix ans, le parvis Notre-Dame, et sa façade délabrée barrait la vue de la rivière à ceux qui venaient admirer la cathédrale immortalisée par Victor Hugo ; - des provinciaux ou des étrangers, ceux-là, car les vrais Parisiens visitent peu les monuments et ne s'avisent guère d'aller flâner dans la Cité. C'est un quartier pauvre, habité par de tout petits rentiers qui sortent rarement, et qui n'apprécient pas les beautés architecturales de l'église bâtie sous Philippe-Auguste. En ce temps-là, pourtant, la place déserte et silencieuse s'animait le jeudi et le dimanche, les jours où les parents des malades de l'hôpital étaient admis à les voir ; mais ces réceptions, autorisées par l'Assistance publique, contrastaient avec celles qui attirent de luxueux équipages à la porte des grands hôtels du faubourg Saint-Germain. C'était un va-et-vient de pauvres diables qui arrivaient à pied et qui s'en allaient de même ; cependant, ces jours-là l'aspect du parvis devenait presque gai, et le tableau valait qu'on l'observât. Par un beau jeudi de printemps de l'an de grâce 1874, deux messieurs s'en régalaient, d'une des plus hautes fenêtres du long bâtiment de l'Hôtel-Dieu. Le plus jeune, en bras de chemise, fumait sa pipe, accoudé sur l'appui de la croisée, et il était là chez lui, car il y avait dans l'hôpital des logements réservés aux internes, et il en occupait un depuis six mois qu'il avait été reçu à l'internat, après un très brillant examen. C'était un garçon de bonne mine, et sa tenue débraillée ne l'empêchait pas d'avoir ce que l'on appelle l'air distingué. Il avait de grands yeux noirs et ce teint pâle qui plaît tant aux femmes romanesques. L'autre, qui se tenait debout près de lui et qui ne fumait pas, était un homme d'une quarantaine d'années, grand, maigre et sec, porteur d'une figure osseuse et longue, coupée en deux par une formidable paire de moustaches hérissées, des moustaches à la Victor-Emmanuel ; serré avec cela dans une redingote noire, taillée militairement, et coiffé d'un chapeau à larges bords, évasé par le haut." Deux amis, l'interne en médecine Daubrac et le philanthrope Mériadec, observent les gens sur le parvis de Notre-Dame de Paris ; Ils décident, par amusement, de suivre un couple d'amoureux, dont la femme cache son visage avec une voilette bleue, et qui grimpe en haut des tours. Mais quelques minutes plus tard, une femme portant une voilette bleue, tombe et s'écrase sur le parvis. Est-ce la même femme ? L'amoureux est arrêté ; est-il l'assassin ? Daubrac et Mériadec décident d'enquêter...
Fortuné du Boisgobey (1821-1891) "Le vieux quartier Latin a disparu avec la dernière grisette. Le temps n'est plus où les étudiants tenaient à honneur de ne jamais quitter la rive gauche. Maintenant, ils passent volontiers les ponts et ils se répandent sur les grands boulevards, comme ils les appellent, pour les distinguer du boulevard Saint-Michel qu'ils nomment familièrement le Boul' Mich'. Quelques-uns même demeurent de l'autre côté de l'eau et viennent aux cours, en voiture, - quand ils y viennent. Pourtant, sur les hauteurs de la montagne Sainte-Geneviève, on trouverait encore, en cherchant bien, des représentants d'un autre âge, des attardés fidèles à la tenue et aux moeurs de leurs devanciers. Ceux-là arborent des coiffures étranges, fument la pipe en buvant des bocks devant les cafés de la rue Soufflot, font queue au théâtre de Cluny, dansent à la Closerie des Lilas et croient fermement que l'univers finit au petit bras de la Seine. Ces convaincus sont rares ; si rares que, l'année dernière, on en comptait jusqu'à deux que les nouveaux venus se montraient comme des phénomènes. Encore se distinguaient-ils des étudiants d'autrefois en ce point qu'ils avaient tous les deux de la fortune et qu'il n'aurait tenu qu'à eux de mener une autre existence." Paul, accompagné de son ami Jean, préfère faire la fête plutôt que d'étudier. Un jour, il rencontre une jeune femme tout à fait à son goût mais apparemment inaccessible. Suite à un quiproquo, Paul se fait passer pour son époux que personne ne connait à Paris. Et si ce dernier réapparaissait...
Fortuné du Boisgobey (1821-1891) "Vous est-il arrivé, le soir, vers minuit, de manquer le dernier omnibus de la ligne qui conduit à votre domicile ? Si vous n'êtes pas obligé de régler strictement vos dépenses sur votre budget de recettes, vous en ayez été quitte pour prendre un fiacre. Mais si, au contraire, votre modeste fortune vous interdit ce léger extra, il vous a fallu revenir à pied, traverser Paris en pataugeant dans la boue, quelquefois sous une pluie battante, et vous avez cent fois en route maugréé contre la Compagnie qui n'en peut mais, car il faut bien qu'après seize heures de travail, elle accorde un peu de repos à ses chevaux et à ses employés. Il y a plusieurs façons de la manquer, cette bienheureuse voiture, la suprême espérance des attardés. Quand on l'attend au passage, et qu'après avoir adressé au cocher des signes inutiles, on voit apparaître en lettres blanches se détachant sur un fond bleu le mot redouté, le désolant : Complet on enrage ; mais, après tout, on s'y attendait un peu ; on fait contre fortune bon coeur, et l'on continue à cheminer. On se flatte vaguement qu'il en passera encore une, et, soutenu par cette illusion, on finit par arriver pédestrement au logis sans trop s'apercevoir de la fatigue. Le pis, c'est de se présenter à la station, tête de ligne, juste au moment où vient de se remplir l'unique omnibus en partance. Pas moyen de s'y tromper ; c'est bien le dernier. Le préposé qui tourne la manivelle pour fermer la devanture du bureau vous a répondu qu'il n'y en a plus d'autre, et les voyageurs qui vous ont devancé vous rient au nez quand vous leur demandez poliment s'il ne reste plus une seule petite place. L'arrêt est sans appel. Vous n'avez plus d'autre moyen de transport que vos jambes, et il faudra qu'elles vous portent jusqu'à destination, car vous ne le rattraperez pas en route, ce maudit véhicule sur lequel vous comptiez pour éviter une longue étape." Une jeune femme dort dans l'omnibus qu'a pris Paul Freneuse, peintre de renom. Mais alors qu'ils arrivent au terminus, elle ne bouge toujours pas : elle est morte. Cause naturelle ou meurtre ? Paul décide de mener l'enquête...
Collection XIX - "Le vieux quartier Latin a disparu avec la dernière grisette. Le temps n'est plus où les étudiants tenaient à honneur de ne jamais quitter la rive gauche. Maintenant, ils passent volontiers les ponts et ils se répandent sur les grands boulevards, comme ils les appellent, pour les distinguer du boulevard Saint-Michel qu'ils nomment familièrement le Boul'Mich'. Quelques-uns même demeurent de l'autre côté de l'eau et viennent aux cours, en voiture, - quand ils y viennent." Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Paris, 1877. Dans la loge dorée de l’Opéra, Julia d’Orcival, reine de la haute société, est retrouvée assassinée. Qui a pu commettre ce crime en plein bal masqué ?
Paris, 1885. Dans l’écrin doré de l’Opéra, Julia d’Orcival, reine de la haute société, est retrouvée assassinée dans sa loge. Qui a osé frapper au cœur du temple des arts ?
BnF collection ebooks - "Le vieux Paris s'en va. On a démoli l'ancien Hôtel-Dieu, mais il attristait encore, il y a dix ans, le parvis Notre-Dame, et sa façade délabrée barrait la vue de la rivière à ceux qui venaient admirer la cathédrale immortalisée par Victor Hugo ; des provinciaux ou des étrangers, ceux-là, car les vrais Parisiens visitent peu les monuments et ne s'avisent guère d'aller flâner dans la Cité."BnF collection ebooks a pour vocation de faire découvrir en version numérique des textes classiques essentiels dans leur édition la plus remarquable, des perles méconnues de la littérature ou des auteurs souvent injustement oubliés. Tous les genres y sont représentés : morceaux choisis de la littérature, y compris romans policiers, romans noirs mais aussi livres d'histoire, récits de voyage, portraits et mémoires ou sélections pour la jeunesse.
Découvrez l’envers du décor des courses hippiques à Chantilly, où se prépare la légende des futurs champions. Le Plongeur vous immerge dans l’univers méconnu des entraîneurs, des écuries et des passionnés qui façonnent l’histoire des hippodromes.
Plongez dans l’univers captivant de Fortuné du Boisgobey, maître du roman policier et historique du XIXe siècle. Ce recueil rassemble 14 de ses œuvres les plus emblématiques, mêlant enquêtes haletantes, intrigues judiciaires et fresques historiques.
Le vieux quartier Latin a disparu avec la dernière grisette. Le temps n'est plus où les étudiants tenaient à honneur de ne jamais quitter la rive gauche. Maintenant, ils passent volontiers les ponts et ils se répandent sur les grands boulevards, comme ils les appellent, pour les distinguer du boulevard Saint-Michel qu'ils nomment familièrement le Boul'Mich'. Quelques-uns même demeurent de l'autre côté de l'eau et viennent aux cours, en voiture, - quand ils y viennent. Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Investigations criminelles dans la famille Le quatrième roman de Fortuné du Boisgobey présente déjà tout ce qui va faire la force des romans criminels de l'auteur. Héritier des grands feuilletonistes du Second Empire, il exploite tous les registres du roman populaire et ce sont des rapports familiaux qui sous-tendent toute l'intrigue du roman : c'est parce que son futur beau-frère est soupçonné de crime que le jeune comte Edmond de Sartilly se transforme en enquêteur, et c'est pour retrouver son fils que le policier Jottrat abandonne ses fonctions officielles pour lui venir en aide. Logiquement, c'est ensuite le registre criminel qui prend le pas, et le récit alors se dédouble : d'un côté l'enquête policière pour tenter de découvrir le coupable du crime ; de l'autre une chasse au trésor afin de mettre la main sur une fortune que le criminel tente aussi de s'approprier. Boisgobey sait manier le suspense et parfaitement utiliser la dynamique de son récit : enlèvement, séquestration, poursuite, combat... l'aventure bat son plein. Par ailleurs, il est un magnifique historien de son siècle, principalement en ce qui concerne Paris, dont il évoque la physionomie dans les années 1840. Le roman paraît initialement dans le Petit Moniteur Universel du Soir, du 31 décembre 1869 au 19 mars 1870, et sera publié en librairie par Dentu en 1875, sous le titre La Tresse blonde. Un roman policier mené tambour battant, avec de nombreux rebondissements et un suspense haletant. EXTRAIT Le bois de Boulogne, en 1847, n'avait pas subi les transformations qui, de nos jours, en ont fait un parc anglais. C'était alors un taillis clairsemé, coupé par de rares allées, poudreuses l'été, boueuses l'hiver, et le monde élégant n'y connaissait pas d'autre promenade que le talus des fortifications. Au mois de février et au petit jour, la porte Maillot était en ce temps-là un lieu absolument désert, où on pouvait s'attendre à rencontrer tout au plus quelque duelliste matinal. Cependant, le mercredi des Cendres de cette année 1847, vers huit heures du matin, un mouvement inaccoutumé animait les abords d'un restaurant assez en vogue, qui occupait une petite maison bâtie au coin de l'avenue de Neuilly et du bois. Deux calèches et trois ou quatre de ces cabriolets haut perchés sur leurs roues qu'affectionnait la jeunesse dorée de l'époque, stationnaient à la porte ; les fenêtres du premier étage étincelaient de lumière et laissaient passer le bruit affaibli d'un souper joyeux. La blanche nappe de neige étendue sur la route et les grands arbres dépouillés encadraient d'une façon bizarre ce pavillon plein de mouvement et de clarté ; le jour venait, un jour gris et pluvieux ; une vapeur humide montait de la terre détrempée. Les chevaux, qu'on n'avait pas dételés, frissonnaient sous leurs couvertures, et les domestiques chargés de les tenir piétinaient pour se réchauffer, tout en maugréant contre leurs maîtres. A PROPOS DE L'AUTEUR Fortuné du Boisgobey est né en 1821 et mort en 1891. Écrivain emblématique du XIXe siècle, il s'est essayé au genre du roman policier, judiciaire et historique. Ayant connu un succès considérable de son vivant, il est considéré comme l'un des plus grands feuilletonistes de la littérature française. Il fut à la tête de la Société des Gens de Lettres entre 1885 et 1886.
Quand l'aristocratie enquête autour d'un crime Fortuné du Boisgobey débute réellement sa carrière de romancier par les romans « judiciaires » dont le thème principal est la narration d'une action criminelle et de la lutte entreprise contre son ou ses auteurs. Ce roman-ci possède la particularité d'une construction en deux temps, après avoir débuté, de manière très moderne pour l'époque, par une séquence anticipée. Le schéma principal de la première partie est celui qui va très souvent s'imposer à l'auteur : un personnage de la classe aristocratique, ici le vicomte Henri de Servon, se trouve confronté à un mystère d'apparence criminel et décide d'enquêter à son sujet ; ce qui ne va pas forcément sans risque puisqu'il finit par se retrouver en prison... Et il se trouve confronté à un mystérieux étranger, M. de Pancorvo, un Sud-Américain fort riche. La seconde partie repose sur un procédé typique des feuilletons du Second Empire : le récit rapporté. Ici, il n'est pas question de manuscrit retrouvé ou de confession in extremis, mais du témoignage, à la barre d'un tribunal, d'un personnage qui sait ce qui s'est passé et va pouvoir révéler le fin mot de l'histoire. A noter l'intervention du policier Jottrat, personnage qui sera l'un des héros principaux d'un prochain roman, Disparu ! Le roman est publié d'abord dans le Petit Moniteur Universel du Soir, du 10 juin au 14 août 1869 ; il paraît en librairie chez Dentu en 1878, sous le titre : Une affaire mystérieuse. A l'aide du policier Jottrat, Fortuné du Boisgobey livre un roman policier rythmé, dont l'intrigue judiciaire est élégamment construite. EXTRAIT Les événements politiques qui remplirent les six premiers mois de 1848 ne laissaient guère de place à d'autres préoccupations. L'intérêt qui s'attache aux curiosités judiciaires s'était reporté tout entier sur les combats de la rue ou sur les luttes de la tribune, et les faits singuliers qui se déroulèrent à cette époque dans le monde parisien le plus élevé passèrent à peu près inaperçus. Après la révolution de février, les clubs élégants étaient restés longtemps déserts ; mais, vers la fin de l'été, les fidèles de la vie à grandes guides commencèrent à reprendre leurs habitudes. On revenait dîner au Café de Paris ; on retournait au théâtre ; on se remettait à jouer et à souper. A jouer surtout. Il semblait qu'on voulût se dédommager d'une interruption forcée, et l'on reprit les parties avec une ardeur qui s'expliquait peut-être aussi par l'incertitude de l'avenir. C'était surtout dans un des cercles les plus renommés du Paris d'alors que les gros joueurs se donnaient rendez-vous, et, chaque nuit, autour d'une table de baccarat dressée au milieu du grand salon rouge, on perdait et on gagnait des sommes énormes. A voir l'or et les billets de banque s'entasser sur le tapis vert, on ne se serait pas douté que les valeurs industrielles étaient en baisse et que les fermages ne se payaient guère. L'argent, qui se cachait partout et qui fuyait les affaires, se montrait hardiment au jeu, et changeait de mains entre une heure et cinq heures du matin avec une facilité incroyable. A PROPOS DE L'AUTEUR Fortuné du Boisgobey est né en 1821 et mort en 1891. Écrivain emblématique du XIXe siècle, il s'est essayé au genre du roman policier, judiciaire et historique. Ayant connu un succès considérable de son vivant, il est considéré comme l'un des plus grands feuilletonistes de la littérature française. Il fut à la tête de la Société des Gens de Lettres entre 1885 et 1886.
Une enquête criminelle autour d'un savant fou En 1882, Fortuné du Boisgobey est passé maître dans l'art d'écrire un roman policier. Tout commence naturellement par un crime, introduit de manière spectaculaire, et se poursuit par une double enquête : d'un côté celle de la police officielle et de la justice ; de l'autre celle de détectives amateurs. Chez Boisgobey, ceux-ci sont souvent de jeunes aristocrates courageux ; ici, ce sont des artistes : le peintre Alfred Caussade et son ami vaudevilliste Georges Darès. Mais cette fois, l'adversaire n'est pas un mystérieux étranger, mais une femme... La perspective change, le registre sentimental est grandement exploité, mais l'intensité du drame demeure, avec un intéressant suspense final. Un personnage de savant fou - médecin, pour être plus précis - agrémente la distribution, et sa terrible invention aura son importance. Le roman est paru initialement dans La Lanterne, du 16 octobre au 19 décembre 1882, puis fut publié en librairie chez Plon, en 1883. Fortuné du Boisgobey offre ici un nouveau roman policier avec une intrigue judiciaire et une romance parfaitement menées EXTRAIT Ce n'est pas un mariage du grand monde ; ce n'est pas non plus une noce d'ouvriers, où chacun paye son écot. Il n'y a pas de voitures de maître à la porte du restaurant, mais les mariés et leurs témoins sont venus dans des landaus de louage, conduits par des cochers gantés de blanc et traînés par des chevaux enrubannés. Si le dîner a été commandé dans la banlieue, c'est que, dans l'intérieur de Paris, les salons de cent couverts sont assez rares ; mais l'établissement du père Cabassol, à Boulogne-sur-Seine, n'est pas une guinguette. Il est avantageusement connu depuis quarante ans, et sa spécialité, c'est de confectionner, au plus juste prix, les repas de noce de la bourgeoisie aisée. Plus d'un gros négociant, qui tient maintenant le haut du pavé sur la place, y a fêté jadis le plus beau jour de sa vie, alors qu'il débutait dans les affaires et qu'il s'estimait trop heureux d'épouser la fille d'un boutiquier, avec cent mille francs de dot. Cette fois, c'est la fille d'un médecin qui épouse le caissier d'une maison de banque. A PROPOS DE L'AUTEUR Fortuné du Boisgobey est né en 1821 et mort en 1891. Écrivain emblématique du XIXe siècle, il s'est essayé au genre du roman policier, judiciaire et historique. Ayant connu un succès considérable de son vivant, il est considéré comme l'un des plus grands feuilletonistes de la littérature française. Il fut à la tête de la Société des Gens de Lettres entre 1885 et 1886.