Florent Montaclair
Florent Montaclair
Cette association Lovecraft-Verne est à l'honneur de Florent Montaclair et de ceux qui l'ont dirigé dans ces travaux. C'est un bonheur de constater à quel point l'Université - non pas celle d'Arkham, mais l'Université Française - sait depuis quelques décennies laisser aux littératures de l'imaginaire la place qui leur revient. Après le précurseur Pierre-Georges Castex, il y a eu Antoine Faivre, Simone Vierne, Maurice Levy, Jean Marigny, Roger Bozzetto, Gwenhaël Ponnau, et d'autres encore. Ce livre-ci, que j'ai eu grand plaisir à préfacer, prouve heureusement que la relève est assurée pour demain : les étudiants de Lettres du xxie siècle auront de la chance, grâce à leurs propres Grands Anciens.
Apparu en Europe centrale au xviie siècle, le vampire est une figure de l'imaginaire née de la confrontation de l'Occident et du monde ottoman. L'auteur présente la naissance de ce thème en Europe centrale, la construction d'un mythe du vampire. Il analyse son évolution en motif littéraire lorsque le vampire perd sa dimension explicatrice du réel en arrivant en France et en Grande-Bretagne. Le vampire devient un jeu romantique. L'étude est accompagnée du corpus des textes qui ont forgé l'image du vampire : la nouvelle fondatrice de Polidori ; le roman initial de Bérard ; les trois adaptations théâtrales de Nodier, Scribe et Dumas ; la nouvelle de Gautier et celle, en extraits, de Mérimée. Cet ouvrage intéressera un large public, du lecteur de textes fantastiques au spécialiste du romantisme.
Les îles, le Cap Nord, l'Ouest américain, le désert africain, la Patagonie, autant d'espaces vastes propices aux aventures les plus curieuses et insensées, comme aussi les fonds sous-marins ou la voûte céleste. Mais au-delà de l'aventure, les héros de J. Verne, tous ces savants, ingénieurs, capitaines et autres conquérants, ne cherchent-ils pas autre chose ? Est-ce seulement le désir de fuir leurs semblables en explorant les mondes inhabités qui les animent, comme cela paraît être le cas chez certains, ou bien n'ont-ils pas d'autres ambitions, en particulier celle de fonder, en quelque sorte en marge et dans des lieux privilégiés, un monde meilleur ? J. Verne est-il alors à rapprocher d'autres auteurs créateurs de modèles utopiques et de ces cités « radieuses » où la vie de l'homme en société pourrait enfin devenir non seulement possible mais source de bonheur ?
Crocus cuisine : tous aux abris ! Les aventures de Crocus le petit serpent... et sa Maman ! Crocus aime bien râler, cuisiner, faire des bêtises, des câlins, parfois casser une lampe... ou inonder un village. Crocus est plein d'entrain ! Et sa Maman aussi. Enfin... parfois elle est fatiguée, aussi. Sophie Guerrive a imaginé des histoires drôles, tendres et délicieusement décalées, pour aider les tout-petits à traverser les grandes étapes de l’enfance. Et pour faire sourire les parents au passage ! Portées par la musique et les bruitages, ces aventures fourmillent de détails, de surprises et de fantaisie. Des histoires à écouter, réécouter... et redécouvrir à chaque fois.
L'adaptation du roman-feuilleton au théâtre est semblable à une toile immense. Le public est le métier sur lequel elle est tendue. Les adaptateurs assemblés en sont les infatigables artisans. Ils n'apparaissent au dix-neuvième siècle que pour saisir aussitôt la navette et la faire courir sur la trame ; ils disparaissent au vingtième siècle en même temps que le roman-feuilleton, mais se trouvent, au cinéma, une nouvelle vigueur. Ainsi, sous ces plumes affairées, va croissant d'ampleur le large tissu. L'étoffe n'en revêt pas une seule couleur, elle ne se compose pas d'une unique matière. Bien loin que l'inspiration de la sobre Pallas en ait décidé les dessins, l'aspect en rappelle plutôt la méthode des artistes du Cachemire. Les bigarrures les plus étranges et les enroulements les plus bizarres s'y compliquent sans cesse des caprices les plus inattendus, et ce n'est qu'à force de diversité et de richesse que, contrairement souvent à toutes les lois du goût, cet ouvrage, incomparable en grandeur, devient également incomparable en intérêt. Le mélodrame et le vaudeville en sont le fond grossier, le coton ou la laine : ils sont le point commun à toutes les adaptations (l'action, le rire, les larmes, les chants et les danses, les décors et les machineries industrieuses). Le drame romantique l'assouplit en y mêlant sa soie, tandis que le naturalisme et d'autres courants encore tentent d'y glisser leurs filets plus minces en appliquant sur cette toile immense leurs arabesques d'argent et d'or. En étudiant la relation du roman-feuilleton et du théâtre, cet ouvrage, réunissant des chercheurs d'Italie, de Nouvelle Zélande, des États-Unis, de France, veut décloisonner les genres romanesques et les genres théâtraux. Durant tout le dix-neuvième siècle, l'interaction constante entre la scène et le roman, montre la nécessité de porter un regard commun sur les productions feuilletonnées et théâtrales. Le roman-feuilleton est issu de la scène, et les formes théâtrales du dix-neuvième siècle subissent en retour son influence.