Fabienne Courtade
Fabienne Courtade
premier pas les plaies sont ouvertes sur le côté les fleurs sont autour : septembre 2005 je regarde le bassin les morceaux de verre dans le noir quelqu'un porte des entrailles à pleine main je repars en arrière
premier pas les plaies sont ouvertes sur le côté les fleurs sont autour : septembre 2005 je regarde le bassin les morceaux de verre dans le noir quelqu'un porte des entrailles à pleine main je repars en arrière
maintenant dans les allées, avec les arbres, et la foule autour les pierres, la terre jetée seul le bruit du vent rouler cette pierre, d'un point à l'autre ne se dissout pas mais nous est utile à force d'être dispersé sur toutes les surfaces et tous les coins de la terre sans direction
maintenant dans les allées, avec les arbres, et la foule autour les pierres, la terre jetée seul le bruit du vent rouler cette pierre, d'un point à l'autre ne se dissout pas mais nous est utile à force d'être dispersé sur toutes les surfaces et tous les coins de la terre sans direction
Dès l'origine l'écriture de Fabienne Courtade tend au plus extrême dépouillement, par le biais d'une méditation qui n'oublie jamais le monde extérieur, ni le travail matériel propre à la poésie contemporaine. Dans ce nouveau chant contrarié - tourné plutôt vers une impossible lumière - la narration s'est encore resserrée, le lexique et l'anecdote se voient ramenés à l'essentiel. Une femme marche dans la ville et se parle à elle-même ou s'adresse à une ombre, évoquant des instants enfuis, une présence obsédante, des paysages estompés. Aucune nostalgie néanmoins ni mélancolie dans ces pages : il s'agit au contraire de capter dans le déroulement des gestes, des trajets, des décors les plus ordinaires, une grâce moins apparente que le temps décidément n'abolit pas. Et que le poème parvient à fixer avec ses outils de langage, dans l'évidence et le mystère qui lui sont propres.