Eugène Noël
Eugène Noël
« L'avènement de Voltaire à la royauté morale ne date ni de la Henriade, ni de Charles XII, ni de Zaïre, ni du Siècle de Louis XIV, ni même de sa tragédie de Mahomet; il date de son installation à Ferney. C'est à partir de ce moment que, renonçant à sa vie purement littéraire, se faisant à la fois agriculteur, manufacturier, commerçant, armateur, etc., il devient « le roi Voltaire ». Ses grandes oeuvres ne seront pas des livres, mais des actions, et il fera faire au genre humain tout entier un pas immense dans les voies de la justice et de la lumière. Le sentiment populaire et même la haine de ses ennemis ne s'y sont pas trompés : ils l'ont appelé, avec admiration ou colère, le patriarche de Ferney; ce nom lui restera [...] » Ainsi commence le livre d'Eugène Noël, consacré à la vie et à l'oeuvre de Voltaire à Genève (1755-1758) et à Ferney (1758-1778). Durant ce que beaucoup appellent son règne, Ferney passa de 150 à 1200 habitants. C'est à Ferney que Voltaire écrivit le Traité sur la tolérance (1763), le Dictionnaire philosophique (1764). C'est là qu'il défendit les Calas, Sirven, Lally, le chevalier de la Barre. C'est là qu'il mit en application dans la cité, sa cité, les idéaux des Lumières. C'est de là qu'il partit en 1778, pour mourir finalement à Paris. Superbement illustrée par Emmanuel Triau, notre édition permet de découvrir la vie du grand homme comme si l'on se trouvait au quotidien à ses côtés, dans les joies, les peines, les succès et les épreuves, témoins privilégiés de sa force de caractère, sa puissance de travail, sa lucidité, son humour et sa roublardise aussi. Mais c'est aussi la découverte de son refuge, ce Ferney qu'il avait créé : « Tout y peignait l'abondance, l'hospitalité, le goût des arts; mais tout y était simple. Était-on dans une ferme ? était-on chez un prince ? on ne l'aurait su dire. Ce qu'il y avait de certain, c'est qu'on était dans un lieu unique au monde. » avait conclu l'auteur. Le lecteur en ressort abasourdi par la pertinence et l'actualité de la pensée de M. de Voltaire.
À travers les confessions intimes d'un homme au crépuscule de sa vie, Fin de vie d'Élisée Reclus et Eugène Noël offre une plongée rare dans les souvenirs, les doutes et les réflexions d'un géographe anarchiste et d'un écrivain engagé.
RABELAIS depuis trois siècles n'a pas cessé d'être un de nos écrivains les plus admirés ; mais on a cru longtemps ne le pouvoir lire qu'en cachette. Racine s'en délectait, le savait par coeur, mais n'en parlait jamais. Voltaire lui-même n'avoua son admiration que très-tard ; il écrivait à soixante-six ans à Mme du Deffant :« J'ai relu quelques chapitres de Rabelais, comme le combat de frère Jean des Entommeures et la tenue du conseil de Picrochole (je les sais pourtant presque par coeur) ; mais je les ai relus avec un très-grand plaisir, parce que c'est la peinture du monde la plus vraie.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.
Deux jeunes provinciaux, externes dans le même collége, mais non dans la même classe, avaient à faire, en partie, un trajet commun. Ils se voyaient sur la route ; mais ils se virent ainsi plusieurs années sans que l'un jamais osât adresser la parole à l'autre. Réserve, timidité, discrétion naïve, les avaient retenus, et la liaison n'avait pu avoir lieu. Il y fallut un intermédiaire ; mais dès la première entrevue, dès la première conversation qui se fit dans la rue, tout fut décidé : on se vit deux fois, on se vit trois et quatre fois par jour ; on ne se quitta plus.Fruit d'une sélection réalisée au sein des fonds de la Bibliothèque nationale de France, Collection XIX a pour ambition de faire découvrir des textes classiques et moins classiques dans les meilleures éditions du XIXe siècle.