Érik Neveu
Érik Neveu
À l'heure où la participation électorale décline et où la confiance dans les élus s'érode, les aspirations citoyennes s'expriment souvent au travers des mouvements sociaux.Ce livre synthétise une énorme littérature internationale. Il se confronte à une série d'énigmes : pourquoi certains groupes se mobilisent-ils plus facilement ? Peut-on dire que, de l'environnement aux droits des femmes, les mobilisations font émerger des problèmes négligés ? Quelle est la palette des expériences dans la protestation : émotions, gratifications, formation ? Quel rôle les médias jouent-ils dans les mobilisations ? Comment l'État tente-t-il de les canaliser ?Avec les réseaux sociaux, l'internationalisation des nébuleuses militantes, la place croissante de grandes entreprises dans les cibles des mobilisations, qu'est-ce qui change dans les arts de la protestation, le rapport aux partis, les modes d'action ?S'il propose une petite boîte à outils théorique, cet ouvrage offre aussi des clés de compréhension des mobilisations qui scandent notre quotidien et influencent débats et politiques.
Suspectés de " faire l'opinion ", d'être trop proches des puissants ou au contraire sans cesse critiques, les journalistes exercent une profession chahutée. Ce livre invite à comprendre la réalité du travail quotidien d'un métier de plus en plus éclaté selon les médias, déstabilisé par l'augmentation de la précarité et la répugnance du public à payer pour s'informer. Fondé sur une synthèse des recherches internationales, cet ouvrage explique le(s) journalisme(s) en analysant tant leurs pratiques quotidiennes que les changements sociaux qui les impactent. Il éclaire les généalogies de la profession et cartographie les journalismes français contemporains. Il décrit le travail journalistique dans ses relations aux patrons de presse, sources et publics. Il évoque les évolutions de l'écriture de presse et tente de reposer les termes du débat classique sur les pouvoirs du journalisme. Il décrit enfin l'écologie bouleversée de la production de l'information quand Internet et circulation virale de nouvelles, parfois fausses, recomposent acteurs et vecteurs de l'art d'informer.
À ce jour, Mai 68 est au mieux, à l'occasion de célébrations anniversaires, le prétexte à un ruisseau de publications, après des années-fleuves de biographies exaltées de quelques grandes figures de la vie politique ou culturelle, au pire l'origine incontrôlée de tous les maux qui frappent une société plus inégalitaire et fracturée que jamais. Erik Neveu s'est lancé, des années durant, dans une enquête sans équivalent ni précédent sur une "génération" vue d'en bas : celles et ceux qui en 1968 entrèrent en militantisme et dont il suit les trajectoires sur plus de dix ans, loin des lumières de Paris, prioritairement en Bretagne. Il revisite des questions faussement simples : comment peut-on s'être lancé, souvent à corps perdu, dans des engagements qui paraissent aujourd'hui coupables ou irrationnels ? Quelle a été au concret l'expérience de ces militantismes souvent décrits comme aveuglément idéologisés, s'épanouissant dans un entre-soi d'étudiants et d'intellectuels ? Que sont devenus ces militants quand, dès la fin des années 70, les organisations gauchistes se sont délitées ? L'enquête se déploie au long cours. Par quelles influences, en termes d'origines et d'histoire personnelle, cette génération s'investit-elle dans un militantisme tous azimuts et selon des dispositions souvent éminemment contradictoires ? Comment pouvait-on au sens propre passer sa vie à militer, sinon que le militantisme était aussi un espace de sociabilités et de rencontres imprévues ? Faire un retour critique sur ces militantismes, c'est aussi en rappeler le côté obscur : les phénomènes de pouvoir, d'anesthésie des capacités critiques, d'inégalités non questionnées entre femmes et hommes. Que devient cette génération quand elle cesse de militer ? Les effets d'habitus d'engagement sont durables et la sortie du militantisme est rarement un terminus : les énergies militantes se réactivent dans le syndicalisme, la vie associative, une grande diversité de causes. Beaucoup de militants d'hier vont manifester des compétences d'entrepreneurs sociaux. Ils changent les règles d'exercice des métiers, en inventent, essaient de faire de militantisme métier et de métier engagement. Et contribuent ainsi à l'invention de formes nouvelles de politisation d'aujourd'hui.
À ce jour, Mai 68 est au mieux, à l'occasion de célébrations anniversaires, le prétexte à un ruisseau de publications, après des années-fleuves de biographies exaltées de quelques grandes figures de la vie politique ou culturelle, au pire l'origine incontrôlée de tous les maux qui frappent une société plus inégalitaire et fracturée que jamais. Erik Neveu s'est lancé, des années durant, dans une enquête sans équivalent ni précédent sur une "génération" vue d'en bas : celles et ceux qui en 1968 entrèrent en militantisme et dont il suit les trajectoires sur plus de dix ans, loin des lumières de Paris, prioritairement en Bretagne. Il revisite des questions faussement simples : comment peut-on s'être lancé, souvent à corps perdu, dans des engagements qui paraissent aujourd'hui coupables ou irrationnels ? Quelle a été au concret l'expérience de ces militantismes souvent décrits comme aveuglément idéologisés, s'épanouissant dans un entre-soi d'étudiants et d'intellectuels ? Que sont devenus ces militants quand, dès la fin des années 70, les organisations gauchistes se sont délitées ? L'enquête se déploie au long cours. Par quelles influences, en termes d'origines et d'histoire personnelle, cette génération s'investit-elle dans un militantisme tous azimuts et selon des dispositions souvent éminemment contradictoires ? Comment pouvait-on au sens propre passer sa vie à militer, sinon que le militantisme était aussi un espace de sociabilités et de rencontres imprévues ? Faire un retour critique sur ces militantismes, c'est aussi en rappeler le côté obscur : les phénomènes de pouvoir, d'anesthésie des capacités critiques, d'inégalités non questionnées entre femmes et hommes. Que devient cette génération quand elle cesse de militer ? Les effets d'habitus d'engagement sont durables et la sortie du militantisme est rarement un terminus : les énergies militantes se réactivent dans le syndicalisme, la vie associative, une grande diversité de causes. Beaucoup de militants d'hier vont manifester des compétences d'entrepreneurs sociaux. Ils changent les règles d'exercice des métiers, en inventent, essaient de faire de militantisme métier et de métier engagement. Et contribuent ainsi à l'invention de formes nouvelles de politisation d'aujourd'hui.
Effondrement des grands partis, recours aux primaires, élection présidentielle disruptive, formes inédites de mobilisation populaire... Le paysage politique traditionnel et le modèle démocratique ont connu d'importants changements ces dernières années, et ces phénomènes récents viennent interroger les acquis routinisés de la sociologie politique classique : le mouvement LREM a-t-il remis en question la définition "classique" des partis politiques ? En quoi la victoire d'Emmanuel Macron a-t-elle bouleversé les conceptions habituelles du champ politique, du vote et des logiques de carrières ? Que signifie l'émergence des mouvements sociaux comme "Nuits debout" ou les "Gilets jaunes" ? En quoi Internet a-t-il modifié la communication politique française ? En interrogeant ces nouveaux objets, cet ouvrage propose une nouvelle sociologie politique de la France qui vient articuler les outils théoriques des différentes approches sociologiques (sociologie de l'Etat, de l'action publique, des mobilisations...) à l'actualité la plus récente.
Pourquoi certains problèmes suscitent-ils plus l'attention médiatique que d'autres ? Comment, à quel moment et pourquoi, un dossier ou un événement devient-il un "problème", dont on parle dans les débats sociaux, et que les politiques publiques décident de traiter ? Comment sont-ils définis ? Comment les mettre en récit pour qu'ils soient au diapason des sensibilités sociales ? Qui en sont les entrepreneurs (think tanks, haut-fonctionnaires, mouvements sociaux) ? Comment sont-ils relayés (ou non) par des politiques publiques ? Ce manuel, sans équivalent sur le marché, restitue dans un langage clair le cadre théorique du sujet et vient répondre à l'ensemble de ces questions. Assorti de nombreux exemples concrets ancrés dans l'actualité (passe sanitaire, retraites, réchauffement climatique) et d'outils théoriques, la nouvelle édition de cet ouvrage aide à penser comment s'alimentent nos conversations, les « Unes » des médias et l'agenda des politiques.
Les études sur le genre suscitent une production scientifique de plus en plus massive et pluridisciplinaire. Cette floraison requiert une présentation claire et rigoureuse des outils forgés par les sciences humaines et sociales pour penser le(s) masculin(s) et le(s) féminin(s). Comment naissent les identités de genre ? Quel éclairage les sciences sociales apportent-elles sur la sexualité ? Hommes et femmes ont-ils/elles le même rapport au travail ? Leurs loisirs et leur sociabilité sont-ils identiques ? Quel rôle le genre joue-t-il en politique ? Les identités de genre sont-elles en crise, une « domination » masculine persiste-t-elle ? Intégrant les développements les plus récents et des problématiques de plus en plus débattues (violences, genre et développement, brouillage des identités de genre, etc.), cet ouvrage présente de nombreuses études de cas. Il invite à questionner des catégories bien moins « naturelles » que ne le suggère le sens commun.
Alors qu'on la disait condamnée par les nouvelles technologies, on regarde toujours autant la télévision. Cet ouvrage synthétique propose une approche sociologique d'un objet devenu meuble et des nouvelles pratiques que suscite son contenu. Acteurs, programmes, flux, conditions d'efficacité, interaction et pratiques des publics sont ici décryptés pour apprécier la formidable adaptation d'un loisir qui représente encore quatre heures d'attention par jour en France.
Le Droit de la concurrence a longtemps été perçu en France par ses composantes dirigistes, comme la réglementation des prix ou par ses aspects purement commerciaux, comme la concurrence déloyale. Mais depuis une dizaine d'années, son rôle dans la vie des entreprises s'est considérablement accru quels que soient les secteurs d'activité. Ses règles constituent désormais l'un des facteurs dont il doit être tenu compte lors des décisions concernant le comportement à adopter par une entreprise sur le marché. Le Droit de la concurrence s'intéresse, en effet, aux relations de l'entreprise avec ses différents partenaires économiques : clients, fournisseurs et concurrents ; on parle ainsi parfois des « contraintes » du Droit de la concurrence. Les gouvernements ont aujourd'hui pris conscience que celui-ci pouvait constituer un instrument de choix au service de leur politique économique. C'est ce qui explique les deux réformes successives que nous venons de connaître : celle de 1985 et celle de décembre 1986. Cet ouvrage tend à présenter aussi clairement que possible le nouveau Droit de la concurrence issu de l'ordonnance 86-1243 du 1er décembre 1986 et du décret 86-1309 du 29 décembre 1986 dont la connaissance est désormais indispensable à tout juriste d'affaires comme à tout chef d'entreprise.