Eric Fournier
Eric Fournier
Tu vis à une époque intéressante, quelle malédiction, ça grouille, ça bruit, tu t'étourdis dans le mauvais film, une rose de papier à la boutonnière. Tout le monde veut te souffler sa petite idée, tu as l'écoute un rien complaisante, tu traînes du papier à musique, au cas où; on fait ce qu'on peut avec ce qu'on a, et tout ce qu'on a c'est le bruit, c'est bien ça? Parle dans la tempête, voir. Une toune dans la tête, si tu la chantes, va-t-elle s'en aller? L'air est plus clair en hiver, alors les sons voyagent mieux, non? Il y aura des questions, tu prendras le métro, faut quand même vivre aussi, tu penses à un sous-marin, le son se diffuse autrement dans l'eau - un jour tu te feras pousser des ailes, tu planeras sur les ondes grises, les ondes bleues.
Pour tous les jeunes et pour tous les parents, l'orientation est source d'anxiété, alors que son objectif est de permettre à chacun de s'épanouir dans une formation, dans un métier, et dans la vie. Or, une immense opportunité est offerte à tous, celle du numérique. Il y a dix ans, Eric et Anne Fournier ont lancé le concours Je filme le metier qui me plaît, un concours pédagogique pour aider les jeunes à découvrir les métiers en réalisant des vidéos et en les diffusant sur Internet. Dix ans, c'est l'occasion de donner la parole aux candidats qui ont déposé leurs témoignages sur le site www.jefilmelemetierquimeplait.tv, et ainsi de faire un premier bilan. Ils sont unanimes : « vivre l'expérience, c'est avoir quelque chose en plus... ».
Au XIXe siècle, les révolutionnaires français mobilisent des spectres, de plus en plus nombreux, de plus en plus gothiques, mais toujours porteurs d'une vive modernité politique. Cet imaginaire révolutionnaire accompagne deux phénomènes majeurs : l'entrée des masses en politique et la violence croissante des massacres fondateurs des régimes successifs. Cette spectralité peut même être portée par des vivants, et Louise Michel de proclamer : « nous reviendrons, spectres vengeurs sortant de l'ombre ! ». En luttant contre les effacements, en renouant les fils brisés, ces revenants soulignent avec force la première leçon de l'Histoire : rien n'est joué d'avance, rien n'est définitivement joué. Les spectres révolutionnaires du XIXe siècle se sont révélés de puissants antidotes à la résignation. Agrégé et docteur en histoire, Eric Fournier est depuis 2014 maître de conférences habilité à l'Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Ses travaux portent sur les situations révolutionnaires, les seuils de violence politiques, et les usages sociaux du passé et plus particulièrement sur le second XIXe siècle, avec une attention accrue pour la Commune de 1871.
Créée par le romantisme, puis investie des attentes fin de siècle, encore présente lors de la Shoah, la « belle Juive » - une invention d'hommes non juifs - est une figure porteuse d'altérités enchevêtrées : l'Orient, les Juifs, les femmes. Fascinante et mouvante, elle est autant un archétype partagé qu'un champ d'affrontement capable d'exprimer tant une féminité sublime ou les tensions entre genres qu'un antisémitisme fanatique ou un philosémitisme ambigu.La « belle Juive » est avant tout une figure imaginaire mais elle peut agir sur des êtres de chair. Quelle est son influence sur les Juives de France, de la prostituée anonyme aux Stars d'exception, telle Sarah Bernhardt ? Cette figure dit la beauté du monde et la violence du temps ; la quête d'un idéal esthétique et les épreuves vécues par des femmes.